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	<title>D&#039;une île au monde ...</title>
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	<description>Le Blog de Paul Vergès</description>
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		<title>Air Austral : le coup de force de Didier Robert</title>
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		<pubDate>Wed, 02 May 2012 14:34:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[La compagnie Air Austral a quasiment été offerte à Air France. C’est bien la conclusion qui s’impose, maintenant que c’est un cadre de cette compagnie qui va prendre les commandes de la société réunionnaise. Et l’on parle d’un deuxième « ancien » d’Air France à cette direction.  C’est donc un scandale sans précédent que nous vivons aujourd’hui : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>La compagnie Air Austral a quasiment été offerte à Air France. C’est bien la conclusion qui s’impose, maintenant que c’est un cadre de cette compagnie qui va prendre les commandes de la société réunionnaise. Et l’on parle d’un deuxième « ancien » d’Air France à cette direction.</p></blockquote>
<p><strong><em> </em></strong>C’est donc un scandale sans précédent que nous vivons aujourd’hui : une entreprise réunionnaise, l’une des plus grandes de l’île, fondée par des Réunionnais, avec des actionnaires réunionnais, embauchant des Réunionnais et transportant des Réunionnais, est en passe d’être « avalée » par Air France. Et cela par la volonté politique de certains élus réunionnais.</p>
<p>La première étape a été l’opération de recapitalisation d’Air Austral ; celle-ci a été faite,  avec le concours de la SEMATRA, actionnaire majoritaire ayant notamment pour membres le Conseil régional et le Conseil général.</p>
<p>C’était une nécessité pour que le capital d’Air Austral soit en harmonie avec le niveau atteint par son chiffre d’affaires.</p>
<p>En renforçant le capital, la Région renforçait son poids dans le Conseil de surveillance. Le Président de la Région exigeait alors la dissolution de ce Conseil, la recomposition de cet organisme et en exigeait également la présidence.</p>
<p>La deuxième étape a été la bride laissée sur le cou des banques. Là, la responsabilité de Didier Robert est totale.  Chacun a pu constater son manque d’empressement pour empêcher les banques d’imposer leurs conditions pour l’octroi d’un prêt à la compagnie : le prêt ne sera accordé à la condition sine qua non que les membres du directoire – 4 Réunionnais – soient démis de leurs fonctions !</p>
<p>La comédie était grossière.</p>
<p>Troisième étape : elle s’est déroulée à Paris, il s’agit de la rencontre entre le Président de la Région Réunion et Air France, pour que l’un des cadres dirigeants de cette compagnie prenne les commandes de la compagnie réunionnaise.</p>
<p>Le choix d’un cadre d’Air France n’est pas innocent : rappelons que lorsque Air Austral a obtenu la possibilité de faire des liaisons Réunion / Paris, Air France a retiré toutes ses actions dans le capital d’Air Austral.</p>
<h2>Une compagnie réunionnaise</h2>
<p>Air Austral est une compagnie réunionnaise, montée avec des capitaux réunionnais et la volonté d’hommes politiques réunionnais. Son directoire est composé de Réunionnais.</p>
<p>Rappelons que lors de la création de la compagnie réunionnaise, un accord entre Pierre Lagourgue, président du Conseil de surveillance d’Air Austral, et Jacques Attali, président d’Air France, répartissait les rôles : les liaisons régionales pour Air Austral, le long courrier pour Air France (alors actionnaire de 30% de la compagnie réunionnaise).</p>
<p>Le monopole d’Air France a été attaqué par Point Air, AOM, Air Liberté, Air Lib. Chaque fois, ces initiatives n’ont pas été couronnées de succès.</p>
<p>Dans ce contexte, et pour permettre aux Réunionnais de voyager, il était indispensable que Air Austral s’intéresse à la liaison La Réunion/Paris.</p>
<p>Ce qui a été rendu possible par l’accord Vergès / Girardin, respectivement président du Conseil de surveillance d’Air Austral et ministre de l’outre-mer : Air Austral a commencé  ses liaisons avec la France, et les Réunionnais ont pu commencer à mieux voyager, Air Austral renforçait son essor.</p>
<p>C’est de là qu’est parti le différent avec Air France et c’est cela qui explique la décision lourde de conséquences prise par un élu réunionnais Président de Région.</p>
<h2>Soutien des Réunionnais à leur compagnie</h2>
<p><strong> </strong>La compagnie réunionnaise, forte du soutien des Réunionnais et pour répondre à leurs attentes, a ensuite desservi Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nantes, etc.</p>
<p>Ensuite, parce qu’il y avait une demande, Air Austral a commencé les démarches pour desservir la Chine, l’Inde, mais aussi Bangkok, Sydney et Nouméa&#8230;</p>
<p>L’essor grandissant d’Air Austral, l’attachement que les Réunionnais ont pour leur compagnie, ont suscité bien des mécontentements. Notamment de la part d’Air France, qui voyait son rôle être fortement réduit.</p>
<p>Ainsi, le fait de choisir une personne d’Air France pour assurer la direction d’Air Austral est déjà fortement symbolique d’un état d’esprit.</p>
<h2>Approbation au plus haut niveau</h2>
<p>En outre, ce choix n’a pu réussir qu’avec le soutien discret mais réel du gouvernement Sarkozy / Fillon.</p>
<p>Ainsi, pour des ambitions personnelles, et pour satisfaire la volonté hégémonique de Air France, Didier Robert n’a pas hésité à mettre dans la balance le sort des 1.000 salariés de la compagnie régionale.</p>
<p>Didier Robert s’est découvert : ses déclarations sur le fait que les postes de responsabilité doivent, à compétences égales, être occupées par des Réunionnais, volent en éclat.</p>
<p>L’opération avait déjà été tentée pour la direction de l’AGORAH. Mais devant la mobilisation des Réunionnais, Didier Robert a fait marche arrière.</p>
<p>Dans sa volonté de ne laisser aucune trace de ce que ces prédécesseurs ont créé, Didier Robert fait tout pour que cette compagnie réunionnaise, montée avec des capitaux réunionnais, soit rayée de la carte. Même si l’opération a été une réussite, puisque Air Austral est le principal acteur du désenclavement de l’île.</p>
<p>Didier Robert n’a pas voulu prendre en compte cette réalité : comme d’autres compagnies aériennes, Air Austral traverse une zone de turbulences, liée à la crise économique. Mais à la différence d’Air France, par exemple, Air Austral n’a pas licencié.</p>
<p>Les difficultés présente de la compagnie sont dues pour l’essentiel à la flambée du prix du kérosène et à la sous-capitalisation de la société.</p>
<p>Contrairement à ce que certains martèlent, il n’y a pas eu d’erreur de gestion. Cela sera mis en évidence lorsque seront rendues publiques les conclusions de l’audit financier qui vient d’être commandé.</p>
<p>L’empressement de Didier Robert et de ses mentors parisiens à mettre tout le monde devant le fait accompli est révélateur de leur état d’esprit.</p>
<p>Mais leur coup de force va probablement tomber à l’eau. Leur objectif est visible : Il s’agit de conduire Air Austral au cœur d’une stratégie globale qui sert les intérêts d’Air France.</p>
<p>Plus que jamais, cette question doit être abordée dans cette deuxième partie de la campagne pour l’élection présidentielle.</p>
<p>Le 6 mai au soir, un nouveau Président de la République prendra ses fonctions. Tout indique qu’il s’agira de François Hollande.</p>
<h2>Les Réunionnais n’oublieront pas</h2>
<p>Mais personne n’oubliera ce qu’un Réunionnais a tenté de faire à d’autres Réunionnais.</p>
<p>Aux membres du directoire d’Air Austral qui n’a jamais démérité et qui ont contribué à faire de la structure une compagnie régionale, nationale et aujourd’hui internationale.</p>
<p>Aux Réunionnais qui ont envie de voyager : l’arrivée d’un cadre d’Air France marque un retour en arrière et va à l’encontre de leur souhait : le désenclavement de La Réunion.</p>
<p>Il remet en cause le projet d’un Airbus A380, un low-cost long-courrier techniquement et financièrement possible, permettant de faire baisser de 25% le prix du billet entre La Réunion et la France.</p>
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		<title>Défi</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Apr 2012 08:17:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>
		<category><![CDATA[Air Austral; emploi; Réunionnais; Didier Robert;]]></category>

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		<description><![CDATA[Le défi lancé à la face des Réunionnaises et des Réunionnais : acculer à la démission les responsables réunionnais d’une grande entreprise réunionnaise pour les remplacer par qui ? Parmi les nombreuses informations proposées par la presse réunionnaise, certaines méritent une attention toute particulière. En effet, elles démontrent que les prises de décisions de certains hommes ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le défi lancé à la face des Réunionnaises et des Réunionnais : acculer à la démission les responsables réunionnais d’une grande entreprise réunionnaise pour les remplacer par qui ?</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Parmi les nombreuses informations proposées par la presse réunionnaise, certaines méritent une attention toute particulière. En effet, elles démontrent que les prises de décisions de certains hommes ou femmes politiques réunionnais sont loin d&#8217;être en cohérence avec leurs affirmations. C&#8217;est par exemple le cas pour les recrutements à l&#8217;Agorah et à Air Austral.</p>
<p style="text-align: justify;">La décision de Gérard Ethève d&#8217;être relevé de ses fonctions de Membre et Président du Directoire a été relatée dans toute la presse réunionnaise, mais aussi nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien des journaux soulignent l&#8217;extraordinaire aventure de cette compagnie régionale, son essor et la place qu&#8217;elle a su se créer dans le monde de l&#8217;aviation civile.</p>
<p style="text-align: justify;">La presse dans son ensemble fait état des différents problèmes rencontrés par la Compagnie régionale. En premier lieu, la nécessité de recapitaliser la structure, afin que ce capital soit en adéquation avec le chiffre d&#8217;affaires réalisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette opération a été réalisée par le principal actionnaire de Air Austral, la SEMATRA, composée notamment du Conseil régional et du Conseil général.</p>
<p style="text-align: justify;">Afin de faire face à ses obligations, Air Austral a, comme toute entreprise, demandé aux banques de lui accorder un prêt. Ce qui lui a été refusé. Les banques ont conditionné ce prêt de 40 millions d&#8217;euros (destiné à l&#8217;acquisition de nouveaux appareils) à un changement de Direction de la Compagnie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette situation, Gérard Ethève n&#8217;a pas voulu prendre le risque de représenter un obstacle à l&#8217;octroi de ce prêt. Il a donc choisi de se retirer.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette position, courageuse mais aussi d&#8217;une extrême responsabilité, a été partagée par les proches collaborateurs de Gérard Ethève : Alain Abbadie, Michel Frappier de Montbenoît et Joseph Brema.</p>
<h2 style="text-align: justify;">100% Réunionnais</h2>
<p style="text-align: justify;">Voici donc quatre dirigeants réunionnais qui ont été contraints à se démettre de leurs fonctions. Des dirigeants réunionnais, d&#8217;une société réunionnaise, dont les actionnaires sont réunionnais, et qui plus est, par deux collectivités locales réunionnaises.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, on est devant le plus grand scandale que La Réunion n&#8217;ait jamais connu.</p>
<p style="text-align: justify;">Gérard Ethève et son équipe cesseront leurs activités fin juin 2012. Ce qui laisse deux mois et demi aux membres du conseil de surveillance – dirigé par le Président du conseil régional – pour remplacer cette équipe.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment, dans des délais aussi courts, le conseil de surveillance pourra-t-il procéder à ces recrutements ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le récent exemple de ce qui s&#8217;est passé pour l&#8217;Agorah ne peut être ignoré. Le Directeur de la structure ayant cessé ses fonctions, son remplacement a été nécessaire. Après ce qui s&#8217;apparente plus à un simulacre d&#8217;appel à candidatures, la vice-présidente du Conseil régional en charge du dossier a porté son choix sur une femme, qui n&#8217;a jamais mis les pieds à La Réunion. A en croire la vice-présidente de la Région, elle était la seule à détenir les compétences nécessaires.</p>
<h2 style="text-align: justify;"> Un scandale énorme</h2>
<p style="text-align: justify;">Car ces deux affaires arrivent au moment où l&#8217;ensemble des candidats aux élections présidentielles qui ont séjourné à La Réunion ont expliqué qu&#8217;il fallait donner la priorité aux Réunionnais.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, il n&#8217;aura pas fallu attendre longtemps pour constater que les affirmations de certains candidats ne sont pas respectées par leurs représentants locaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Quel formidable démenti Didier Robert et Fabienne Couapel Sauret ont ainsi apporté aux déclarations de leur candidat Sarkozy ! Déclarations publiques faites à La Réunion aux Réunionnais !</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui, avec la question d&#8217;Air Austral, c&#8217;est la même question qui se pose : et le démenti cinglant aux propositions formulées par l&#8217;actuel Président de la République est le point de départ d&#8217;une protestation générale, soulevant tous les Réunionnais.</p>
