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	<title>D&#039;une île au monde ...</title>
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	<description>Le Blog de Paul Vergès</description>
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		<title>Carburants : l’illustration des contradictions réunionnaises</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Feb 2012 14:05:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Ces derniers jours ont été marqués par quelques événements qui soulignent les contradictions de notre société. En premier lieu, il s’agit de l’éternelle question du coût du carburant. Quels enseignements peut-on tirer de la mobilisation des 13 et 14 février, pour la baisse des prix du carburant de 25 centimes ? Pendant deux jours, un mouvement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Ces derniers jours ont été marqués par quelques événements qui soulignent les contradictions de notre société. En premier lieu, il s’agit de l’éternelle question du coût du carburant. Quels enseignements peut-on tirer de la mobilisation des 13 et 14 février, pour la baisse des prix du carburant de 25 centimes ?</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong>Pendant deux jours, un mouvement de protestation a paralysé la vie des Réunionnais. L’origine de ce mécontentement repose sur le coût du litre de carburant, essence et gasoil.</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier élément que l’on peut souligner est l’incapacité des autorités à répondre aux attentes, des  transporteurs, des agriculteurs, des artisans ou des milliers de Réunionnais, usagers de la route, chaque jour. D’autant plus que ce n’est pas la première fois que cette question du coût des carburant déclenche de vives réactions. Chacun se souvient des événements de 2008, et le blocage sur près d’une semaine, du trafic par les professionnels de la route.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la comparaison s’arrête là. En effet, en 2008, si la question du coût des carburants avait été posée, peu de place avait été donnée à des solutions sur du long terme et notamment sur la place faite aux énergies fossiles et l’absence de prise en compte des énergies renouvelables.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2012, force est de constater qu’il y a une réelle prise de conscience de la population sur la question des énergies fossiles, et que leur utilisation non maîtrisée a des conséquences graves et des impacts durables.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Prise de conscience</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Bien des Réunionnais ont été agacés par le fait d’attendre, de longues heures, au soleil, dans les embouteillages. Mais cette gêne s’est accompagnée de solidarité envers ceux qui avaient érigé des barrages.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les commentaires, sur les ondes ou dans les journaux, sont apparues des réflexions soulignant que l’on est aujourd’hui, arrivés à la fin d’une période :  celle de l’énergie fossile.  Non seulement à cause de la raréfaction de la ressource, mais aussi par les impacts découlant de son utilisation. La question des coûts, toujours en augmentation, n’étant qu’un élément supplémentaire de ce phénomène.</p>
<p style="text-align: justify;">Chacun se rappelle de quelle manière avait été accueilli le mot d’ordre d’autonomie énergétique, lancé à l’UNESCO en 1998. Ce qui avait alors été qualifié d’utopie est aujourd’hui repris – et partagé – par tous, citoyens consommateurs, élus et décideurs, y compris par … l’actuel Président de la République, en visite à La Réunion en 2011.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Utiliser des énergies propres</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Cette adhésion au concept ne s’est pourtant pas traduite dans les faits par des gestes politiques d’accompagnement de la démarche : les orientations politiques différentes,  sur le plan national et régional, ont conduit à des stratégies qui ont stoppé tous les projets qui auraient permis d’atteindre l’autonomie énergétique. Nous rappelons aujourd’hui que nous pouvons atteindre cet objectif d’ici une quinzaine d’années, à l’horizon 2025.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette question d’autonomie énergétique de La Réunion est d’ailleurs l’une des propositions que nous formulons et sur lesquelles les candidats à l’élection présidentielle devront se prononcer.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque nous étions en exercice à la Région, nous avons mis en place des actions visant d’une part à limiter la consommation d’énergie fossile et d’autre part, à favoriser l’émergence des énergies propres.</p>
