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Le Blog de Paul Vergès

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Vaincre le changement climatique ne sera possible que par des remises en cause profondes dans les conceptions actuelles du progrès et du développement

Par • 4 Nov, 2011 • Catégorie: Climat, Que faire ?

C’est en présence de nombreuses personnalités que l’ONERC (Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique) a célébré, le 3 novembre à Paris, son dixième anniversaire. L’occasion pour faire le point sur dix années de lutte contre le changement climatique.

Du vote à l’unanimité au Sénat en 1999 de la loi Vergès à l’adoption du Plan national d’adaptation, c’est 10 années d’efforts et d’engagements qui ont été retracés par les différents intervenants à la table ronde.

Tous ont salué l’action de l’ONERC pour impulser des politiques d’anticipation et de prévention des impacts du changement climatique, aussi bien en France hexagonale que dans les outre mers.  Aussi bien dans les décisions prises par le gouvernement qu’au niveau des collectivités territoriales. Il a été souligné la contribution importante de l’Observatoire à ce que la France devienne le premier pays d’Europe à se doter d’un plan national d’adaptation.

Les représentants des ONG ont rappelé que l’ONERC avait d’une certaine manière inventé le  grenelle de l’environnement  avant le grenelle de l’environnement, puisque le Conseil d’orientation de l’ONERC réunit autour de la même table l’ensemble des ministères concernés par le changement climatique, les élus locaux et nationaux, la communauté scientifique, les centres de recherche et aussi les associations et les ONG.

Jean Jouzel, Vice Président du GIEC, a rappelé le rôle de l’ONERC dans les travaux du GIEC, puisqu’ il revient au secrétaire général de l’ONERC d’assurer la représentation de la France dans cette instance. Il a insisté sur le 5ème rapport du GIEC et les enjeux des prochaines négociations climatiques à Durban.

Tour à tour, M Jacq,  Président Directeur Général de Météo France, Dominique Dron, Commissaire au développement durable et Pierre Franck Chevet, Directeur de l’énergie Climat au Ministère de l’Ecologie ont fait état, chacun dans leur domaine respectif de l’actualité concernant le changement climatique. M. Chevet a souligné le caractère précieux, pour le Ministère d’une structure comme l’ONERC.

Younous Omarjee, conseiller au parlement européen, et ancien collaborateur de Paul Vergès au Sénat a rappelé le contexte dans lequel s’est inscrit l’élaboration de la proposition de loi tandis que Marc Gillet, ancien directeur de l’ONERC, a dressé la liste des premières actions et des recommandations faites par l’ONERC aux gouvernements successifs et contenus dans de nombreux rapports.

Dans son intervention de clôture, le Président de l’ONERC, Paul Vergès, a manifesté sa satisfaction quand au travail accompli et remercié celles et ceux sans lesquels il n’aurait pas été possible de prolonger l’action législative.

Revenant sur ses motivations en tant que Sénateur quant au dépôt de la proposition de loi créant l’ONERC et faisant de la lutte contre l’effet de serre une priorité nationale, il a indiqué qu’un parlementaire doit penser à faire ?uvre utile et à agir pour l’intérêt général. Et aussi de saisir l’essentiel, c’est à dire les forces constantes qui, comme le changement climatique ou la démographie, modifient chaque jour l’état du monde et pèsent sur l’organisation sociale et la vie des hommes. Sur ces bases a t il rappelé, il est possible de rassembler au delà des clivages partisans comme cela fut fait avec le vote de la loi proposée au Sénat, signée par l’ensemble des groupes politiques.

Le Président de l’Onerc a conclu son intervention en soulignant que vaincre le changement climatique ne sera possible que par des remises en cause profondes dans les conceptions actuelles du progrès et du développement. C’est tout un mode de pensée et de vie fondés sur l’accumulation, la consommation et le gaspillage, notamment de ressources épuisables, qu’ il faut remettre en cause.

C’est aussi prendre conscience que les valeurs dominantes actuelles véhiculées par la mondialisation   d’aujourd’hui font que les hommes croient pouvoir avancer contre les autres hommes, et les autres espèces.

C’est dire l’immensité du travail qu’il reste à accomplir pour les décennies à venir. Mais Paul Vergès d’indiquer aussi qu’une course contre la montre est aujourd’hui engagée, et qu’il reste peu de temps pour prendre à tous les niveaux les mesures à la hauteur des enjeux et du risque que le réchauffement planétaire fait peser sur la planète.

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