<h2 style="text-align: justify;"> Un défi</h2>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un défi lancé à la face de tous les Réunionnais.</p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant, la question est de savoir si les responsables politiques réunionnais auront tous les culots : comment embaucher des personnes ayant les mêmes compétences, savoir faire, connaissances et dotées du même crédit que les membres de l&#8217;équipe démise d&#8217;Air Austral.</p>
<p style="text-align: justify;">Chasser quatre responsables réunionnais pour les remplacer par quatre personnes recrutées à l’extérieur !</p>
<p style="text-align: justify;">Et si devant la protestation générale, les responsables de la Région reculent, vont-ils avoir le culot d&#8217;embaucher quatre Réunionnais, juste pour avoir la satisfaction de clamer, par la suite « vous avez vu, on a embauché des Réunionnais, vous voyez bien qu&#8217;ils ne peuvent faire face aux responsabilités qui vont être les leurs ».</p>
<h2 style="text-align: justify;"> Un enjeu</h2>
<p style="text-align: justify;">Avec ce sous entendu, parfaitement limpide : les Réunionnais sont moins compétents que les Métropolitains.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;y a jamais eu de situation aussi limpide et claire.</p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant, La Réunion a les yeux fixés sur Didier Robert et Nassimah Dindar, tous deux aux commandes de la SEMATRA pour savoir quelle va être leur attitude.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à Air Austral, c&#8217;est tout simplement son avenir qui est en jeu. Comme celui du millier de salariés qu&#8217;elle emploie. Et des centaines de milliers de passagers qu&#8217;elle transporte.</p>
<p style="text-align: justify;">Et dire que l&#8217;emploi des Réunionnaises et des Réunionnais, la mobilité et le désenclavement de l&#8217;île sont des sujets mis en avant pour cette élection présidentielle !</p>
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		<title>2012 : tourner les pages de 1946, de 2007 et de 2010 !</title>
		<link>http://blog.paulverges.fr/que-faire/2012-tourner-les-pages-de-1946-de-2007-et-de-2010</link>
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		<pubDate>Thu, 05 Apr 2012 07:33:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>
		<category><![CDATA[législatives CRADS]]></category>
		<category><![CDATA[Présidentielle]]></category>

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		<description><![CDATA[La Réunion vit  des moments qui vont fortement déterminer le cours de son histoire. En effet, les réponses de candidats à l’élection présidentielle au projet élaboré par le Parti Communiste Réunionnais font apparaître une vraie convergence sur les axes stratégiques pour que La Réunion s’engage dans un développement durable et solidaire. Encore faut-il que chacune [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">La Réunion vit  des moments qui vont fortement déterminer le cours de son histoire. En effet, les réponses de candidats à l’élection présidentielle au projet élaboré par le Parti Communiste Réunionnais font apparaître une vraie convergence sur les axes stratégiques pour que La Réunion s’engage dans un développement durable et solidaire. Encore faut-il que chacune et chacun, à La Réunion, respecte des principes et adhère au projet !</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">La Réunion vit des moments aussi importants qu’en 1946. En effet, en 1946, dans un contexte mondial spécifique, lié à la fin de la deuxième guerre mondiale, surgissent des revendications des salariés pour une protection sociale, un salaire minimum etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces revendications trouveront un certain écho à La Réunion, encore emprisonnée dans le statut colonial. Avec le CRADS, les cheminots, dockers, petits planteurs revendiquent l’abolition du statut de colonie, entrainant, de fait, le principe d’une égalité individuelle et collective avec les autres départements français.</p>
<p style="text-align: justify;">Face à cette double revendication, amélioration des conditions de vie et abolition du statut de colonie, la droite réunionnaise, bien que très puissante sur le plan économique, reste dans réponse et ne formalise aucun projet. Les seules déclarations sont celles faisant part de leurs craintes d’être soumis à l’impôt sur le revenu et de devoir payer des charges sociales pour l’embauche de leurs salariés.</p>
<p style="text-align: justify;">D’un côté, les forces des syndicats et du CRADS, de l’autre, une droite et même une sociale démocratie n’ayant pas ou plus de construction idéologique.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est là bel et bien une bataille de classes.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis, entre 1946 et les années 80, la situation mondiale évolue : la guerre froide, la décolonisation puis l’effondrement de l’URSS.</p>
<p style="text-align: justify;">A La Réunion, le PCR continue sa mobilisation et ses combats pour l’Egalité et plus d’autonomie. Ces revendications reposent d’une part sur la nécessité d’appliquer les conséquences de la loi de 1946 en termes d’égalité et d’autre part, sur l’analyse d’une situation réunionnaise en pleine évolution.</p>
<p style="text-align: justify;">L’analyse doit également prendre en compte ces  mouvements planétaires irréversibles que sont la transition démographique mondiale, les changements climatiques et la mondialisation de l’économie.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est à la lecture de ces paramètres que le PCR a élaboré ses stratégies de développement : comment répondre à la fois aux besoins immédiats et préparer La Réunion du million d’habitants.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Une crise mondiale aggravée localement … par des Réunionnais !</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Car la situation à La Réunion est aujourd’hui catastrophique : chômage considérable, état de misère pour la moitié de la population, logements pas assez nombreux, coût de la vie exorbitant…</p>
<p style="text-align: justify;">Au-delà des raisons de la crise des structures, quelles sont les raisons de l’aggravation cette situation ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier facteur, c’est la crise mondiale, monétaire puis économique, qui n’a pas arrangé une situation déjà difficile.</p>
<p style="text-align: justify;">La deuxième raison est la politique d’austérité et les mesures anti sociales appliquées par le gouvernement Sarkozy depuis 2007. Ce sont  les mesures à portée nationale : réforme des retraites, gel des salaires ou des dotations, attaque contre les services publics et en premier lieu, l’enseignement, et de manière générale,  attaque des acquis de la Libération comme la protection sociale etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont les mesures dont les retombées locales sont catastrophiques. C’est par exemple les coups portés aux grands projets (tram train, MCUR etc.), au secteur des énergies renouvelables et plus spécifiquement du photovoltaïque. L’essor économique a été stoppé net.</p>
<p style="text-align: justify;">La troisième raison est la politique menée à la Région par Didier Robert depuis mars 2010. L’abandon des grands chantiers, comme le tram train ou la MCUR, le recul sur la question des énergies renouvelables et de manière générale, l’abandon de tous les axes stratégiques de développement, a jeté La Réunion dans un non développement important.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Une lourde responsabilité</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Si Didier Robert avait lancé la construction du tram train – le dossier technique était bouclé -, des centaines d’entreprises du BTP auraient eu du travail, des milliers de travailleurs ne seraient pas inscrits à Pôle emploi. Sans compter les effets induits de cette politique de grands chantiers sur les autres secteurs d’activité.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout ceci aurait-il pu être évité ?</p>
<p style="text-align: justify;">Bien évidemment, non, pour le premier point, la crise étant née des subprimes aux Etats Unis et étendue au monde entier sur les plans économique, social etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui est de la politique Sarkozy, La Réunion a fait le nécessaire, en 2007, pour résister lors des élections à la présidence de la République, en donnant la majorité à la candidate de l’opposition.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais pour ce qui est de la politique de Didier Robert à la Région, oui, cela aurait pu être évité. L’alternance ayant conduit à l’éviction de l’équipe de l’Alliance et à la mise en fonction de l’équipe UMP, aurait pu être évitées.</p>
<p style="text-align: justify;">Il aurait fallu une seule chose : que tous ceux qui se réclament du camp du progrès et des forces de gauche réfléchissent à la situation et l’analysent non à travers le prisme des ambitions personnelles et claniques ou dans l’idée d’un règlement de comptes politiques, enveloppée d’une volonté évidente de vengeance ; il aurait fallu que cette analyse repose sur une vision stratégique du développement de La Réunion.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Des choix politiciens</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas le choix pour lequel a opté la Fédération socialiste réunionnaise, qui a préféré  jouer la tactique politicienne plus que la stratégie de développement. En choisissant cette attitude de division, la Fédération socialiste a offert la Région à Didier Robert, à l’UMP et à Sarkozy.</p>
<p style="text-align: justify;">Les consultations de 2012 constituent une opportunité de faire avancer la vision stratégique du développement de La Réunion Celle-ci a été déclinée dans un projet de développement durable et solidaire, envoyé à François Hollande, Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous y ont répondu. Les deux premiers ont séjourné dans l’île, complétant leurs réponses ou affinant des propositions.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Une ouverture sous condition</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Force est aujourd’hui de constater qu’il y a une réelle convergence d’approche. Les réponses apportées par le candidat socialiste quant à l’urgence sociale prennent notamment  en compte l’idée de services publics s’occupant d’une part d’aide à la personne et d’autre part de l’environnement.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la question de l’énergie également, le mot d’ordre d’autonomie de production électrique est partagé. La question de la sécurité alimentaire est elle aussi consensuelle. Enfin, il a affirmé clairement sa volonté de réaliser rapidement un tram train à La Réunion.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est donc un nouveau contexte qui se dessine, dans lequel le débat a – enfin &#8211;  été replacé dans son cadre : celui de l’avenir du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois élu, François Hollande devra mettre en place les conditions pour que ces projets se réalisent. Il devra être aidé par les Parlementaires : après le Sénat, en septembre dernier, les forces de progrès devraient être majoritaires à l’Assemblée nationale en juin prochain.</p>
<p style="text-align: justify;">Encore faut-il que ces représentants réunionnais des forces de progrès partagent ces objectifs. Or, l’expérience de ces dernières années a montré que certains ne partageaient pas cette vision stratégique du développement durable de La Réunion, s’opposant au tram train ou à l’autonomie énergétique.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est donc la question de l’application de ces mesures qui est posée.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes les conditions pourraient donc être remplies pour que La Réunion emprunte la voie du développement durable et solidaire, si chacun joue la carte de la loyauté et respecte des principes. Si certains venaient à ne pas faire un cas avec ces principes, il s’agirait alors d’une trahison.</p>
<p style="text-align: justify;">Or ce n’est pas la première fois que les dirigeants de la Fédération réunionnaise du Parti socialiste privilégient la tactique politicienne au détriment de la stratégie de développement.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux ans après 2010, certains veulent reproduire le même schéma : régler des comptes avec le PCR. Mais cette fois, la tentative s’est conclue par un flop retentissant, le candidat socialiste à l’élection présidentielle a affiché sa vision stratégique du développement de La Réunion.</p>
<p style="text-align: justify;">Personne ne peut ignorer la convergence de ses positions avec celles défendues par le PCR. Il y a aujourd’hui un espoir de voir La Réunion emprunter la voie d’un développement durable et solidaire. La voie d’accès sera extrêmement difficile, elle aurait pu être plus aisée si les dirigeants de la  Fédération socialiste avaient eu une autre attitude en 2010.</p>
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		<title>2012 : Année d’un changement aussi décisif que celui de 1946 ?</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Mar 2012 16:16:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>
		<category><![CDATA[19 mars ; responsabilité; présidentielle; législatives; développement durable]]></category>

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		<description><![CDATA[1946 : des Réunionnais ont proposé une solution pour sortir du statut colonial, ce fut l’étape de l’égalité. 2012 : un nouveau rendez-vous pour les Réunionnais : comment sortir de l’impasse et s’engager sur la voie d’un développement responsable ? La fin de la deuxième guerre mondiale a laissé la France dans une grande pauvreté. Mais à La Réunion, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong><em>1946 : des Réunionnais ont proposé une solution pour sortir du statut colonial, ce fut l’étape de l’égalité. </em></strong></p>