<p style="text-align: justify;">En cela, La Réunion offre des atouts importants : le soleil, avec le photovoltaïque ou le chauffe-eau solaire ; le vent pour l’éolien ; la mer, avec l’énergie thermique des mers, la houle, les vagues etc. ; le volcan avec la géothermie ; la valorisation des résidus agricoles avec la biomasse…</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, dans un territoire aussi étroit que le nôtre, nous possédons des ressources énergétiques qui peuvent répondre aux problèmes actuels et à venir.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Quelle transparence des prix du carburant ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Toujours est-il que cela ne doit pas nous faire oublier une question tout aussi fondamentale : comment se forment les prix des carburants ? Malgré les travaux de l’Observatoire des prix et des revenus, force est de constater que la transparence n’est pas de mise, notamment pour ce qui concerne le prix CAF  (coût, assurance, fret), c’est-à-dire le prix auquel la SRPP achète sur le marché de Singapour.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est à cette seule condition  &#8211; la transparence absolue sur la formation des prix, dès l’acte d’achat – que l’opinion s’appropriera ce problème.  Les Réunionnais doivent obtenir la clarté sur les prix à la base.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est tout aussi indispensable que la population réunionnaise soit régulièrement informée de l’avancement des négociations et des discussions autour de cette question.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est seulement lorsqu’on aura la transparence des prix du carburant, non seulement à son arrivée à La Réunion, que l’on  verra quels sont les efforts que peuvent fournir chaque acteur de la filière pétrolière et gazière.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Un débat pour quoi ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Les propositions formulées par le pouvoir central d’un grand débat sur quatre mois pourrait être une idée intéressante. A la condition sine qua non que ce soit l’ensemble du problème qui soit posé : bien évidemment, la formation des prix du carburant, mais aussi les solutions alternatives qui existent.</p>
<p style="text-align: justify;">En tout état de cause, ce débat devra obligatoirement intégrer la question des énergies renouvelables, de leur production, de leur utilisation. Donc la question de l’autonomie énergétique de La Réunion.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette question de l’énergie nous concerne tous : que l’on soit professionnel de la route, transporteurs routiers, chauffeurs de bus, taxiteurs, mais aussi artisans, agriculteurs et automobilistes. Tout le monde est concerné par la hausse du prix des carburants.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une question que l’on se pose aujourd’hui, et que, obligatoirement, on se posera demain. Les jeunes Réunionnais ont déjà été sensibilisés à cette question, les  écoliers, collégiens, lycéens et étudiants n’ont pu se rendre en cours, lundi et mardi, faute de transports individuels et scolaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre enseignement que l’on peut tirer de ces événements, c’est qu’une fois de plus, les responsables politiques ont fait preuve d’une méconnaissance du problème, certains même s’en sont fort peu préoccupés.</p>
<p style="text-align: justify;">L’idée a été lancée de créer un fonds permettant de réduire le prix de la bouteille de gaz.  Ce fonds est alimenté par les Réunionnais eux-mêmes. Ce sont donc eux qui financent la réduction du prix.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>4 mois de délai ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>En outre, les tensions sur les carburants ont mis en exergue la limite du pouvoir du préfet.  Celui-ci a déclaré que ni lui, ni l’Etat ne pouvaient contrôler le prix du pétrole. Mais c’est pourtant bien lui qui fixe le prix du carburant à La Réunion.</p>
<p style="text-align: justify;">Le représentant de l’Etat nous a expliqué que, pour baisser de 25 centimes le prix du litre de carburant, il faudrait prendre en compte l’itinéraire de la filière, depuis le lieu d’achat, Singapour jusqu’à son arrivée à La Réunion.</p>
<p style="text-align: justify;">De fait, si l’État ne peut pas contrôler les prix, c’est donc à La Réunion de trouver des sources pour pouvoir diminuer le prix de l’essence.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est le sens de la démarche engagée par les collectivités locales : le Conseil régional, le Conseil Général et les communes. Ce sont elles qui  ont annoncé qu’elles étaient prêtes à payer la différence. A titre provisoire, bien évidemment.</p>
<p style="text-align: justify;">Or cette situation risque de devenir récurrente, car dès le moment où l’on a dit qu’il y a une solution, à savoir une contribution des collectivités, il faudra qu’elles continuer à alimenter ce fond lors de chaque hausse des prix du carburant et du gaz.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela peut-il perdurer ? Chacun sait bien que le coût du pétrole ne baissera pas, mais que, au contraire, il va connaître une hausse. Certains annoncent déjà un coût du litre d’essence à la pompe à 2 euros !</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Une vraie solution durable</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Ainsi, face à la hausse constante et inexorable du pétrole, les collectivités devront continuer à abonder le fond et in fine, ce seront les contribuables qui paieront.</p>
