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La route en mer : confirmation par le gouvernement d’une improvisation totale

Par • 21 Oct, 2015 • Catégorie: Actualités au Sénat

Dans le cadre des Questions d’Actualité au Gouvernement, le Groupe Communiste Républicain et Citoyen (CRC) a interpellé le gouvernement sur la question de la route en mer à La Réunion.

La réponse du Gouvernement (en l’occurrence Alain VIDALIES, ministre des transports), est la confirmation de ce que le Sénateur VERGES dénonce depuis 2010.

En effet, le Ministre n’a pas caché qu’il n’y a jamais eu de mission d’expertise économique, financière et environnementale sur ce projet, alors que tous les chantiers de grande ampleur ont comporté cette MEEF.

En outre, le Ministre n’a pas non plus démenti que les avis négatifs émis par les instances nationales (Conseil National de Protection de la Nature) ou régionales (Conseil Scientifique Régional du Patrimoine de La Réunion) n’ont pas été pris en compte et, au contraire, ont fait l’objet d’arrêtés dérogatoires (tant de la part du Ministère de l’Ecologie que de la Préfecture de La Réunion).

Même confirmation du Gouvernement sur la question des procédures judiciaires en cours.

En affirmant que le projet de la route en mer de La Réunion n’était pas un projet national, mais un projet régional, le Ministre confirme que, en cas de dépassement des coûts prévisibles (1,6 milliards d’euros), ces surcoûts seraient uniquement à la charge de la Région Réunion.

Mais le plus significatif, c’est le soutien inconditionnel que le Gouvernement apporte au projet de route en mer.

L’importation de « 200.000 tonnes » de roches est, pour le Gouvernement une difficulté à laquelle il ne s’attendait pas. Mais il entend faire en sorte que cette question de l’importation des roches (depuis Madagascar) ne soit plus un obstacle en allégeant les procédures et en rabaissant les conditions sanitaires. Le gouvernement va t il donc une nouvelle fois bafouer l’avis du Conseil National de Protection de la Nature qui avait clairement énoncé que l’importation de matériaux devait « en tous les cas être prohibé du fait du risque majeur d’introduction massive d’espèces exotiques envahissantes «  ?

Du fait d’un manque d’anticipation flagrant, La Région et l’Etat se trouvent face à une situation inextricable :

  • sans importation de matériaux, la sécurité du chantier est en effet menacée du fait de l’arrivée de la saison cyclonique, avec des risques de pollution considérable ;
  • s’il y a importation, ce sont des risques environnementaux et sanitaires qu’il serait irresponsable de négliger

En tout cas, les propos du Ministre n’ont fait que souligner l’amateurisme de ceux qui sont à l’initiative de ce projet. Le Ministre semble découvrir la question urgente de l’approvisionnement du chantier en roches massive. Comment las autorités responsables ont ils pu croire un instant que l’on pouvait éventrer La Réunion en ouvrant des carrières pour disposer des matériaux nécessaires ou trouver des solutions à la hauteur des besoins avec les andains ?

Autrement dit : le gouvernement a donné son aval à ce projet, sans avoir les toutes les garanties de sa faisabilité tant sur le technique que financier.

Il est donc clair pour tout le monde aujourd’hui, que le Gouvernement et la Région portent conjointement la responsabilité des catastrophes prévisibles et de l’impasse dans laquelle se trouve ce chantier aberrant de la route en mer.

La question de la route en mer est désormais devant la représentation nationale.

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Sénat – mardi 20 octobre 2015 – compte rendu analytique – (extrait) Questions d’actualité

Route du littoral à La Réunion

Évelyne Didier. – Cette question de M. Vergès concerne la route controversée du littoral à La Réunion, de 12kilomètres, dont le coût est exorbitant : 1,6 milliard d’euros, soit 133 millions d’euros par kilomètre. Ce projet cumule les anomalies. Alors qu’il n’a pas fait l’objet des expertises économiques requises, les financements sont-ils garantis par l’État ? En outre, ce projet porte atteinte à l’environnement. Malgré l’avis défavorable du Conseil national de la protection de la nature, un arrêté ministériel du 19 décembre 2013 autorise le conseil régional de La Réunion à déroger aux interdictions protégeant la faune et la flore. D’où proviendront les 18millions de tonnes de roches nécessaires ? Des problèmes dans l’attribution des marchés publics ont été soulevés et font l’objet d’une enquête préliminaire du Parquet national financier. Les expertises financières nécessaires seront-elles diligentées ?

Alain Vidalies, secrétaire d’État auprès de la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche. – Il s’agit d’un dossier important, représentant 1,6 milliard de dépenses, mais indispensable. La route de la falaise est empruntée par 50 000 véhicules par jour et est sujette à de nombreux effondrements, représentant 10 000 tonnes par an. La nouvelle route du littoral est utile, mais sa construction rencontre des difficultés. Ce n’est pas l’État mais la région qui assume la maîtrise d’ouvrage. S’agissant du financement, l’État respecte le protocole signé en 2010. Le problème est d’importer depuis Madagascar les 200 000 tonnes de roches nécessaires par mois. Le Gouvernement a été informé fin août par le préfet. Il est nécessaire de faire les travaux avant la période des cyclones, faute de quoi des effondrements massifs préjudiciables à l’économie et à l’environnement, car sources d’une pollution massive de l’océan, sont à craindre. Quant à l’enquête que vous avez mentionnée, elle n’en est qu’au stade préliminaire. Nous sommes très attentifs à l’évolution de ce projet, au plan de l’environnement comme au plan financier.

Évelyne Didier. – C’est un projet pharaonique. M. Vergès avait proposé d’autres solutions, plus performantes du point de vue de l’environnement, et sans doute plus économiques, comme un projet de tram-train, qui n’ont pas été étudiées comme il eût fallu. La solution retenue n’est pas la bonne.

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