<p><strong><em>2012 : un nouveau rendez-vous pour les Réunionnais : comment sortir de l’impasse et s’engager sur la voie d’un développement responsable ?</em></strong></p></blockquote>
<p>La fin de la deuxième guerre mondiale a laissé la France dans une grande pauvreté. Mais à La Réunion, la misère était encore plus grande : la population vivait dans le dénuement complet, au rythme du ticket de rationnement puisqu’en plus de la misère coloniale s’ajoutaient les désastres des années de guerre.</p>
<p>Dans un pays en voie de reconstruction,  sont apparues de nouvelles institutions politiques, l’empire colonial était ébranlé. À La Réunion, des hommes et des femmes ont estimé que le moment était venu de changer et d’abolir le régime colonial.</p>
<p>Ils ont confié cette mission aux deux députés qu’ils ont élus : Raymond Vergès et Léon de Lépervanche.</p>
<p>Parallèlement, en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, s’élevaient ces mêmes revendications d’abolition de ce statut colonial. Avec Gaston Monnerville, Aimé Césaire, et Léopold Bissol, ils imposent ce changement et font voter cette loi de 1946.</p>
<p>Ce fut le début de la liberté : de vote, d’expression, de culte. Tout cela n’a pas été obtenu facilement, mais au prix de nombreuses  luttes.</p>
<h2><strong>Un constat mitigé</strong></h2>
<p>Dans ces combats, qui furent très longs et très durs, les communistes étaient en première ligne.  Ils l’ont été sans cesse, au fil des années, jusqu’au moment où – enfin, après un demi siècle, – les Réunionnaises et les Réunionnais ont pu prendre la mesure d’une égalité qui pourtant leur avait été promise immédiatement après le vote de cette loi de 1946.</p>
<p>Aujourd’hui, on peut s’interroger sur la portée de cette loi, parfois appelée « loi de l’égalité ».  Peut-elle encore apporter quelque chose à La Réunion et à son développement ? Est-elle capable de régler les problèmes d’aujourd’hui ?</p>
<p>Le constat que l’on peut faire est mitigé.</p>
<p>En 1946, l’espérance de vie était à La Réunion de 48 ans, la misère était répartie dans toute l’île et partout. On a connu des changements évidents dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’aménagement du territoire etc.</p>
<p>Mais c’est aussi l’exemple des milliers de Réunionnaises et des Réunionnais qui sortent du système scolaire sans diplôme et sans maîtriser ni l’écriture ni la lecture. Plus de 110.000 illettrés !</p>
<h2><strong>Une absence d’anticipation</strong></h2>
<p>C’est également la question de l’emploi et du chômage, malgré le dynamisme artificiel de l’économie réunionnaise, personne n’a pris en compte la poussée démographique entraînant aujourd’hui ce taux de chômage considérable.</p>
<p>Le bilan est aussi contrasté en termes d’aménagement du territoire : par exemple la concentration des services de l’Etat à Saint-Denis et plus précisément vers Champ Fleuri. C’est l’université que l’on a implantée à Moufia, sans réfléchir aux possibilités de son extension.</p>
<p>C’est aussi vrai en terme de constructions de logements : pour résorber les bidonvilles, on a construit des grands ensembles au Chaudron, avec les conséquences que l’on connaît aujourd’hui. Pire, on n’a pas tenu compte du mode de vie des populations, de la structure de l’économie etc.</p>
<p>Ainsi, on n’a pas anticipé sur des phénomènes qui pourtant étaient prévisibles sur le long terme : la progression démographique, l’évolution de la société et la transformation de l’économie.</p>
<p>Aujourd’hui on en paie les conséquences.</p>
<h2><strong>Aller au-delà ?</strong></h2>
<p>Ainsi, la loi de 1946 a constitué une avancée importante pour les Réunionnaises et les Réunionnais dans de nombreux domaines. Mais aujourd’hui, comment aller au-delà de cette loi d’assimilation ou d’intégration, assurant constamment « l’égalité » sociale sur le plan réglementaire ?</p>
<p>En 2012, nous avons la possibilité de donner une nouvelle impulsion à notre développement : nous sommes à la veille d’une alternance politique.</p>
<p>C’est une occasion pour que les Réunionnaises et les Réunionnais s’expriment sur ce qu’ils veulent pour La Réunion et de formuler une solution réunionnaise et non une solution venue de l’extérieur, imposée par des gouvernements qui nous disent, en substance : « <em>on va choisir pour vous, de Paris,  le développement qu’il vous faut, à La Réunion, pour résoudre vos problèmes </em>».</p>
<p>2012 va nous permettre d’aborder une nouvelle phase de notre histoire. Encore faudrait-il que tous les responsables politiques réunionnais se saisissent de cette possibilité.</p>
<h2><strong>Vers une alternance</strong></h2>
<p>Mais c’est avec une certaine inquiétude aujourd’hui qu’on observe les déclarations et les positionnements de la classe politique réunionnaise.</p>
<p>Les 22 avril et 6 mai, l’élection présidentielle va entrainer un changement et une alternance. Il appartient à chacune et chacun d’entre nous de prendre notre destin en main : nous sommes devant une échéance qui est tout aussi importante sinon plus que celle que nos aînés ont connue, en 1946, alors que la situation dans tous les domaines n’est plus celle d’alors, car nous connaissons une situation complètement bouleversée dans le monde.</p>
<p>La question qui se pose à nous est simple : que voulons-nous pour les 10 ans qui viennent ?</p>
<p>Mais il y a aussi une autre différence avec ce qui s’est passé en 45/46 : il y avait eu une grande discussion impliquant le mouvement syndical et la classe politique. Les agriculteurs se battaient pour l’abolition du colonat paritaire ; les travailleurs luttaient pour l’application à La Réunion des conventions collectives obtenues à la  Libération en France. Mais au-delà de ces revendications catégorielles, une seule exigence globale s’imposait : « La Réunion département français par l’abolition du statut colonial ».</p>
<h2><strong>Un rendez-vous important</strong></h2>
<p>66 ans plus tard, nous sommes donc devant une nouvelle étape. Nous sommes à un mois de l’élection présidentielle et à trois mois des élections législatives. A l’issue de ces consultations, c’est une majorité de progrès qui sera au pouvoir, à la Présidence de la République et à l’Assemblée nationale, le Sénat ayant déjà procédé à cette alternance politique.</p>
<p>Il y a donc là une possibilité pour le Président de la République d’appliquer intégralement son programme : mais quelles solutions sont-elles mises en avant pour régler la situation à La Réunion ?</p>
<p>Que vont présenter les Réunionnais, notamment les politiques aux candidats à cette élection présidentielle ? Vont-ils proposer quelque chose ou vont-ils attendre que ceux qui viennent de Paris leur donnent la solution ?</p>
<p>Seul, le PCR entretient des débats avec les candidats à Présidence de la République : le Front de gauche, le Parti socialiste et Ecologie-les Verts.</p>
<p>Nous avons obtenu une réponse partielle de François Hollande, partielle, car les 30 propositions concernent tout outre-mer.</p>
<p>Nous avons obtenu une réponse de Jean-Luc Mélenchon à nos propositions. Nous avons également été destinataires du programme de Ecologie les Verts.</p>
<p>Tout cela devrait être au cœur des débats de la classe politique réunionnaise sur le développement que l’on veut pour La Réunion.</p>
<p>Mais cela ne l’est pas.</p>
<h2><strong>Vers la responsabilité ?</strong></h2>
<p>Aux Antilles, les débats sont engagés depuis longtemps : en Martinique et en Guyane, le processus est en cours ; la Guadeloupe poursuit sa réflexion.</p>
<p>A La Réunion, le PCR a établi son projet de développement durable. Mais le reste du monde politique réunionnais continue à faire confiance à Paris.</p>
<p>Dans notre courte histoire, toutes les décisions importantes qui ont concerné notre développement sont venues de Paris : les deux abolitions de l’esclavage, par exemple, ce sont des décisions prises à Paris. Le premier changement qui a eu lieu a été en 1946 : ce n’est pas une proposition du gouvernement, mais c’est une demande formulée par des Réunionnais et des Antillais Guyanais. Ce sont eux qui ont demandé l’abolition du statut colonial.</p>
<p>Mais à La Réunion, c’est la politique du cloche merle villageois: la querelle des petites phrases l’emporte et il n’y a aucun débat sur le fond et sur les moyens et voies du développement que La Réunion doit emprunter.</p>
<p>Comme si l’on acceptait cette réalité : un chômage qui touche 30% de notre population ; 60% de jeunes de moins de 25 ans en quête d’un avenir ; 50% de la population réunionnaise sous le seuil de pauvreté national ; 120.000 Réunionnaises et Réunionnais ne maîtrisant pas la lecture et l’écriture etc.</p>
<p>Dans une situation marquée par l’urgence sociale, nous devons nous saisir de ces échéances, élections présidentielles puis élections législatives, pour relever les défis du XXIème siècle. Et pour faire avancer nos idées : un « Pacte de développement durable, solidaire et responsable pour La Réunion».</p>
<p>Si 1848 a été l’ère de la LIBERTÉ, 1946 a été celle de l’ÉGALITÉ. Aujourd’hui arrive l’ère de la RESPONSABILITÉ.</p>
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		<title>66éme anniversaire de la loi du 19 mars 1946</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Mar 2012 15:14:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[6 ans après son enregistrement, voici la transcription d&#8217;une visio conférence. Un dialogue entre Aimé Césaire et Paul Vergès. &#160; M. Paul Vergès :  Bonjour Aimé ! A la veille du 60ème anniversaire de la loi que tu as fait voter à l’Assemblée Nationale Constituante avec Léopold Bissol, Raymond Vergès et Léon de Lépervanche , je voudrais te [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>6 ans après son enregistrement, voici la transcription d&#8217;une visio conférence. Un dialogue entre Aimé Césaire et Paul Vergès.</p></blockquote>
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<p><strong>M. Paul Vergès : </strong> Bonjour Aimé ! A la veille du 60ème anniversaire de la loi que tu as fait voter à l’Assemblée Nationale Constituante avec Léopold Bissol, Raymond Vergès et Léon de Lépervanche , je voudrais te poser une question. Dans les débats d’alors, à l’Assemblée, tu évoques « la misère la plus injustifiable » dans les vieilles colonies. Penses-tu, qu’après 60 ans, les gens ont encore le souvenir de cette misère ? Ou bien les gains sociaux dans les domaines des salaires, de l’enseignement, de la santé, etc., n’ont-ils pas fait oublier ce qui existait il y a 60 ans ?</p>
<p><strong>M. Aimé Césaire : </strong>La misère ne s’oublie jamais. Quant au régime départemental, il ne faut pas oublier la géographie, il ne faut pas oublier non plus l’histoire. A quel moment de l’histoire étions-nous ? Quand je suis arrivé sur la scène politique, ce n’était pas avec des idées politiques restreintes. J’avais en face de moi un peuple qui bouillonnait de colère, un peuple qui était dans la famine, dans l’incertitude, dans le désespoir et un certain Raymond Vergès, dont le nom doit dire quelque chose au petit Paul &#8211; car il était jeune lorsque je l’ai connu -, eh bien, Raymond Vergès avait les mêmes sentiments que moi et me disait que la situation était la même à La Réunion.<br />
Cela devenait grave. Les Etats-Unis étaient à nos portes, l’Amérique nous guettait et la Martinique n’avait qu’un désir : vivre et survivre. Alors, il n’y avait qu’un seul mot à la bouche, ce n’est pas dans les livres qu’il avait été trouvé, peut-être dans nos ventres ou dans nos estomacs, il n’y avait qu’une idée, une seule solution : « Halte ! Nous voulons l’assimilation ». Qui leur avait soufflé ce mot ? Ce mot, de toute manière, à mon avis, était impropre. Il ne faut pas uniquement tenir compte du mot, il faut savoir ce qu’il y a derrière le mot. Derrière le mot, tout le monde savait ce qu’il y avait. Par exemple, on disait : « Voici ce que nous gagnons, alors que nos collègues en France touchent le double ». Toute une série de faits de ce genre montrait que les Martiniquais souffraient d’une part de manques. Si ce n’était pas la famine, c’était une époque de très grande pauvreté. Et d’autre part, ils souffraient du fait d’un illogisme, si je puis dire, de la politique coloniale qui leur était appliquée. Et la plupart des partis &#8211; je ne sais pas si on a oublié -, y compris le Parti Communiste, ne demandaient qu’une chose, c’était l’assimilation. Moi personnellement, je ne suis pas enthousiaste, le mot « assimilation », c’est un mot que je n’aime pas, parce que je sais ce que je suis, je n’ai pas dit que je suis beau, mais je ne veux être assimilé à personne. Je sais ce que je suis avec mes qualités, avec mes défauts, mes insuffisances, ma couleur etc. Le mot me paraît malheureux. Mais quand j’étais au fait et que j’ai vu les Martiniquais de près, j’ai vu la misère, j’ai vu les souffrances, j’ai vu les enfants pieds nus dans la rue, j’ai vu l’absence d’écoles, l’absence de crèches, l’absence de toutes innovations, de transformations capitales pour l’avenir de ce pays, eh bien, j’ai revu mon vocabulaire, j’ai dit : « peu importe les mots, mais cherchons ce qu’il y a derrière ! ». Et ce que j’ai constaté, c’est qu’il y avait une demande générale profonde, importante des Martiniquais pour un régime meilleur. Le régime qui leur paraissait le plus à leur portée était celui qui existait en France, d’autant plus qu’en France il y avait un certain nombre de réformes, des réformes sociales qui étaient en train de se faire. Que faire ? Faire la fine bouche ? Refuser ? Confondre la place publique et l’Académie française ? Eh bien non ! je ne l’ai pas cru. Ils m’ont expliqué, les larmes aux yeux, ce que représentait pour eux le mot assimilation. J’ai beaucoup tiqué encore une fois, parce que assimilation pour moi, c’était « rendre semblable à ». Mais non ! finalement, ce n’était pas « être semblable à », mais « avoir une situation égale » à peu près à celle dont ils avaient des nouvelles et dont les bruits arrivaient jusqu’à la Martinique. J’ai beaucoup hésité, ce n’était pas un fol entrain, mais à regarder l’état du monde il n’y avait pas d’autres propositions possibles. Alors, j’ai déposé une loi, elle ne me satisfait pas pour une raison philosophique, historique, tout ce que l’on veut, mais imaginez la France comme un grand gâteau avec un couteau, on prend et on fait des tranches égales, ce sont des dé-par-te-ments. Bref, peu importe, ce cas-là était certainement meilleur que le régime que nous connaissions à l’époque. J’ai vu les camarades des Départements d’Outre-Mer, y compris le père Vergès. Nous nous sommes réunis et nous avons cherché la solution et la solution nous a été dictée par les faits : nous voulions l’application aux Antilles et à La Réunion, nous voulions l’application des lois sociales et les lois du progrès social qui était en train de se faire ou déjà fait en partie dans la France métropolitaine. C’est ce qui a été fait et cela n’a pas été facile. Vous croyez que la France s’est précipitée ? C’était bon pour les discours, mais en fait ils étaient extrêmement réticents, parce que ils avaient bel et bien une politique coloniale d’un certain type qu’ils voulaient maintenir. Bref, l’assimilation qui, à l’heure actuelle, nous paraît une chose néfaste, leur apparaissait, d’un point de vue humain, comme un énorme progrès. Eh bien, en mon âme et conscience, j’ai réfléchi et j’ai fini par penser que l’histoire est l’histoire, qu’il fallait ce qu’il fallait et qu’il fallait le faire au moment utile. Le moment était venu d’obtenir, sous une forme ou sous une autre, une amélioration du sort des Martiniquais, des Guadeloupéens et des Réunionnais. Je ne dis pas que c’était parfait, il y avait un grand manque, mais le problème ne se posait pas encore en ce temps-là.</p>