<p style="text-align: justify;">Il convient également de souligner un élément : ce délai de 4 mois demandé par le préfet avant l’organisation de ce fameux débat public.</p>
<p style="text-align: justify;">A quoi serviront ces 4 mois ? C’est le préfet lui-même qui donne la réponse : obtenir le coût d’achat du pétrole à Singapour ! Une position qui ne peut que surprendre et agacer. La question du coût du carburant à La Réunion a fait l’objet de nombreux rapports et l’un d’eux mettait en évidence le flou entourant ce prix d’achat, soulignant qu’il était nécessaire d’avoir ces chiffres pour comprendre les mécanismes de formation et des prix et pouvoir intervenir au niveau le plus pertinent de sa constitution.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Une urgence non urgente ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Autre paradoxe à souligner : le représentant de l’Etat répète inlassablement que la situation économique et sociale de La Réunion demande des réactions rapides et efficaces, cela est vrai pour cette question  du prix des carburants.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors pourquoi attendre 4 mois ?  Un délai déraisonnable et surtout inadmissible pour pouvoir avoir communication des prix par les pétroliers. Mais dans 4 mois, on sera en juin. Et cela  coïncide étonnamment avec les rendez-vous électoraux de cette année : élections présidentielle et législatives.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, attendre, c’est faire perdre du temps, et faire gagner des bénéfices aux sociétés pétrolières.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a là une curieuse analyse de la situation. En effet, nous n’avons aucune garantie que, durant ces 4 mois, le pétrole n’augmente pas. Pas plus que nous n’avons de garantie sur une parité euro / dollar qui nous soit favorable.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors, compte tenu des événements internationaux et surtout des impacts de la crise, il y a lieu de craindre des augmentations du coût du baril.</p>
<p style="text-align: justify;">Et mécaniquement, la hausse du cours du pétrole aura des conséquences sur toute l’économie, non seulement sur le prix du litre à la pompe, mais sur l’ensemble des biens de consommation. L’augmentation du prix du pétrole va provoquer une hausse du prix du transport, donc un renchérissement du coût de vente de toutes les denrées, qu’elles soient alimentaires ou autres.</p>
<h2 style="text-align: left;"><strong>Généralisation du mécontentement ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Dans une situation économique déjà très fragile pour plus de la moitié de la population réunionnaise, toute hausse sur des produits de consommation courante et de première nécessité aura irrémédiablement des conséquences désastreuses.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’est pas inutile non plus de rappeler que les motivations des grèves en Guadeloupe, en 2009 et à Mayotte en 2011 ont été des hausses de prix exorbitantes. Et celles-ci n’ont pu être assumées par une immense partie des consommateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Les problèmes économiques, sociaux et politique de La Réunion vont être abordés lors des campagnes électorales ; cette crise est une nouvelle illustration de la fragilité du système économique réunionnais, ou plus exactement, de son inefficacité. C’est donc tout un système qu’il faut changer. Et pendant ce temps, la crise ne s’arrêtera pas, mais, va plutôt s’aggraver.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Voiture ou tram train ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Cette aggravation pourrait durer encore quelques années. Et pendant ces années, 25.000 nouvelles voitures par an arriveront à La Réunion. Cela va provoquer de nouvelles tensions sur le marché des carburants, en termes d’approvisionnement, de coût etc. C’est aussi en termes de pollution que la question va se poser.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’échelon européen, des initiatives ont été prises, pour favoriser, dans le secteur des transports en commun, les moyens ferroviaires. Récemment, le gouvernement a annoncé mobiliser les aides pour l’utilisation de véhicules propres.</p>
