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Le Blog de Paul Vergès

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Le dérèglement climatique : un enjeu de civilisation

Par • 19 Août, 2010 • Catégorie: Climat

Les 3 et 4 février 2006, à Marseille, s’est tenu un séminaire organisé par la CRPM (Conférence des régions périphériques maritimes) et à l’initiative conjointe de Paul Vergès et de Michel Vauzelle, président de la région PACA (PACA : région Provence Alpes Côte d’azur.), sur le thème : « Littoral en danger. Comment les régions maritimes d’Europe s’adapteront-elles au climat à venir ? »

Je voudrais avant tout remercier très chaleureusement le Président Michel Vauzelle de nous accueillir dans ce bel hémicycle de l’hôtel de Région pour ce séminaire consacré à l’adaptation des régions maritimes d’Europe aux changements climatiques.

Votre soutien, Monsieur le Président, s’inscrit dans la continuité des réflexions engagées au sein de votre collectivité, depuis un certain nombre d’années déjà, pour placer votre territoire dans les meilleures conditions pour affronter les bouleversements majeurs générés par la dérive du climat.

L’ONERC (ONERC : Observatoire national des effets du réchauffement climatique créé par la loi du 19 février 2001 et présidé par Paul Vergès. Rattaché à la Délégation interministérielle du développement durable, l’ONERC propose des mesures de prévention et d’adaptation au réchauffement climatique.) a eu l’occasion de contribuer à l’impulsion que vous avez donnée pour une approche méditerranéenne sur cet enjeu. Je sais l’importance que vous y accordez et les changements climatiques constituent en effet un champ nouveau et important en matière de co-développement.

Dangers

La Méditerranée et la Région Provence Alpes Côte d’azur sont particulièrement exposées aux impacts des changements climatiques.

Qu’il s’agisse de la fonte des glaciers alpins et du recul de la limite d’enneigement qui risque de bouleverser l’économie touristique et pour les régions en aval de sérieuses difficultés en matière de distribution d’eau, qu’il s’agisse de l’augmentation redoutée des feux de forêt, qu’il s’agisse aussi du risque souligné par l’OMS[1] de la résurgence de maladies tropicales comme la dengue, qu’il s’agisse encore de la question de l’élévation du niveau de l’océan et de l’aménagement des espaces littoraux…la liste pourrait être longue, je sais que toutes ces questions sont ici sujets d’inquiétudes mais aussi de réflexions pour tenter d’y répondre au mieux.

Désordres colossaux

Nous sommes avec les changements climatiques face à un véritable enjeu de civilisation. Enjeu de civilisation encore trop souvent sous-estimé et qui pourtant dominera l’existence commune des hommes au cours de ce siècle et des siècles à venir.

Nous sommes avec les changements climatiques devant des désordres colossaux qui refaçonneront aussi bien la géographie de la planète que les relations entre les Etats. La question du changement climatique n’est pas une question exclusivement environnementale. Elle est aussi une question de sécurité, de sécurité collective.

La combinaison et la simultanéité du réchauffement planétaire, des évolutions démographiques et des effets de la mondialisation ouvrent en effet une période de bouleversements sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

A-t-on bien conscience que les graves fléaux qui affectent déjà la planète comme la pauvreté, l’accès à l’eau, les maladies risquent de s’en trouver aggravés ? A-t-on conscience que, non pas dans un siècle, mais dans les années qui viennent, l’humanité aura à gérer des dizaines de millions de réfugiés du climat ?

Dire cela ce n’est pas faire preuve de catastrophisme. C’est simplement souligner ce qui est déjà contenu dans des dizaines et des dizaines de rapports. Et la responsabilité des élus consiste précisément à mettre ces données révélées par la communauté scientifique en rapport avec l’état du monde, avec l’ensemble des forces constantes et dynamiques qui modifient chaque jour, presque imperceptiblement la vie sur la planète, comme la démographie ou la mondialisation par exemple, pour tenter de cerner au plus près l’ampleur des bouleversements.

Impasse absolue

Si nous gardons cette exigence à l’esprit, comment dès lors ne pas s’interroger sur nos concepts de croissance et de développement que nous avons érigés en modèles et qui, nous le savons, étendus à l’échelle mondiale, conduiront la planète vers une impasse absolue ? En effet, qu’en sera-t-il du réchauffement planétaire lorsqu’il faudra répondre aux besoins en énergie des 9 milliards d’habitants qui peupleront la planète. Nous savons tous que l’échelle mondiale de nos modes de production et du mode de vie occidental, qui est fondé sur une consommation irraisonnée des ressources naturelles épuisables, est sans avenir.