<p><strong>M. Paul Vergès : </strong>Quand on voit ces 60 ans, surtout les luttes syndicales, elles avaient un point d’appui qui était le statut et elles ont réclamé effectivement, dans tous les domaines, l’application des lois sociales à La Réunion et cette amélioration du niveau vie, cette amélioration des structures a fait, en 60 ans, une élévation considérable, une transformation de la société réunionnaise. Mais, comme tu dis, on ne peut pas faire une politique contre l’histoire et contre la géographie et, au fur et à mesure, s’impose dans l’esprit &#8211; là je parle de La Réunion -, le fait que La Réunion est un département français dans le sud-ouest de l’océan Indien, à côté de l’Ile Maurice, des Seychelles, des Comores, de Madagascar, de l’Afrique du Sud, du Mozambique. Eh bien, la géographie s’impose et nous arrivons à un moment où chez nous, quasiment tous les Réunionnais considèrent qu’on doit s’ouvrir vers notre monde géographique environnant. Désormais, nous multiplions donc les contacts avec Madagascar, les Seychelles, l’île Maurice, le Mozambique, l’Afrique du Sud, nous nous resituons et, si je peux dire, nous complétons la loi du 19 mars 1946. C’est à mon avis la preuve qu’en 1946, étant donné la situation de l’époque, la solution trouvée était la meilleure, parce qu’elle n’a pas empêché, aujourd’hui, cette volonté à La Réunion de se réapproprier son identité, sa culture, de déployer son activité dans son environnement géographique tout en restant effectivement intégrée à la République française.</p>
<h2>Chaque peuple a sa culture, chaque peuple a sa civilisation</h2>
<p><strong>M. Aimé Césaire : </strong>Il y a une chose dont il faut tenir compte : c’est une certaine conception du monde et de la civilisation. La loi de 1946 a eu ses avantages, mais elle était sous-tendue par une philosophie, une philosophie que nous connaissons bien, une philosophie du XVIIIe et du XIXe siècle. Il s’agit de la théorie de la civilisation et de la barbarie. Tout cela était parfaitement académique, tout cela était révolu et s’il y avait un retard en France au point de vue culturel, ce retard se manifestait précisément par l’absence ou l’insuffisance de l’ethnologie ou de l’ethnographie. Or, l’idée du peuple et l’idée de l’humanité qu’on avait en France faisaient oublier ce détail à mes yeux très important. Il y avait de la générosité et aussi de la généralité, mais le particulier, la spécificité, tout cela était oublié. Et si vous parlez de choses spécifiques, vous risquez fort de retomber dans la classification, vous risquez fort de retomber dans la catégorie des sauvages. Eh bien, un grand progrès a été fait dans le développement de l’ethnographie qui ne parle pas d’un peuple, mais « des » peuples. Chaque peuple a sa culture, chaque peuple a sa civilisation, tout cela est à prendre en compte et nous amène à une conception différente du monde. Pour ma part, j’en suis persuadé, les Européens, les Asiatiques ont leur civilisation, les Américains ont leur civilisation. Il faut les réunir toutes, être conscient des différences qui existent entre elles pour mieux les développer et, en même temps, parallèlement, un grand effort doit être fait pour unir ces spécificités dans un phénomène nouveau. A ce moment-là et à ce moment-là seulement, on parlera de « LA » civilisation. Jusque-là, il n’y avait que « des » civilisations, « des » cultures. Mais encore faut-il les élargir, c’est ainsi que nous serons dans un monde nouveau.</p>
<p><strong>M. Paul Vergès : </strong>Quand nous regardons les statistiques de l’ONU, nous voyons que tous ces peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine vont représenter dans quelques décennies 85 % de l’humanité ; 85 % ! Et en même temps, on voit grandir la puissance économique, le rayonnement de ces pays, que ce soit la Chine, l’Inde, ou le Brésil. Cela veut dire que de notre point de vue, nous sommes au début d’une remise en cause générale dans le monde et pas simplement sur le plan de la démographie, pas simplement sur le plan de la puissance économique, mais aussi sur le plan de la reconnaissance des cultures et de leur égalité. C’est pourquoi, à La Réunion, nous avons un grand projet parce que notre population est d’origine très diversifiée : nous l’appelons la Maison des Civilisations et de l’U-ni-té Réunionnaise. Nous avons l’immodestie de croire que nous préfigurons le monde dans plusieurs siècles, c’est-à-dire non pas la négation des valeurs culturelles que porte l’autre, mais, au contraire, la prise de conscience que ces valeurs nous enrichissent par le partage que nous avons fait à La Réunion. Sur ce plan, je crois qu’on vit le début d’un siècle qui verra une remise en cause de toute la situation du monde et j’espère être optimiste quand je dis que nous allons vers la véritable égalité entre les peuples, à condition qu’ils luttent, à condition qu’ils se battent et, à ce moment-là, nous n’aurons pas la primauté d’une civilisation ou d’une culture sur l’autre, mais nous aurons la prise de conscience mondiale que l’échange nous a tous enrichis : ce sera la vraie civilisation.</p>
<p><strong>M. Aimé Césaire : </strong>Nous avons tous une particularité, une civilisation, une culture. Il y a des différences, mais il y aussi la ressemblance. Eh bien, il faut prendre conscience de sa différence, parce qu’on est ce que l’on est, et il faut prendre conscience également de la ressemblance et c’est dans cette ressemblance que, librement, chacun de son côté, doit garder sa spécificité, doit la sauver, car c’est une richesse. A ce moment-là, nous pouvons dire : oui, les différences sont là, elles sont énormes, elles sont précieuses, elles sont capitales pour la richesse générale, mais nous avons beau être différents, et c’est une bonne chose, nous sommes en même temps semblables. Tu es blanc, moi je suis noir, lui il est jaune, mais nous sommes tous des hommes. Embrassons-nous et montrons que, tout en étant très différents, nous sommes solidaires, bref, nous sommes frères. Le mot fraternité apparaît et, à ce moment-là, la formule prend toute sa vigueur. Liberté, égalité, fraternité, ce n’est pas entièrement suffisant pour l’Europe, mais c’est absolument insuffisant pour le reste du monde. Le mot fraternité était donc le mot, à mon avis, important.</p>
<h2>Le 19 mars 46,  date dans notre histoire comme le 20 décembre 1848</h2>
<p><strong>M. Paul Vergès : </strong>Sur ce point, notre vision est exactement la même. A La Réunion, nous disons au Gouvernement : ayez une vision historique de notre évolution ! Quand je regarde les conséquences matérielles, sociales de la loi du 19 mars, je me dis que cette loi a transformé la vie quotidienne infiniment plus que l’abolition de l’esclavage n’a transformé la situation matérielle des esclaves affranchis. Nous disons aussi que l’abolition de l’esclavage a été le fait de décisions prises à Paris avec Victor Schoelcher et transmises chez nous par le Commissaire de la République, Sarda Garriga. Cette libération est venue de l’extérieur, combinée aux luttes des esclaves marrons chez nous. Cette fois, la réforme du 19 mars 46 émanait de la demande de la population et elle a été exprimée par des hommes politiques de nos pays et nous disons qu’il y a là un changement considérable. En 1946, vous étiez les porte-parole de vos peuples avec les questionnements que vous aviez, mais c’est vous qui avez obtenu ce changement. C’est pourquoi, nous avons, nous, à La Réunion, une revendication : que le 19 mars 46 soit une date dans notre histoire au même titre que le 20 décembre 1848 qui célèbre l’abolition de l’esclavage. Car cette loi a transformé la vie de nos pays et elle permet aujourd’hui aux Réunionnais et aux jeunes, en particulier, de lutter pour compléter ces changements sociaux et matériels par la pleine reconnaissance de nos diversités culturelles. Ceci doit être reconnu par Paris et à ce moment-là, nous pourrons dire que la décolonisation aura été enfin réalisée.</p>
<p><strong>M. Aimé Césaire : </strong>Je suis entièrement d’accord. Il fallait partir de là, mais il faut savoir en même temps que tout n’y était pas. C’était un point de départ et non pas un point d’arrivée. Il fallait cela, mais aussi savoir et, dès le début, je le pressentais, qu’un moment viendrait où il faudrait encore dépasser ce droit. Ma conception à moi, ce n’est pas seulement la France, ce n’est pas seulement la Gaule, ce n’est pas seulement la Martinique, c’est le monde tout entier. Mais ce que nous avons découvert grâce au progrès de la science, grâce au progrès de l’ethnographie, c’est l’existence d’un monde, d’un monde différent, divers, mais complémentaire. Il faut prendre conscience de tout cela et nous ne devons pas voir dans l’autre simplement un homme à écraser, un homme à exploiter, un homme à tenir sous la botte. L’autre est un homme comme nous, un homme qui a les mêmes richesses possibles que nous, autrement dit, c’est un homme qui mérite le salut certainement, mais aussi le respect et la dignité.</p>
<h2><strong>Nous avons conscience aujourd’hui qu’un cycle est terminé</strong></h2>
<p><strong>M. Paul Vergès : </strong>Nous disons que le siècle qui commence est un siècle qui sera obligatoirement le siècle de l’égalité. C’est la reconnaissance, dans le monde entier, que n’importe quel être humain, quel que soit son lieu de naissance, quelle que soit son apparence, est l’égal de l’autre. C’est un vieux rêve et nous pensons que ce qu’on appelle le rapport de force aujourd’hui permettra de vivre ce moment. Et c’est à partir de là que nous pourrons connaître cette fraternité dont tu parles.</p>
<p><strong>M. Aimé Césaire : </strong>En tout cas, je suis frappé par le fait que finalement nous arrivons à des conclusions très proches l’une de l’autre. Le monde est en danger, mais le vieillard que je suis vous dit : eh bien, nous savons ce dont nous avons hérité, je sais ce que nous avons fait, Raymond Vergès et moi. Mais nous avons conscience aujourd’hui qu’un cycle est terminé, je vous passe le flambeau. Mais oui, un cycle est terminé, mais un autre cycle commence. Il faut tenir compte de tout cela et faire un monde nouveau, sans nier le passé. Mais il y a encore à faire, il y a encore de beaux jours pour l’Homme et merci aux Réunionnais de nous le rappeler aujourd’hui. Nous ne sommes rien, pas grand-chose. Nous sommes tout petits, nous n’avons rien, un rocher dans l’océan, mais ça ne fait rien. Nous savons aussi que, et chez vous et chez nous, comme dans l’empire russe, comme dans la France, comme en Amérique, nous savons qu’il y a quelque chose qui compte. L’important, c’est l’Homme. Voilà mon point de vue.</p>
<h2><strong>« Salut et fraternité »</strong></h2>
<p><strong>M. Paul Vergès :  </strong>Je dois remercier Aimé d’avoir accepté cette conversation à la veille de la célébration du 60ème anniversaire de la loi du 19 mars 1946. Je considère pour ma part qu’Aimé Césaire, Léopold Bissol, Raymond Vergès, Léon de Lépervanche, il y a 60 ans, dans une situation beaucoup plus complexe, prirent une décision de décolonisation qui s’est avérée globalement juste maintenant et qui ne s’est pas traduite par une accélération, une amplification de l’assimilation. Au contraire, elle a posé ce problème et le moment est venu aujourd’hui de le résoudre. Ceux qui sont inspirés par vos pensées sont chargés effectivement de compléter cette œuvre. Lorsqu’elle sera complétée d’une façon positive, on pourra déclarer que votre solution était une solution de décolonisation positive. Sur ce plan, je crois que les générations à venir ne seront jamais assez reconnaissantes pour ceux qui, dans une situation extrêmement compliquée, face à toutes sortes de contradictions, ont su trouver la solution juste pour permettre d’avancer. C’est pourquoi, au moment où on se quitte, je voudrais rappeler ce dont on rêvait, il y a quelques siècles. Quand les conventionnels se rencontraient, ils échangeaient les mots : « Salut et fraternité ». Je pense que ces deux choses sont décisives.</p>
<p><strong>M. Aimé Césaire : </strong>Vergès, merci ! J’ai toujours été très touché de cette amitié qui nous lie. C’est vrai, fraternité, c’est une réalité, merci.</p>
<p><strong>M. Paul Vergès : </strong>Au revoir et fraternité !</p>