<p style="text-align: justify;">Le  Tram Train était le moyen écologique, économique et accessible à tous. Chacun sait que ce projet a été abandonné par la nouvelle présidence de la Région. Une décision que les Réunionnais paieront doublement : d’une part, à cause des indemnités d’annulation demandées par le groupement pressenti pour sa construction, d’autre part, parce que, en l’absence de possibilité de déplacement collectif, les jeunes, les étudiants, les sans emplois etc. sont pénalisés dans leurs déplacements.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Fin d’une période</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Cette situation ne peut plus durer. Chaque Réunionnaise et chaque Réunionnais doit prendre conscience que nous sommes arrivés à la fin d’une période, celle des énergies fossiles. Chaque responsable politique doit réfléchir aux réponses qu’il peut apporter pour sortir La Réunion de la crise.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pour la protéger. Giovanna nous a épargnés et a provoqué des désastres humains et matériels considérables à Madagascar. Ce n’est pas être visionnaire que de dire qu’un phénomène extrême pourrait dévaster l’île, c’est mathématique. Et nous n’avons pas besoin de ça avec la crise.</p>
<p style="text-align: justify;">Que font les responsables politiques pour mettre les humains et les biens à l’abri des dégâts que causerait le passage d’un cyclone ? Dégâts qui viendraient essentiellement de l’eau. Une eau, qui, d’ailleurs, manque cruellement dans le Sud qui vit une sécheresse importante, malgré les dernières pluies apportées par Giovanna. Il faut prendre des mesures d’adaptation et de précaution.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce ne sont plus seulement des préconisations, mais des obligations juridiques. Mais, à La Réunion, on prend le chemin de l’insouciance. Ou de l’inconscience, comme avec ce projet de construire une route de six voies dans la mer.</p>
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		<title>Quel parti, en France comme outre-mer, peut-il se vanter d’avoir une influence comparable à celle du PCR ?</title>
		<link>http://blog.paulverges.fr/que-faire/quel-parti-en-france-comme-outre-mer-peut-il-se-vanter-d%e2%80%99avoir-une-influence-comparable-a-celle-du-pcr</link>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 15:06:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Quoi que puissent en penser certains, l’influence du Parti Communiste Réunionnais est toujours là, même si elle a été remise en cause, non par ses adversaires, mais de l’intérieur même. Pour comprendre ces événements, il est utile de se référer au passé. La société réunionnaise a longtemps été marquée par le joug colonial. La population [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Quoi que puissent en penser certains, l’influence du Parti Communiste Réunionnais est toujours là, même si elle a été remise en cause, non par ses adversaires, mais de l’intérieur même. Pour comprendre ces événements, il est utile de se référer au passé.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">La société réunionnaise a longtemps été marquée par le joug colonial. La population était composée par un groupe dominant dirigé par des patrons d’usines sucrières, de gros propriétaires fonciers et de grands commerçants, de façon numériquement minoritaire. Mais l’écrasante part de sa population était les salariés et les travailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1946, l’île comptait une population de 250.000 habitants, et une vraie classe ouvrière : celle des cheminots, avec le train ralliant Saint-Pierre à Saint-Benoît, celle des dockers, des travailleurs des 14 usines sucrières, des milliers d’ouvriers agricoles et quelque 23.000 petits planteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Le chômage ne faisait alors pas partie du vocabulaire créole, car toute la population avait un emploi ou une activité. Cette population de travailleurs était organisée, regroupée dans des syndicats ou structures ; les conditions de vie, extrêmement difficiles, ont renforcé leur combattivité.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, quelle est la situation ? Le nombre de dockers a été divisé par quatre, la corporation des cheminots a disparu, les ouvriers des usines sont moins nombreux, (sur 14 usines, il n’en reste que 2). Il n’y a guère plus d’ouvriers agricoles, à cause notamment de la mécanisation. Et il ne reste que 5.000 petits planteurs. Et le secteur du bâtiment est durement touché par le chômage.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Une crise structurelle aggravée par la situation mondiale</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">En 2012, le tiers de la population réunionnaise survit par les minima sociaux ; la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Il n’y a pas de syndicats de RMIstes, d’illettrés ou de chômeurs. C’est-à-dire que les composantes sociales qui composaient jusque-là l’essentiel des forces des batailles à mener ont disparu.</p>