Permettez-moi de citer Tony Blair qui, dans une conférence de presse le lundi 30 janvier – il y a trois jours seulement -, disait, je le cite : « Il est à présent évident que l’émission de gaz à effet de serre, associée à l’industrialisation et la croissance économique d’une population qui a augmenté par 6 en 200 ans, provoque un réchauffement climatique à un rythme qui est insoutenable ».

Voilà où nous en sommes, un peu moins de 15 ans après la Conférence de Rio
1)En 1972, à Stockholm, la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement (CNUE) a défini les questions écologiques comme essentielles et défini le concept de développement durable ou soutenable. Après l’échec d’un 1er sommet de la Terre, en 1982, à Nairobi, le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 a rassemblé une centaine de dirigeants mondiaux et plus de mille ONG qui ont défini les droits et les responsabilités des Etats dans la préservation de l’environnement. Ces Sommets de la Terre ayant lieu tous les 10 ans, le dernier a eu lieu en 2002 à Johannesburg., où, pour la première fois pourtant, l’homme reconnaissait par un acte réel de civilisation sa responsabilité directe dans les atteintes portées aux équilibres fondamentaux de la planète. Où serons-nous dans 15 ans ? Ce réchauffement qualifié d’insoutenable aura-t-il emporté notre « insoutenable légèreté » d’aujourd’hui ?

Faut-il attendre la survenance et la multiplication des drames pour agir, ou saurons-nous, dans un sursaut salvateur, tirer dans toutes les instances les conséquences politiques des conclusions des experts sur le réchauffement de la planète ?

Des effets déjà présents

Ce que disent les scientifiques est très clair, pour reprendre les conclusions des experts réunis l’année dernière à Exeter : « La terre se réchauffe à un rythme effarant. » Mais pire, disent-ils, les changements climatiques sont déjà en cours.

Cela corrobore ce que nous voyons sous nos yeux avec la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes. En Europe, même, la multiplication ces dernières années d’inondations, de tempêtes aussi soudaines que violentes, de canicules, pourrait ne pas être sans lien avec le réchauffement planétaire.

Le réchauffement n’est plus un problème inscrit dans un espace-temps qui nous dépasse. C’est devenu un problème très actuel, un problème d’aujourd’hui qui inquiète les populations.

Ce n’est plus également une question mondiale et lointaine. C’est devenu et ce le sera de plus en plus, une question régionale du fait même de ses impacts, de ses conséquences.

Parce que les résultats des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre ne seront perceptibles que dans des siècles, cela implique que dans l’intervalle nous devions préparer nos pays, nos régions, nos populations à s’adapter aux impacts multiples générés par la dérive du climat.

La mer monte

Dérive climatique particulièrement sensible en Europe si l’on en croit l’Agence Européenne de l’Environnement qui indique dans son dernier rapport que l’Europe se réchauffe plus vite que la moyenne du globe.

Dérive particulièrement sensible aussi pour les régions littorales qui sont parmi les plus exposées aux conséquences du réchauffement planétaire.

Selon le conseiller de Tony Blair, Sir David King, l’augmentation significative du niveau des mers aura des conséquences sur la géographie mondiale même. Et lorsqu’on a à l’esprit que le continent européen est de tous les continents le plus découpé avec le plus grand nombre de façades maritimes, cela soulève de multiples questions.

Comment en effet ne pas s’interroger sur les conséquences de la fonte du continent blanc sur le choix des routes maritimes et sur le trafic portuaire ? Quels seront les impacts, positifs ou négatifs, pour les ports d’Europe de l’ouverture de nouvelles voies navigables au nord ?

Comment ne pas s’inquiéter de la question de l’élévation du niveau de l’océan et donc de la protection des populations, des sites industriels quand ceux-ci sont localisés sur le littoral .

Comment intégrer, avec la dose d’incertitudes inhérente au sujet, ces préoccupations dans l’élaboration de nos politiques sectorielles et la définition de nos politiques ? Car la prise ne compte de la donnée climatique conditionnera de plus en plus la pertinence des stratégies de développement de nos régions respectives.

Adaptation

C’est là un vaste enjeu, où, pour relever ce défi, nous gagnerons à travailler ensemble, à échanger nos expériences respectives et nos informations. Par la constitution d’un vaste réseau de connaissances, de surveillance, d’observations, de collecte et de diffusion de l’information entre nos régions, il nous est possible de contribuer efficacement à l’émergence d’une véritable politique régionale, européenne et cohérente d’adaptation au changement climatique.

Puisse cette première rencontre être le moment fondateur pour l’émergence d’une conscience régionale dans la lutte de l’Union européenne contre le changement climatique planétaire !