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		<title>« L’accord » de sortie de crise ? Un aménagement de la misère !</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Mar 2012 14:37:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Après quelques jours d’agitation et de mouvements de mécontentement, un « accord » a été trouvé. Celui-ci s’est accompagné du plus grand scepticisme de la part de la population réunionnaise, comme l’ont montré les débats et les contributions. Ce scepticisme est apparu alors que cet accord n’a pas été totalement appliqué. La question qui se pose est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Après quelques jours d’agitation et de mouvements de mécontentement, un « accord » a été trouvé. Celui-ci s’est accompagné du plus grand scepticisme de la part de la population réunionnaise, comme l’ont montré les débats et les contributions. Ce scepticisme est apparu alors que cet accord n’a pas été totalement appliqué. La question qui se pose est donc de savoir ce qui va se passer, dans un avenir immédiat.</p></blockquote>
<p>Lors de la discussion du budget de l’outre-mer, au Sénat, dans mon intervention, j’avais attiré l’attention du gouvernement sur la rapide évolution de la situation outre-mer, une évolution qui n’allait pas dans un sens positif. J’avais également rappelé que, parmi tous les pays d’outre-mer, La Réunion était certainement le territoire le plus touché par la crise et que, tôt ou tard, des incidents allaient éclater.</p>
<h2><strong>Une répression génératrice de frustration et de colère</strong></h2>
<p>Ce qui s’est passé quelques mois plus tard. L’ampleur des manifestations, les réactions aux affrontements de ces 5 jours ont eu un retentissement important sur le plan national.</p>
<p>Les journaux, aussi différents que « Le Monde » ou « L’Humanité » s’en sont fait l’écho. Parmi les commentaires, ces propos parlent de « l’apartheid social » que connaît notre île. Autre point souligné : la dureté de la répression par les juges concernant ceux qui ont été qualifiés « d’émeutiers ».</p>
<p>Le pouvoir a donc réprimé ces désordres de manière très lourde. Et il a créé les conditions de la protestation : la répression sans commune mesure par rapport aux faits, aura pour conséquence, lors de la prochaine explosion sociale, de générer des actes plus violents que ceux commis durant ces 5 jours !</p>
<h2><strong>1.000 contrats dits aidés. Oui mais…</strong></h2>
<p>Pour tenter de calmer la colère des jeunes, le gouvernement vient de proposer 1.000 contrats dits aidés à destination de la jeunesse réunionnaise. Mais cela ne correspond pas aux attentes des jeunes. De plus, avant l’affectation de ces contrats, il est impératif que toute la transparence soit faite sur les 25.000 contrats déjà proposés à La Réunion.</p>
<p>C’est dans ce sens que nous avons demandé au Préfet de nous communiquer le bilan de ces emplois : où sont-ils passés ?  à qui ont-ils été distribués ? Ce sont là des questions qui exigent des réponses, la population réunionnaise étant en droit de savoir.</p>
<p>Par ailleurs, afin que toute la lumière soit faite et que l’attribution de ces contrats se fasse dans la plus grande transparence, parmi les propositions que nous avons formulées, il y a la création d’un comité composé de personnalités, d’élus, d’administrateurs, d’usagers potentiels etc. pour l’attribution de ces contrats, selon des critères établis préalablement.</p>
<p>Cela permettra d’enlever tout soupçon sur l’utilisation faite de ces contrats. D’autant plus que ce contingent de 1.000 contrats arrive – comme par hasard mais comme d’habitude &#8211; à quelques mois d’échéances importantes : élections présidentielle et législatives.</p>
<h2><strong>Un dangereux précédent</strong></h2>
<p>La situation créée à La Réunion a également eu un écho aux Antilles. Le Président du Conseil régional de Guadeloupe, Victorin Lurel, a fait une mise en garde contre le précédent contenu dans ces accords : en effet, la « sortie de crise », si l’on peut appeler ainsi cet accord, fait porter la totalité de l’effort sur les collectivités réunionnaises : Conseil régional et Conseil général. Ce sont eux qui paieront la facture. Et à travers eux, ce sont bien évidemment les Réunionnaises et les Réunionnais.</p>
<p>Cette participation financière de la Région et du Département de La Réunion à la conclusion de ces événements ouvre donc la voie à ce gouvernement pour qu’il applique cette même solution aux Antilles ou en Guyane.</p>
<p>Le LKP d’Elie Domota, s’est lui aussi interrogé sur les événements de La Réunion, en soulignant que le gouvernement, face aux mêmes facteurs (protestation contre la vie chère et l’absence d’emploi ou un pouvoir d’achat limité pour une grande partie de la population), a reproduit le même discours. Mais qui ne change rien au fond des problèmes. Alors, pourquoi le gouvernement s’obstine-t-il dans une voie qui mène à l’impasse ?</p>
<h2><strong>La question des salaires</strong></h2>
<p>Cette impasse, c’est celle d’un développement mis en place depuis 1946. Les conditions de vie à La Réunion étaient déplorables, la misère considérable. Mais le mot « chômage » n’existait pas.</p>
<p>La fonction publique ne comptait à cette époque que le gouverneur, les militaires, les fonctionnaires de justice et quelques autres services avec des traitements coloniaux sur-rémunérés. Sont arrivés ensuite d’autres fonctionnaires pour lesquels le gouvernement a mis en place le même statut : une « prime de vie chère » et d’autres dispositifs de sur rémunération. Ou des conditions particulières : trois années de travail outre-mer équivalent à 4 annuités pour la retraite! Avec, qui plus est, une retraite majorée de 35%. Ce qui représente un différentiel, à effectif égal et fonctions identiques, un surplus de 600 millions d’euros à La Réunion !</p>
<p>Trois autres éléments sont à souligner : Avant la loi de 1946, les responsables des services de l’Etat étaient des Réunionnais, après cette loi, il n’y a plus de Réunionnais à la tête de ces services et para-fonctionnaires ! En outre, la « prime de vie chère » mise en place par l’Etat varie, pour ses fonctionnaires, de 70% à 47%.  Enfin, dans certaines catégories professionnelles (banque, EDF, IEDOM, médecins etc.), la sur rémunération varie de 47% à 20% !</p>
<p>Rappelons que c’est le gouvernement qui est le principal responsable de la grille de revenus de ses employés et c’est le traitement qu’il leur verse qui génère une sur rémunération dans les secteurs publics ou para publics !</p>
<p>Par contre, le principe d’égalité sociale – qui devait s’appliquer dans les premières années après la loi de 1946 – ne s’est totalement opéré que … 50 ans plus tard. Rappelons l’exemple du FASSO : le gouvernement prélevait un montant sur les allocations familiales destinées aux familles réunionnaises afin d’alimenter les caisses des cantines scolaires !</p>
<h2><strong>La question des monopoles</strong></h2>
<p>L’une des revendications de ces 5 jours portait sur le coût du carburant. A La Réunion, chaque année, 25.000 nouvelles voitures viennent augmenter le parc automobile estimé aujourd’hui à 400.000 véhicules.  Ce « tout automobile » est la conséquence de la suppression du chemin de fer.</p>
<p>Et cela a entraîné La Réunion dans un système de monopole ou d’oligopoles, tant pour ce qui est de l’achat de véhicule, ou de l’approvisionnement en carburant qu’en achat de pièces détachées ou d’assurance etc.</p>
<p>L’apport financier venant de France métropolitaine a eu aussi pour conséquence la modification du tissu commercial : dans les années 50, on a vu apparaître les premières « moyennes surfaces ». Face à une demande – supposée ou créée artificiellement -, des groupes commerciaux se sont positionnés et se sont installés. A tel point, qu’aujourd’hui, toutes les villes ou presque ont leurs grandes surfaces et leur centre commercial, l’évolution de l’urbanisation ayant été également une cause de ces nombreuses implantations et facilitant leur attractivité. On va faire ses courses en voiture et les centres commerciaux proposent des grands parkings ! Conséquence de cette évolution : le petit commerce a fortement été touché.</p>
<p>Et qu’achète-t-on dans ces grandes surfaces ? Des produits importés. La Réunion est totalement dépendante de l’extérieur, notamment pour les produits alimentaires. On se souvient des conséquences de l’éruption du volcan d’Islande : les conditions météorologiques étaient telles qu’aucun avion ne pouvait décoller d’Europe, l’approvisionnement de l’île était « menacé » et le Préfet avait du organiser une conférence de presse pour tenter d’apaiser les inquiétudes !</p>
<h2><strong>La question du « développement endogène »</strong></h2>
<p>L’accord de « sortie de crise » épargne l’Etat financièrement mais fait tout supporter par les collectivités locales, Région et Département. C’est une application du principe répété par ce gouvernement « développement endogène » : autrement dit : « débrouillez-vous tout seul ».</p>
<p>La décision de la Région et du Département est lourde de conséquences : non seulement parce que cela crée un précédent, mais aussi parce que les Réunionnais sont pénalisés : l’Etat ayant refusé l’augmentation des prestations sociales (allocations ou retraites etc.), ou d’intervenir efficacement pour casser les monopoles, la situation reste la même et si les prix vont baisser, c’est en prélevant sur les fonds des collectivités, donc des Réunionnais.</p>
<p>Il s’agit là seulement d’un aménagement de la misère et les miettes glanées après ces 5 jours ne consoleront pas la population réunionnaise.</p>
<p>Pire : les mesures prises vont à l’encontre d’une amélioration de la situation. Comme lors des événements des Antilles, le gouvernement a agi dans la précipitation, tout en se satisfaisant d’une solution qui va priver les Réunionnais de toute possibilité d’investissement, les crédits versés aux baisses des prix sont autant d’argent qui ne serviront pas à la construction de logements, routes ou équipements …</p>
<p>Enfin, il convient de souligner l’attitude du Président de Région. Il impose sa solution : le versement des recettes d’octroi de mer non aux communes pour favoriser l’investissement, mais dans le fonds destiné à compenser les hausses de prix ou des prix trop élevés.</p>
<p>Cela est irresponsable. Non seulement parce que le droit français interdit toute tutelle d’une collectivité sur une autre – et dans ce cas, la Région veut imposer sa tutelle aux mairies -, mais aussi parce que ces sommes ne pourront servir à la création d’activité et d’emplois, par des chantiers etc.</p>
<p>Devant l’accueil réservé des maires à la proposition d’une réaffectation des recettes d’octroi de mer, le Président de Région a brandi une menace ; l’application d’un taux zéro d’octroi de mer. Ce qui signifie l’effondrement total des recettes et l’impossibilité pour les élus municipaux de prévoir un budget tant pour 2012 que pour 2013 !</p>
<h2><strong>Quelles solutions ?</strong></h2>
<p>Le système départemental d’intégration a donc épuisé tous ses moyens pour permettre le développement de La Réunion. Sauf peut-être à appliquer une majoration de 53% à tous les revenus et prestations servis à La Réunion !</p>
<p>Aujourd’hui, on voit de plus en plus apparaître des exaspérations, dans le courrier des lecteurs des quotidiens, comme ce texte intitulé « l’infamie de la sur rémunération ». Cette exaspération constante et grandissante va provoquer, tôt ou tard, l’explosion du système.</p>
<p>Il nous faut donc imaginer d’autres solutions. Aujourd’hui, les « départementalistes » d’hier nous parlent d’une « rupture » à réaliser dans le développement. Mais qu’entendent-ils par « rupture » ? Où sont leurs propositions concrètes ? Quelles sont leurs « solutions radicales » ?</p>
<p>Depuis 1992, le PCR a proposé des solutions permettant à la fois de préserver les avantages acquis et de commencer à appliquer plus d’équité sociale dans les revenus. Il ne saurait être question d’une suppression unilatérale du dispositif. Il ne saurait non plus être question de tout laisser en l’état.</p>
<p>Il y a des alternatives et des solutions crédibles et réalistes. C’est ce que nous avions proposé, par la création d’un fonds d’épargne, adossé soit à la rémunération avec des taux d’intérêts progressifs.</p>
<p>Les événements de ces derniers jours ont donc mis cette question de la cohésion sociale au devant de la scène ; et au cœur de cette cohésion sociale, figure, bien évidemment, la question des revenus.</p>
<p>Il nous faut préserver cette cohésion sociale. Il  appartient aux élus de le faire. Encore faudrait-il qu’ils se gardent de courir à la préfecture pour y proposer des solutions qui n’en sont pas, tout en se félicitant de l’action du gouvernement (les 1.000 contrats aidés), alors que ce même gouvernement a apporté sa contribution financière en Guadeloupe, en Martinique ou à Mayotte… Et qu’il n’a pas eu à le faire à La Réunion !</p>
<p>La situation à La Réunion aujourd’hui n’est pas satisfaisante, loin de là. Les problèmes persistent. Aucune solution pérenne n’a été avancée. Ainsi, au lendemain du 6 mai, date du 2<sup>e</sup> tour de l’élection présidentielle, le nouveau Chef de l’Etat et son équipe auront à gérer la situation et à prendre leurs responsabilités.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Contre la vie chère, 200 euros, tout de suite,  pour les plus pauvres</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Feb 2012 14:48:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Confirmant l’analyse déployée par le Parti Communiste Réunionnais depuis de longues années déjà, les événements de ces derniers jours, à La Réunion, illustrent la situation dramatique dans laquelle vivent des milliers de Réunionnaises et de Réunionnais. Il y a une urgence sociale extrême, à laquelle doivent être apportées des réponses urgentes. Ces réponses urgentes sont nécessaires. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Confirmant l’analyse déployée par le Parti Communiste Réunionnais depuis de longues années déjà, les événements de ces derniers jours, à La Réunion, illustrent la situation dramatique dans laquelle vivent des milliers de Réunionnaises et de Réunionnais.</p></blockquote>