<p style="text-align: justify;">La question qui se pose est donc celle-ci : comment, dans la société réunionnaise de 2012, le PCR peut-il maintenir son influence ? C’est là l’énorme responsabilité des dirigeants du Parti. Sur cela, chacune et chacun doit mener sa réflexion personnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, à la crise économique et financière, sociale et politique que connaît la France – mais aussi l’Europe voire le monde – s’ajoute une crise plus profonde qui traverse La Réunion depuis des années : une crise structurelle.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est-à-dire que les bases mêmes de notre économie ne fonctionnent plus : comment un pays peut-il se développer alors que 60% de sa jeunesse est au chômage ? Ou que 120.000 personnes ne maîtrisent pas la lecture ou l’écriture ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le modèle de développement que l’on a connu jusque-là est arrivé à son terme.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien évidemment, cette crise mondiale et ses conséquences sur la situation économique, financière, sociale, culturelle etc. que connaît La Réunion ont des répercussions sur les partis politiques. Sur tous les partis politiques et le PCR n’en est pas exclu. Mais le PCR, tout en connaissant des difficultés, n’est pas dans une situation aussi grave que d’autres partis, qui voient, eux, leurs convictions et leur idéologie s’effondrer.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Effondrement des idéologies des partis</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">C’est par exemple le Président de Région, UMP, qui, au cours d’un entretien télévisé, proposait une vision de La Réunion très proche de … l’autonomie ! Quel renversement de situation ! Quel bouleversement profond pour ce parti qui, depuis plus de 50 ans, n’a eu de cesse de répéter que la solution pour La Réunion était l’assimilation et l’intégration totale à la France ! Cet effondrement de l’idéologie n’est pas seulement l’apanage de l’UMP, d’autres partis connaissent aussi cet état de fait.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut avoir conscience de la situation, dans sa globalité, pour voir un avenir, pour le dessiner et pour, dans le même temps, proposer un mot d’ordre immédiat. Car c’est cela le rôle d’un dirigeant politique : être à la fois visionnaire et donner une direction, tout en agissant au quotidien.</p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est cela qui manque à certaines personnalités politiques, aujourd’hui. Celles-ci se réfugient derrière une certaine légitimité, tirée de leur élection certes, mais elles appliquent cette légitimité « à leur fief ». C’est d’ailleurs un terme souvent repris par la presse lorsque ces mêmes élus connaissent quelques difficultés avec leur parti ; c’est aussi à cause de ces divergences que ces personnalités politiques sont mises en avant par la presse, sans qu’elles n’aient pour autant fait l’objet d’articles pour leurs propositions ou leur vision de l’avenir.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Gaz et carburant : de nouvelles contradictions sont nées</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">L’influence d’un parti peut se lire également à travers l’analyse des problèmes posés et des solutions préconisées. Les polémiques récurrentes autour du prix du carburant sont, à ce titre, très révélatrices.</p>
<p style="text-align: justify;">La Réunion compte 430.000 voitures. Donc au moins autant d’automobilistes. Mais ceux que l’on entend le plus souvent, ce sont les transporteurs. Si, au départ, ils avaient souhaité qu’une baisse de 25 centimes d’euros soit appliquée à tous les consommateurs – automobilistes comme professionnels de la route – force est de constater que cette revendication n’a pas tenu très longtemps.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que nous avons connu, lundi 6 février, est, à ce titre, très révélateur : la réunion prévue le matin n’a pas eu lieu, les professionnels ayant claqué la porte après une demi-heure. L’après-midi, en présence des Présidents des Conseils régional et général mais en l’absence des dirigeants de la SRPP, il y a eu un accord : une réduction sur le prix de la bouteille de gaz, celle-ci devant passer à 15 euros dans les deux mois.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet accord – qui concerne la totalité de la population réunionnaise – va impliquer des efforts de la part des deux collectivités, celles-ci s’étant engagées à supporter à part égale le différentiel de coût, estimé à 8 millions d’euros.</p>
<p style="text-align: justify;">Un deuxième accord a été signé : il ne concerne que les professionnels de la route qui ont pu obtenir une baisse de 5 centimes du prix du gasoil, ceci avant une prochaine réunion – à laquelle devraient participer les pétroliers -. Mais toujours est-il que cette baisse de 5 centimes ne concernera pas les 430.000 automobilistes réunionnais !</p>