____________________________________
  1. OMS : Organisation mondiale de la santé. []

References   [ + ]

1. En 1972, à Stockholm, la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement (CNUE) a défini les questions écologiques comme essentielles et défini le concept de développement durable ou soutenable. Après l’échec d’un 1er sommet de la Terre, en 1982, à Nairobi, le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 a rassemblé une centaine de dirigeants mondiaux et plus de mille ONG qui ont défini les droits et les responsabilités des Etats dans la préservation de l’environnement. Ces Sommets de la Terre ayant lieu tous les 10 ans, le dernier a eu lieu en 2002 à Johannesburg.
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6 Réponses »

  1. Ces discours d’ouverture sont toujours très beaux et très émouvants… mais une fois le sommet terminé qu’en reste-t-il ? Au quotidien les décisions sont pilotées par l’argent et le pouvoir : de grands projets comme le tram-train sont balayés d’un revers de main par un homme qui a décidé que… a-t-il tord ? a-t-il raison ? en réalité personne ne sait vraiment. Il est impossible de quantifier l’impact d’un tel projet au niveau écologique. Et c’est le souci de bien des projets qui sont censés aller dans le bon sens. On ne sait dire s’ils sont réellement bons.
    C’est aussi un problème de volonté, à tous les niveaux. Un exemple : l’émission de CO2 produite par les véhicules est néfaste. Plutôt que de réglementer la construction automobile et d’obliger à ne commercialiser *que* des véhicules dont l’émission de CO2 serait inférieur à un certain seuil, que fait-on ? On monnaie la pollution : vous avez les moyens ? vous payez et vous continuez à polluer.
    L’industrie lourde pollue énormément mais a-t-on des données chiffrées ? Quelle grosse industrie publie effectivement et en toute transparence de telles informations ? Quelle est la part de ces industries dans la pollution globale par rapport à la consommation des ménages ?
    En tant que citoyen je me pose des questions sur ma participation à l’effort collectif : à part trier mes déchets qu’est-ce que je fais pour inverser la tendance mondiale ? Je constate que je possède 2 véhicules à moteur, que je prends pour juste aller acheter mon pain (habitant la montagne je n’ai guère envie de marcher 30 min pour me rendre à la boulangerie la plus proche), j’achète de l’eau en bouteille (marre que mes enfants attrapent la gastro avec l’eau du robinet), j’achète des couches jetables pour ma dernière (je n’ose même pas imaginer la galère avec des couches lavables)… bref ces petits exemples pour vous dire qu’au quotidien le citoyen n’a aucune idée de l’impact de ses habitudes de consommation sur l’écologie et que le bon exemple et les réponses ne lui viennent pas de plus haut (politiques, gros industriels).

  2. A Monsieur Sébastien Hoarau
    Dans votre commentaire à une de mes interventions concernant le dérèglement climatique, vous soulignez qu’au niveau des Etats, des entreprises et des citoyens, il n’y a pas toujours ni la connaissance ni la volonté suffisante pour agir. Et pourtant les conséquences du réchauffement climatique, dû essentiellement à la pollution de l’usage des énergies fossiles, vont peser énormément sur notre monde tout au long du 21ème siècle.
    Ce que vous notez illustre la résistance au changement des habitudes : en effet, le protocole de Kyoto n’a pas été appliqué, la grande rencontre de Copenhague en décembre 2009 a été un échec. Que sera celle de Cancun à la fin de l’année ?
    Ceci dit, dans chaque pays, dans chaque ville, dans chaque ménage, il devrait y avoir une préoccupation permanente pour diminuer la pollution.
    A La Réunion, la source essentielle de la pollution est due à la production d’électricité et aux transports.
    Pour réduire la pollution liée aux transports, il s’agit de résorber le bilan négatif d’une politique du « tout automobile » qui règne depuis plus d’un demi-siècle. Pour cela nous avons proposé le Tram-train, mode de transport écologique. Le remplacement par des voitures électriques est une autre solution. Mais nous savons que le changement des habitudes prend du temps. Il y faudra au minimum une génération.
    Il y a d’autres pistes : le développement des chauffe-eau solaires que nous avons facilité quand nous étions à la Direction de la Région.
    Plus largement, le développement des énergies renouvelables offertes par notre île tropicale et volcanique est un combat historique que nous avons initié et qu’il faut continuer.
    Je conclurai en disant que chacun, à la place où il est, doit prendre conscience qu’il s’agit là d’un enjeu planétaire, vital et, de manière responsable, faire ce qui est en son pouvoir.

  3. Bonjour Mr Vergès,

    en effet, il est grand temps de s’occuper de notre planète je trouve que la Réunion a commencé ses efforts mais pas dans tous les domaines. Une des solutions que je trouverai efficaces seraient de contraindre les entreprises les plus pollueuses a investir dans de nouvelles techniques de productions et alléger les taxes de celles qui sont plus de productions avec éco-énergie (production à base d’énergie photovoltaïque pour actionner leur machines de production, isolation écolo contre la chaleur dans les bureaux etc..)