<p>Il y a une urgence sociale extrême, à laquelle doivent être apportées des réponses urgentes.</p>
<p>Ces réponses urgentes sont nécessaires. Mais elles ne sauraient remplacer des mesures s’inscrivant sur le long terme, et prenant en compte les difficultés structurelles de La Réunion.</p>
<p>Aucune tergiversation ne peut être admise : c’est la cohésion de la société réunionnaise qui est en jeu.</p>
<p>C’est dans cette logique que s’inscrit le communiqué du Parti Communiste Réunionnais, demandant des mesures urgentes pour répondre à la détresse, mais aussi des dispositifs visant à répondre à la problématique de la cherté de la vie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;">Communiqué du Parti Communiste Réunionnais</span></strong></p>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p align="center"><strong>Contre la vie chère, </strong></p>
<p align="center"><strong>200 euros, tout de suite, </strong></p>
<p align="center"><strong>pour les plus pauvres</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les manifestations de ces derniers jours expriment l’extrême gravité de la situation : plus de 120 000 chômeurs dont 60% de jeunes de moins de 25 ans,  25 000 foyers en attente d’un logement,  50% de la population sous le seuil national de pauvreté, le coût de la vie élevé, etc.</p>
<p>Ces réalités confirment que sans un grand changement, l’impasse est totale.</p>
<p>Les revendications actuelles sur la question des prix et du pouvoir d’achat nécessitent une remise en cause de tout le fonctionnement de l’économie et de la société réunionnaises.</p>
<p>Mais l’urgence sociale commande des mesures immédiates.</p>
<p>Comme lors des évènements de Guadeloupe en 2009 qui avaient abouti à la création d’une prime, une mesure concrète doit être prise en faveur des plus pauvres d’entre nous.</p>
<p>Dans cet esprit, le Parti Communiste Réunionnais demande à l’Etat d’attribuer aux plus pauvres <strong>une prime de vie chère de 200 euros durant 4 mois, à partir du 1<sup>er</sup> Mars 2012.</strong></p>
<p>Ce délai devra être mis à profit pour l’élaboration de solutions durables à ce problème crucial des prix, des revenus, du pouvoir d’achat, sans oublier les priorités de l’emploi de du logement, dans le cadre d’un projet global de développement.</p>
<p align="right"><strong>Bureau de Presse du PCR, Le Port, le 23.02.2012</strong></p>
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		<title>Une règle fondamentale : le respect des principes et des engagements !</title>
		<link>http://blog.paulverges.fr/que-faire/une-regle-fondamentale-le-respect-des-principes-et-des-engagements</link>
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		<pubDate>Thu, 23 Feb 2012 14:44:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Quels que soient les problèmes posés, sur le plan économique, social, politique, ils répondent à des principes intangibles que l’on doit respecter. Certains de ces principes ont été rappelés lors du congrès du Parti Communiste Réunionnais, le 19 février dernier à Sainte-Suzanne.  L’adhésion au Parti Communiste Réunionnais implique obligatoirement le respect de ces principes. Cela [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Quels que soient les problèmes posés, sur le plan économique, social, politique, ils répondent à des principes intangibles que l’on doit respecter. </em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Certains de ces principes ont été rappelés lors du congrès du Parti Communiste Réunionnais, le 19 février dernier à Sainte-Suzanne.  </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’adhésion au Parti Communiste Réunionnais implique obligatoirement le respect de ces principes. Cela concerne donc la désignation des candidats par le Parti Communiste Réunionnais, quelle que soit l’élection. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dans ce cadre, pour les élections législatives des 10 et 17 juin, dans la deuxième circonscription, force est de constater que la position tenue par la Députée Maire de Saint-Paul, Huguette Bello, n’est pas en adéquation avec les principes approuvés par les militants communistes. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Secrétariat du Parti Communiste Réunionnais a pris acte de cette position, et a publié le communiqué ci-dessous : </em></p>
<h2 style="text-align: justify;" align="center"><strong>Communiqué du Parti Communiste Réunionnais.</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Huguette Bello a toujours été élue Conseillère Municipale, Conseillère Générale, Maire, Députée avec le soutien du Parti Communiste Réunionnais dont elle est membre.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis quelque temps, elle s’oppose ouvertement aux positions du PCR alors qu’elle est systématiquement absente aux instances de décisions du Parti, instances où elle s’est fait élire lors des derniers Congrès. Citons quelques exemples.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">1- Les élections Régionales de 2010. </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Elle déclare ouvertement qu’elle n’a pas appelé à voter pour la liste conduite par Paul Vergès au premier tour. « <strong>Vous m’avez déjà entendu appeler à voter pour quelqu’un depuis le début de cette campagne ?</strong> »(Jir du 18 mars 2010)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">2-Les élections Cantonales.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Alors que le mot d’ordre du PCR était de renforcer la majorité départementale sortante à laquelle faisaient partie les Vices Présidents, J.Yves Langenier et Roland Robert, Huguette Bello déclare, en pleine campagne du 2<sup>e</sup> tour : « <strong>C’est une majorité</strong> que <strong>je combats</strong> » (Q. 19 mars 2011), désarmant ainsi les électrices et électeurs des Cantons où les candidats communistes étaient en ballotage.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">3- Les élections Sénatoriales 2010.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le Comité Central du Parti demande à la Députée-Maire de St Paul de proposer une candidate à mettre sur notre liste. Elle refuse de le faire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">4- Les élections municipales partielles de Sainte Suzanne.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au moment où le Parti demande à Yolande Pausé de prendre la tête des démissions des élus pour rendre la parole au peuple afin qu’il désigne son maire, en réparation et en solidarité avec Maurice Gironcel injustement frappé, Huguette Bello accuse publiquement la direction du Parti de faire violence aux femmes.</p>
<h2 style="text-align: left;"><strong>L’erreur du Parti est certainement d’avoir fait preuve de trop de mansuétude  devant ces agressions répétées dont il était l’objet.</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Cependant, le Parti a quand même voulu offrir à la députée sortante la possibilité d’être à nouveau réélue. Elle est Députée sortante dans 2 circonscriptions (2<sup>e</sup> et 7<sup>e</sup>) puisque la commune de St Paul, dont elle maire, est à cheval sur les 2 circonscriptions. Toutes les sections de la 7<sup>e </sup>(exceptée celle de St Paul), de St Louis à St Leu,  lui ont fait part du même choix et de la même volonté de la faire réélire. C’est pourquoi lors de la désignation des candidats aux législatives de 2012, le PCR lui a proposé de porter le drapeau du Parti dans la 7<sup>e</sup>  circonscription qui comprend une partie de St Paul jusqu’à Saint Louis-centre. Elle dispose-là de toutes les chances  d’être réélue, contribuant ainsi à assurer un député supplémentaire au Parti. Le PCR s’est engagé à être uni et déterminé à ses côtés.</p>
<h2 style="text-align: left;"><strong>Cette désignation et cet engagement ont été pris à l’unanimité des 1500 délégués présents à la Conférence extraordinaire qui vient de se tenir le 19 février à Saint Suzanne.</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, Huguette Bello refuse cette proposition. Elle se positionne dans la circonscription (Le PORT, la Possession et une partie de St Paul) où 2 maires PCR ont depuis longtemps une très forte influence, largement majoritaire dans cette circonscription. De surcroît, ces 2 maires ont été déjà désignés comme candidats de cette circonscription.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette décision unilatérale et personnelle est contraire à la stratégie du Parti qui consiste à mobiliser les maires communistes à se déployer dans toutes les circonscriptions afin d’obtenir le maximum de voix et de postes de député.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois de plus, Huguette Bello va à l’encontre de ce que propose le Parti, suivant les propositions des sections. Celui-ci en prend acte. Il est vrai que rien n’oblige une personne de suivre les décisions du Parti sauf l’engagement moral de la personne qui se réclame de cette organisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors, ne pas respecter cet engagement place de facto cette personne en dehors de l’organisation. C’est ainsi que le PCR interprète la décision de Huguette Bello de s’opposer aux décisions du Parti qui, quoiqu’elle puisse dire, lui garantissait sa réélection et l’occasion de contribuer au renforcement et rayonnement du Parti qui a grandement contribué à sa réussite personnelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Parti confirme donc ses candidats tels que désignés lors de la Conférence extra ordinaire du 19 février. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il appelle les sections communistes composant la 7<sup>e</sup> circonscription à lui faire leurs nouvelles propositions de candidatures.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il demande aux communistes de St Paul de s’organiser sans tarder afin de bâtir dans cette ville une nouvelle section communiste partageant nos valeurs et nos principes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="right"><strong> Le PORT, le 21 février 2012, le Secrétariat du PCR</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="right"><strong>Pr le secrétariat, </strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="right"><strong>Elie HOARAU, Secrétaire Général.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		<title>Carburants : l’illustration des contradictions réunionnaises</title>
		<link>http://blog.paulverges.fr/que-faire/carburants-l%e2%80%99illustration-des-contradictions-reunionnaises</link>
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		<pubDate>Sat, 18 Feb 2012 14:05:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Ces derniers jours ont été marqués par quelques événements qui soulignent les contradictions de notre société. En premier lieu, il s’agit de l’éternelle question du coût du carburant. Quels enseignements peut-on tirer de la mobilisation des 13 et 14 février, pour la baisse des prix du carburant de 25 centimes ? Pendant deux jours, un mouvement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Ces derniers jours ont été marqués par quelques événements qui soulignent les contradictions de notre société. En premier lieu, il s’agit de l’éternelle question du coût du carburant. Quels enseignements peut-on tirer de la mobilisation des 13 et 14 février, pour la baisse des prix du carburant de 25 centimes ?</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong>Pendant deux jours, un mouvement de protestation a paralysé la vie des Réunionnais. L’origine de ce mécontentement repose sur le coût du litre de carburant, essence et gasoil.</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier élément que l’on peut souligner est l’incapacité des autorités à répondre aux attentes, des  transporteurs, des agriculteurs, des artisans ou des milliers de Réunionnais, usagers de la route, chaque jour. D’autant plus que ce n’est pas la première fois que cette question du coût des carburant déclenche de vives réactions. Chacun se souvient des événements de 2008, et le blocage sur près d’une semaine, du trafic par les professionnels de la route.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la comparaison s’arrête là. En effet, en 2008, si la question du coût des carburants avait été posée, peu de place avait été donnée à des solutions sur du long terme et notamment sur la place faite aux énergies fossiles et l’absence de prise en compte des énergies renouvelables.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2012, force est de constater qu’il y a une réelle prise de conscience de la population sur la question des énergies fossiles, et que leur utilisation non maîtrisée a des conséquences graves et des impacts durables.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Prise de conscience</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Bien des Réunionnais ont été agacés par le fait d’attendre, de longues heures, au soleil, dans les embouteillages. Mais cette gêne s’est accompagnée de solidarité envers ceux qui avaient érigé des barrages.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les commentaires, sur les ondes ou dans les journaux, sont apparues des réflexions soulignant que l’on est aujourd’hui, arrivés à la fin d’une période :  celle de l’énergie fossile.  Non seulement à cause de la raréfaction de la ressource, mais aussi par les impacts découlant de son utilisation. La question des coûts, toujours en augmentation, n’étant qu’un élément supplémentaire de ce phénomène.</p>
<p style="text-align: justify;">Chacun se rappelle de quelle manière avait été accueilli le mot d’ordre d’autonomie énergétique, lancé à l’UNESCO en 1998. Ce qui avait alors été qualifié d’utopie est aujourd’hui repris – et partagé – par tous, citoyens consommateurs, élus et décideurs, y compris par … l’actuel Président de la République, en visite à La Réunion en 2011.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Utiliser des énergies propres</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Cette adhésion au concept ne s’est pourtant pas traduite dans les faits par des gestes politiques d’accompagnement de la démarche : les orientations politiques différentes,  sur le plan national et régional, ont conduit à des stratégies qui ont stoppé tous les projets qui auraient permis d’atteindre l’autonomie énergétique. Nous rappelons aujourd’hui que nous pouvons atteindre cet objectif d’ici une quinzaine d’années, à l’horizon 2025.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette question d’autonomie énergétique de La Réunion est d’ailleurs l’une des propositions que nous formulons et sur lesquelles les candidats à l’élection présidentielle devront se prononcer.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque nous étions en exercice à la Région, nous avons mis en place des actions visant d’une part à limiter la consommation d’énergie fossile et d’autre part, à favoriser l’émergence des énergies propres.</p>
<p style="text-align: justify;">En cela, La Réunion offre des atouts importants : le soleil, avec le photovoltaïque ou le chauffe-eau solaire ; le vent pour l’éolien ; la mer, avec l’énergie thermique des mers, la houle, les vagues etc. ; le volcan avec la géothermie ; la valorisation des résidus agricoles avec la biomasse…</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, dans un territoire aussi étroit que le nôtre, nous possédons des ressources énergétiques qui peuvent répondre aux problèmes actuels et à venir.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Quelle transparence des prix du carburant ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Toujours est-il que cela ne doit pas nous faire oublier une question tout aussi fondamentale : comment se forment les prix des carburants ? Malgré les travaux de l’Observatoire des prix et des revenus, force est de constater que la transparence n’est pas de mise, notamment pour ce qui concerne le prix CAF  (coût, assurance, fret), c’est-à-dire le prix auquel la SRPP achète sur le marché de Singapour.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est à cette seule condition  &#8211; la transparence absolue sur la formation des prix, dès l’acte d’achat – que l’opinion s’appropriera ce problème.  Les Réunionnais doivent obtenir la clarté sur les prix à la base.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est tout aussi indispensable que la population réunionnaise soit régulièrement informée de l’avancement des négociations et des discussions autour de cette question.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est seulement lorsqu’on aura la transparence des prix du carburant, non seulement à son arrivée à La Réunion, que l’on  verra quels sont les efforts que peuvent fournir chaque acteur de la filière pétrolière et gazière.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Un débat pour quoi ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Les propositions formulées par le pouvoir central d’un grand débat sur quatre mois pourrait être une idée intéressante. A la condition sine qua non que ce soit l’ensemble du problème qui soit posé : bien évidemment, la formation des prix du carburant, mais aussi les solutions alternatives qui existent.</p>
<p style="text-align: justify;">En tout état de cause, ce débat devra obligatoirement intégrer la question des énergies renouvelables, de leur production, de leur utilisation. Donc la question de l’autonomie énergétique de La Réunion.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette question de l’énergie nous concerne tous : que l’on soit professionnel de la route, transporteurs routiers, chauffeurs de bus, taxiteurs, mais aussi artisans, agriculteurs et automobilistes. Tout le monde est concerné par la hausse du prix des carburants.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une question que l’on se pose aujourd’hui, et que, obligatoirement, on se posera demain. Les jeunes Réunionnais ont déjà été sensibilisés à cette question, les  écoliers, collégiens, lycéens et étudiants n’ont pu se rendre en cours, lundi et mardi, faute de transports individuels et scolaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre enseignement que l’on peut tirer de ces événements, c’est qu’une fois de plus, les responsables politiques ont fait preuve d’une méconnaissance du problème, certains même s’en sont fort peu préoccupés.</p>
<p style="text-align: justify;">L’idée a été lancée de créer un fonds permettant de réduire le prix de la bouteille de gaz.  Ce fonds est alimenté par les Réunionnais eux-mêmes. Ce sont donc eux qui financent la réduction du prix.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>4 mois de délai ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>En outre, les tensions sur les carburants ont mis en exergue la limite du pouvoir du préfet.  Celui-ci a déclaré que ni lui, ni l’Etat ne pouvaient contrôler le prix du pétrole. Mais c’est pourtant bien lui qui fixe le prix du carburant à La Réunion.</p>
<p style="text-align: justify;">Le représentant de l’Etat nous a expliqué que, pour baisser de 25 centimes le prix du litre de carburant, il faudrait prendre en compte l’itinéraire de la filière, depuis le lieu d’achat, Singapour jusqu’à son arrivée à La Réunion.</p>
<p style="text-align: justify;">De fait, si l’État ne peut pas contrôler les prix, c’est donc à La Réunion de trouver des sources pour pouvoir diminuer le prix de l’essence.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est le sens de la démarche engagée par les collectivités locales : le Conseil régional, le Conseil Général et les communes. Ce sont elles qui  ont annoncé qu’elles étaient prêtes à payer la différence. A titre provisoire, bien évidemment.</p>
<p style="text-align: justify;">Or cette situation risque de devenir récurrente, car dès le moment où l’on a dit qu’il y a une solution, à savoir une contribution des collectivités, il faudra qu’elles continuer à alimenter ce fond lors de chaque hausse des prix du carburant et du gaz.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela peut-il perdurer ? Chacun sait bien que le coût du pétrole ne baissera pas, mais que, au contraire, il va connaître une hausse. Certains annoncent déjà un coût du litre d’essence à la pompe à 2 euros !</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Une vraie solution durable</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Ainsi, face à la hausse constante et inexorable du pétrole, les collectivités devront continuer à abonder le fond et in fine, ce seront les contribuables qui paieront.</p>
<p style="text-align: justify;">Il convient également de souligner un élément : ce délai de 4 mois demandé par le préfet avant l’organisation de ce fameux débat public.</p>
<p style="text-align: justify;">A quoi serviront ces 4 mois ? C’est le préfet lui-même qui donne la réponse : obtenir le coût d’achat du pétrole à Singapour ! Une position qui ne peut que surprendre et agacer. La question du coût du carburant à La Réunion a fait l’objet de nombreux rapports et l’un d’eux mettait en évidence le flou entourant ce prix d’achat, soulignant qu’il était nécessaire d’avoir ces chiffres pour comprendre les mécanismes de formation et des prix et pouvoir intervenir au niveau le plus pertinent de sa constitution.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Une urgence non urgente ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Autre paradoxe à souligner : le représentant de l’Etat répète inlassablement que la situation économique et sociale de La Réunion demande des réactions rapides et efficaces, cela est vrai pour cette question  du prix des carburants.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors pourquoi attendre 4 mois ?  Un délai déraisonnable et surtout inadmissible pour pouvoir avoir communication des prix par les pétroliers. Mais dans 4 mois, on sera en juin. Et cela  coïncide étonnamment avec les rendez-vous électoraux de cette année : élections présidentielle et législatives.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, attendre, c’est faire perdre du temps, et faire gagner des bénéfices aux sociétés pétrolières.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a là une curieuse analyse de la situation. En effet, nous n’avons aucune garantie que, durant ces 4 mois, le pétrole n’augmente pas. Pas plus que nous n’avons de garantie sur une parité euro / dollar qui nous soit favorable.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors, compte tenu des événements internationaux et surtout des impacts de la crise, il y a lieu de craindre des augmentations du coût du baril.</p>
<p style="text-align: justify;">Et mécaniquement, la hausse du cours du pétrole aura des conséquences sur toute l’économie, non seulement sur le prix du litre à la pompe, mais sur l’ensemble des biens de consommation. L’augmentation du prix du pétrole va provoquer une hausse du prix du transport, donc un renchérissement du coût de vente de toutes les denrées, qu’elles soient alimentaires ou autres.</p>
<h2 style="text-align: left;"><strong>Généralisation du mécontentement ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Dans une situation économique déjà très fragile pour plus de la moitié de la population réunionnaise, toute hausse sur des produits de consommation courante et de première nécessité aura irrémédiablement des conséquences désastreuses.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’est pas inutile non plus de rappeler que les motivations des grèves en Guadeloupe, en 2009 et à Mayotte en 2011 ont été des hausses de prix exorbitantes. Et celles-ci n’ont pu être assumées par une immense partie des consommateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Les problèmes économiques, sociaux et politique de La Réunion vont être abordés lors des campagnes électorales ; cette crise est une nouvelle illustration de la fragilité du système économique réunionnais, ou plus exactement, de son inefficacité. C’est donc tout un système qu’il faut changer. Et pendant ce temps, la crise ne s’arrêtera pas, mais, va plutôt s’aggraver.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Voiture ou tram train ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Cette aggravation pourrait durer encore quelques années. Et pendant ces années, 25.000 nouvelles voitures par an arriveront à La Réunion. Cela va provoquer de nouvelles tensions sur le marché des carburants, en termes d’approvisionnement, de coût etc. C’est aussi en termes de pollution que la question va se poser.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’échelon européen, des initiatives ont été prises, pour favoriser, dans le secteur des transports en commun, les moyens ferroviaires. Récemment, le gouvernement a annoncé mobiliser les aides pour l’utilisation de véhicules propres.</p>
<p style="text-align: justify;">Le  Tram Train était le moyen écologique, économique et accessible à tous. Chacun sait que ce projet a été abandonné par la nouvelle présidence de la Région. Une décision que les Réunionnais paieront doublement : d’une part, à cause des indemnités d’annulation demandées par le groupement pressenti pour sa construction, d’autre part, parce que, en l’absence de possibilité de déplacement collectif, les jeunes, les étudiants, les sans emplois etc. sont pénalisés dans leurs déplacements.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Fin d’une période</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Cette situation ne peut plus durer. Chaque Réunionnaise et chaque Réunionnais doit prendre conscience que nous sommes arrivés à la fin d’une période, celle des énergies fossiles. Chaque responsable politique doit réfléchir aux réponses qu’il peut apporter pour sortir La Réunion de la crise.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pour la protéger. Giovanna nous a épargnés et a provoqué des désastres humains et matériels considérables à Madagascar. Ce n’est pas être visionnaire que de dire qu’un phénomène extrême pourrait dévaster l’île, c’est mathématique. Et nous n’avons pas besoin de ça avec la crise.</p>
<p style="text-align: justify;">Que font les responsables politiques pour mettre les humains et les biens à l’abri des dégâts que causerait le passage d’un cyclone ? Dégâts qui viendraient essentiellement de l’eau. Une eau, qui, d’ailleurs, manque cruellement dans le Sud qui vit une sécheresse importante, malgré les dernières pluies apportées par Giovanna. Il faut prendre des mesures d’adaptation et de précaution.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce ne sont plus seulement des préconisations, mais des obligations juridiques. Mais, à La Réunion, on prend le chemin de l’insouciance. Ou de l’inconscience, comme avec ce projet de construire une route de six voies dans la mer.</p>