    Le retrait des sachets d’emballage des grandes surfaces c’est bien, mais pourquoi ne pas s’attaquer à la base de la chaîne de production dans la fabrication des emballages de certains produits qui ne sont pas recyclable. Le vrac sur beaucoup de produits permettrait de minimiser le nombre d’emballage, et baisserait le coup des produits. Les paquetages également adaptés au nombres d’habitants d’un foyer avec les packs familiaux qui permettrait un emballage unique en plus grand volume, qui avantagerait également les familles nombreuses qui ont un faible pouvoir d’achat.
    Cela permettrait de diminuer les effets de la crise qui ne cesse de se faire ressentir par chacun(e) d’entre nous.

    J’espère que vous apprécierez ce 1er commentaire sur votre blog. Espérant que cela amène d’autres idées et commentaires constructifs pour un espoir de vie meilleure sur notre belle île.

    Bien cordialement
    Christine Gerbeau de Saint Philippe

  4. La pseudo concertation gouvernementale sur l’adaptation au changement climatique ?

    Surfant sur le net, je suis arrivée, par le plus grand des hasards, sur une page informant du lancement d’une consultation sur les effets du changement climatique. L’initiative est lancée par les services du ministre idoine.
    J’ai tenté l’expérience, et essayé de répondre aux questions.
    Mais avant tout, il y a ce mot « concertation », affiché assez subrepticement sous le slogan « adaptation au changement climatique ».
    Concertation ? je croyais naïvement que la concertation était une phase de partage des avis, afin d’arriver à une base commune, partagée par tous.
    Manifestement, à La Réunion et à Paris, les définitions peuvent changer.
    Il y a eu, certes, un effort réalisé pour l’outre-mer, puisque dans les items proposés, figure bel et bien « outre-mer ». Pour une fois que l’on ne nous oublie pas. La joie a été de courte durée : le questionnaire était à l’intention des Antillais et Guyanais, essentiellement, puisqu’il était question d’une inter connexion en terme d’approvisionnement électrique entre les îles des petites Antilles…
    En outre, le « questionnaire » en lui-même est assez inutile…. C’est plutôt un sondage, dans le sens où les questions posées ne peuvent être renseignées que par « très important », « plutôt important » « assez important » « pas important » « sans opinion ».
    Dès lors, ce que l’on nous demande de faire n’est pas d’apporter une contribution, mais bel et bien de cautionner ce que les autres (le gouvernement) a élaboré.
    Je n’ai vu qu’une seule fois le sigle GIEC, je n’ai pas vu le sigle ONERC. Je n’ai pas lu une seule fois le mot « atténuation »…
    L’enquête a commencé le 13 septembre. Juste au moment où l’on apprenait que le gouvernement allait s’en prendre aux dispositifs de fiscalité « verte ».
    Sans vouloir faire de la politique fiction, il apparaît que la concordance de ces deux dates n’est pas fortuite.

    Source : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Le-climat-change-en-France-comment.html

  5. Un film de fiction, programmé dans le cadre du Festival International du Film d’Afrique et des Iles (FIFAI) qui se déroule au Port, jusqu’au 3 octobre. Film court, de science fiction, de 20 minutes, réalisé par un jeune Africain, Wanuri Kahiu. Excellent film dans lequel on voit évoluer quelques femmes et quelques hommes, sous terre, dans une Afrique d’une aridité incroyable. la moindre goutte d’eau est recyclée (comme la transpiration). 20 minutes d’une sorte de cauchemar qui peut nous arriver, et vite, au vu des dérèglements climatiques que nous subissons. mais aussi, formidable film d’espoir. A voir absolument: prochaine diffusion: samedi 2 octobre à 12h30, à l’école supérieure des beaux arts de La Réunion (au Port, en face de la médiathèque Benoîte Boulard)

  6. La question des changements climatiques dépasse les enjeux liés à l’adaptation de l’espèce humaine, c’est d’abord et avant tout l’opportunité d’une civilisation de faire un bond de géant vers un mode de vie plus consciencieux envers la nature, incluant l’humain, et la prise de conscience globale nécessaire à l’élaboration d’un nouveau paradigme propulsant l’humanité vers un nouvel âge d’or énergétique respectueux et avant-gardiste. L’Univers conspire contre nous, mais c’est pour mieux nous apprendre à voir les clés de ses mystères éternels. La civilisation est prête pour faire le saut quantique qu’il lui manque pour atteindre un autre état d’être en digne confiance de sa pleine sagesse qui lui montre le chemin vers la connaissance universelle. D’autres attendent que nous ayons le courage de nos actes, n’ayons pas peur de ceux qui craignent de perdre le contrôle de leur ego subliminal.

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