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		<title>Quel parti, en France comme outre-mer, peut-il se vanter d’avoir une influence comparable à celle du PCR ?</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 15:06:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Quoi que puissent en penser certains, l’influence du Parti Communiste Réunionnais est toujours là, même si elle a été remise en cause, non par ses adversaires, mais de l’intérieur même. Pour comprendre ces événements, il est utile de se référer au passé. La société réunionnaise a longtemps été marquée par le joug colonial. La population [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Quoi que puissent en penser certains, l’influence du Parti Communiste Réunionnais est toujours là, même si elle a été remise en cause, non par ses adversaires, mais de l’intérieur même. Pour comprendre ces événements, il est utile de se référer au passé.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">La société réunionnaise a longtemps été marquée par le joug colonial. La population était composée par un groupe dominant dirigé par des patrons d’usines sucrières, de gros propriétaires fonciers et de grands commerçants, de façon numériquement minoritaire. Mais l’écrasante part de sa population était les salariés et les travailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1946, l’île comptait une population de 250.000 habitants, et une vraie classe ouvrière : celle des cheminots, avec le train ralliant Saint-Pierre à Saint-Benoît, celle des dockers, des travailleurs des 14 usines sucrières, des milliers d’ouvriers agricoles et quelque 23.000 petits planteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Le chômage ne faisait alors pas partie du vocabulaire créole, car toute la population avait un emploi ou une activité. Cette population de travailleurs était organisée, regroupée dans des syndicats ou structures ; les conditions de vie, extrêmement difficiles, ont renforcé leur combattivité.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, quelle est la situation ? Le nombre de dockers a été divisé par quatre, la corporation des cheminots a disparu, les ouvriers des usines sont moins nombreux, (sur 14 usines, il n’en reste que 2). Il n’y a guère plus d’ouvriers agricoles, à cause notamment de la mécanisation. Et il ne reste que 5.000 petits planteurs. Et le secteur du bâtiment est durement touché par le chômage.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Une crise structurelle aggravée par la situation mondiale</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">En 2012, le tiers de la population réunionnaise survit par les minima sociaux ; la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Il n’y a pas de syndicats de RMIstes, d’illettrés ou de chômeurs. C’est-à-dire que les composantes sociales qui composaient jusque-là l’essentiel des forces des batailles à mener ont disparu.</p>
<p style="text-align: justify;">La question qui se pose est donc celle-ci : comment, dans la société réunionnaise de 2012, le PCR peut-il maintenir son influence ? C’est là l’énorme responsabilité des dirigeants du Parti. Sur cela, chacune et chacun doit mener sa réflexion personnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, à la crise économique et financière, sociale et politique que connaît la France – mais aussi l’Europe voire le monde – s’ajoute une crise plus profonde qui traverse La Réunion depuis des années : une crise structurelle.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est-à-dire que les bases mêmes de notre économie ne fonctionnent plus : comment un pays peut-il se développer alors que 60% de sa jeunesse est au chômage ? Ou que 120.000 personnes ne maîtrisent pas la lecture ou l’écriture ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le modèle de développement que l’on a connu jusque-là est arrivé à son terme.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien évidemment, cette crise mondiale et ses conséquences sur la situation économique, financière, sociale, culturelle etc. que connaît La Réunion ont des répercussions sur les partis politiques. Sur tous les partis politiques et le PCR n’en est pas exclu. Mais le PCR, tout en connaissant des difficultés, n’est pas dans une situation aussi grave que d’autres partis, qui voient, eux, leurs convictions et leur idéologie s’effondrer.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Effondrement des idéologies des partis</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">C’est par exemple le Président de Région, UMP, qui, au cours d’un entretien télévisé, proposait une vision de La Réunion très proche de … l’autonomie ! Quel renversement de situation ! Quel bouleversement profond pour ce parti qui, depuis plus de 50 ans, n’a eu de cesse de répéter que la solution pour La Réunion était l’assimilation et l’intégration totale à la France ! Cet effondrement de l’idéologie n’est pas seulement l’apanage de l’UMP, d’autres partis connaissent aussi cet état de fait.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut avoir conscience de la situation, dans sa globalité, pour voir un avenir, pour le dessiner et pour, dans le même temps, proposer un mot d’ordre immédiat. Car c’est cela le rôle d’un dirigeant politique : être à la fois visionnaire et donner une direction, tout en agissant au quotidien.</p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est cela qui manque à certaines personnalités politiques, aujourd’hui. Celles-ci se réfugient derrière une certaine légitimité, tirée de leur élection certes, mais elles appliquent cette légitimité « à leur fief ». C’est d’ailleurs un terme souvent repris par la presse lorsque ces mêmes élus connaissent quelques difficultés avec leur parti ; c’est aussi à cause de ces divergences que ces personnalités politiques sont mises en avant par la presse, sans qu’elles n’aient pour autant fait l’objet d’articles pour leurs propositions ou leur vision de l’avenir.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Gaz et carburant : de nouvelles contradictions sont nées</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">L’influence d’un parti peut se lire également à travers l’analyse des problèmes posés et des solutions préconisées. Les polémiques récurrentes autour du prix du carburant sont, à ce titre, très révélatrices.</p>
<p style="text-align: justify;">La Réunion compte 430.000 voitures. Donc au moins autant d’automobilistes. Mais ceux que l’on entend le plus souvent, ce sont les transporteurs. Si, au départ, ils avaient souhaité qu’une baisse de 25 centimes d’euros soit appliquée à tous les consommateurs – automobilistes comme professionnels de la route – force est de constater que cette revendication n’a pas tenu très longtemps.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que nous avons connu, lundi 6 février, est, à ce titre, très révélateur : la réunion prévue le matin n’a pas eu lieu, les professionnels ayant claqué la porte après une demi-heure. L’après-midi, en présence des Présidents des Conseils régional et général mais en l’absence des dirigeants de la SRPP, il y a eu un accord : une réduction sur le prix de la bouteille de gaz, celle-ci devant passer à 15 euros dans les deux mois.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet accord – qui concerne la totalité de la population réunionnaise – va impliquer des efforts de la part des deux collectivités, celles-ci s’étant engagées à supporter à part égale le différentiel de coût, estimé à 8 millions d’euros.</p>
<p style="text-align: justify;">Un deuxième accord a été signé : il ne concerne que les professionnels de la route qui ont pu obtenir une baisse de 5 centimes du prix du gasoil, ceci avant une prochaine réunion – à laquelle devraient participer les pétroliers -. Mais toujours est-il que cette baisse de 5 centimes ne concernera pas les 430.000 automobilistes réunionnais !</p>
<p style="text-align: justify;">Quelle sera la position des transporteurs ? S’ils ne veulent pas être isolés, ils devront obligatoirement faire preuve de solidarité avec les automobilistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette « avancée » dans le combat mené par les transporteurs est lourde de conséquences pour les collectivités. Celles-ci ont mis un doigt dans un engrenage. Car il est bien évident que le prix de la bouteille de gaz ne va pas baisser dans les mois à venir. Bien au contraire : comme l’affirment les analystes, tout laisse supposer que les cours vont augmenter. Il va donc falloir, en vertu de l’accord signé lundi, que les collectivités régionale et générale poursuivent leur effort financier durant encore des mois si ce n’est des années ! Et c’est l’introduction d’une nouvelle contradiction dans la société réunionnaise et son mode de fonctionnement et de développement.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Sainte-Suzanne : le point de départ d’une refondation du PCR</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">L’influence d’un parti peut également être appréciée à travers sa capacité à prendre des décisions politiques, à l’aube de certains rendez-vous. C’est ce qui s’est passé à Sainte-Suzanne.</p>
<p style="text-align: justify;">La direction du PCR a pris la décision de provoquer des élections anticipées, au vu du positionnement de certains acteurs, très souvent relayé par la presse. Si le PCR n’avait pas pris cette décision, la question évidente que l’on peut se poser est celle de savoir quelle aurait été l’attitude de ces acteurs, lors des prochaines échéances.</p>
<p style="text-align: justify;">La bataille a été gagnée, grâce aux militants du PCR, en fonction de l’attitude « de la base » du Parti, qui est restée fidèle à des principes, et ont condamné celles et ceux qui utilisent leur Parti à des fins personnelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela devrait, d’ailleurs, faire réfléchir d’autres responsables politiques de l’île, notamment sur la question de la légitimité des maires. Et la leçon est valable pour tous les élus réunionnais : les électeurs ne sont pas à leur service, c’est le contraire. Le peuple, toujours, dit sa volonté, et sanctionne lorsqu’il estime qu’il y a trahison.</p>
<p style="text-align: justify;">L’une des leçons à tirer de ce qui s’est passé à Sainte-Suzanne, c’est que la seule façon de forger un parti, c’est de ne pas éviter l’affrontement idéologique, et de s’appuyer sur des forces réelles et non supposées.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce sens, la question posée plus haut mérité réflexion : sur quelles forces peut-on aujourd’hui s’appuyer ? La plus grande force de La Réunion, c’est cette population privée d’emploi et vivant sous le seuil de pauvreté, mais c’est aussi la jeunesse.</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous appartient, dès lors, de créer les conditions pour créer de l’activité et du travail. Mais il nous appartient également de créer les conditions pour que la jeunesse puisse jouer un rôle politique et peser sur le développement de La Réunion dans les 15 ou 20 ans à venir. C’est autour de cette jeunesse que le PCR – et La Réunion &#8211; continueront à se développer, les autres forces venant en renfort. En aucun cas, cela ne peut être l’inverse.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Comme en 1946, les jeunes ont un rôle à jouer</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Ces jeunes vont avoir un rôle à jouer, tout aussi important que celui qu’avaient joué leurs aînés, en 1945, à travers toutes les batailles. Ces batailles avaient abouti à la loi de 1946. Aujourd’hui, le mode de développement généré par cette loi est arrivé à son terme. C’est donc aux jeunes d’impulser de nouvelles initiatives, de nouvelles solutions, adaptées à la situation de 2012 et à La Réunion de demain. C’est à eux de proposer un projet, en opposition à celui mis en avant par ceux qui se posent en défenseurs du statu quo.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce titre, la discussion, au Sénat, d’un projet de loi visant la résorption de la précarité dans la fonction publique est révélatrice. Alors que ce dossier permettait d’aborder la question des « journaliers communaux », il est symptomatique de constater l’absence des parlementaires réunionnais à cette discussion. J’ai été le seul à interpeller le gouvernement sur la situation de ces personnels, situation précaire s’il en est ; j’ai insisté sur le fait que ce projet de loi visait à l’unité de la fonction publique, et à l’égalité de traitement entre ces agents. Ces deux critères ne s’appliquent pas à ces journaliers communaux. Mais j’ai été le seul à poser le problème. Le gouvernement a considéré que l’outre-mer en général et La Réunion en particulier, étaient exclus du champ d’application de la loi. Ainsi, 66 ans après la loi de 1946 – qui promettait l’égalité de traitement entre l’outre-mer et la France – la situation dans la fonction publique est toujours aussi inégalitaire. Mais cela ne semble pas interpeller certains parlementaires !</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>L’influence d’un parti : Etre force de proposition</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Il y a aussi un autre domaine dans lequel on peut apprécier l’influence d’un parti. Celui de la responsabilité, de la volonté de prendre son destin en mains.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans moins de trois mois, se dérouleront les élections présidentielles, puis, un mois plus tard, les élections législatives. Ces mandats courront sur 5 ans. Peut-être sur 10 ans, la Constitution prévoyant la possibilité qu’un Président puisse prétendre à deux mandats à la tête de l’Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">La question que l’on doit avoir en tête est celle de savoir si nous sommes prêts à jouer un rôle moteur, comme nos aînés l’ont fait en 1946.  A partir de nos analyses, sur la situation mondiale, européenne, nationale et bien évidemment réunionnaise, nous avons à proposer un plan de développement à tous les candidats – ou presque – à l’élection présidentielle, en fixant nos objectifs à échéance de 5 et de 10 ans. Il s’agit de préparer La Réunion du million d’habitants tout en répondant aux nombreuses urgences sociales.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est donc le chantier auquel nous devons nous atteler, la rénovation de notre Parti se fera sur la base d’un effort idéologique, d’une analyse objective de la situation. C’est une responsabilité considérable que la nôtre : être artisan d’un nouveau destin pour La Réunion.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, La Réunion est à un tournant historique de son histoire. Le Parti Communiste Réunionnais également. Comme en 1946, ce sont en particulier les jeunes, les intellectuels, qui ont à prendre leur responsabilité. C’est une lourde responsabilité.</p>
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