<p style="text-align: justify;">Quelle sera la position des transporteurs ? S’ils ne veulent pas être isolés, ils devront obligatoirement faire preuve de solidarité avec les automobilistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette « avancée » dans le combat mené par les transporteurs est lourde de conséquences pour les collectivités. Celles-ci ont mis un doigt dans un engrenage. Car il est bien évident que le prix de la bouteille de gaz ne va pas baisser dans les mois à venir. Bien au contraire : comme l’affirment les analystes, tout laisse supposer que les cours vont augmenter. Il va donc falloir, en vertu de l’accord signé lundi, que les collectivités régionale et générale poursuivent leur effort financier durant encore des mois si ce n’est des années ! Et c’est l’introduction d’une nouvelle contradiction dans la société réunionnaise et son mode de fonctionnement et de développement.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Sainte-Suzanne : le point de départ d’une refondation du PCR</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">L’influence d’un parti peut également être appréciée à travers sa capacité à prendre des décisions politiques, à l’aube de certains rendez-vous. C’est ce qui s’est passé à Sainte-Suzanne.</p>
<p style="text-align: justify;">La direction du PCR a pris la décision de provoquer des élections anticipées, au vu du positionnement de certains acteurs, très souvent relayé par la presse. Si le PCR n’avait pas pris cette décision, la question évidente que l’on peut se poser est celle de savoir quelle aurait été l’attitude de ces acteurs, lors des prochaines échéances.</p>
<p style="text-align: justify;">La bataille a été gagnée, grâce aux militants du PCR, en fonction de l’attitude « de la base » du Parti, qui est restée fidèle à des principes, et ont condamné celles et ceux qui utilisent leur Parti à des fins personnelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela devrait, d’ailleurs, faire réfléchir d’autres responsables politiques de l’île, notamment sur la question de la légitimité des maires. Et la leçon est valable pour tous les élus réunionnais : les électeurs ne sont pas à leur service, c’est le contraire. Le peuple, toujours, dit sa volonté, et sanctionne lorsqu’il estime qu’il y a trahison.</p>
<p style="text-align: justify;">L’une des leçons à tirer de ce qui s’est passé à Sainte-Suzanne, c’est que la seule façon de forger un parti, c’est de ne pas éviter l’affrontement idéologique, et de s’appuyer sur des forces réelles et non supposées.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce sens, la question posée plus haut mérité réflexion : sur quelles forces peut-on aujourd’hui s’appuyer ? La plus grande force de La Réunion, c’est cette population privée d’emploi et vivant sous le seuil de pauvreté, mais c’est aussi la jeunesse.</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous appartient, dès lors, de créer les conditions pour créer de l’activité et du travail. Mais il nous appartient également de créer les conditions pour que la jeunesse puisse jouer un rôle politique et peser sur le développement de La Réunion dans les 15 ou 20 ans à venir. C’est autour de cette jeunesse que le PCR – et La Réunion &#8211; continueront à se développer, les autres forces venant en renfort. En aucun cas, cela ne peut être l’inverse.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Comme en 1946, les jeunes ont un rôle à jouer</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Ces jeunes vont avoir un rôle à jouer, tout aussi important que celui qu’avaient joué leurs aînés, en 1945, à travers toutes les batailles. Ces batailles avaient abouti à la loi de 1946. Aujourd’hui, le mode de développement généré par cette loi est arrivé à son terme. C’est donc aux jeunes d’impulser de nouvelles initiatives, de nouvelles solutions, adaptées à la situation de 2012 et à La Réunion de demain. C’est à eux de proposer un projet, en opposition à celui mis en avant par ceux qui se posent en défenseurs du statu quo.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce titre, la discussion, au Sénat, d’un projet de loi visant la résorption de la précarité dans la fonction publique est révélatrice. Alors que ce dossier permettait d’aborder la question des « journaliers communaux », il est symptomatique de constater l’absence des parlementaires réunionnais à cette discussion. J’ai été le seul à interpeller le gouvernement sur la situation de ces personnels, situation précaire s’il en est ; j’ai insisté sur le fait que ce projet de loi visait à l’unité de la fonction publique, et à l’égalité de traitement entre ces agents. Ces deux critères ne s’appliquent pas à ces journaliers communaux. Mais j’ai été le seul à poser le problème. Le gouvernement a considéré que l’outre-mer en général et La Réunion en particulier, étaient exclus du champ d’application de la loi. Ainsi, 66 ans après la loi de 1946 – qui promettait l’égalité de traitement entre l’outre-mer et la France – la situation dans la fonction publique est toujours aussi inégalitaire. Mais cela ne semble pas interpeller certains parlementaires !</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>L’influence d’un parti : Etre force de proposition</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Il y a aussi un autre domaine dans lequel on peut apprécier l’influence d’un parti. Celui de la responsabilité, de la volonté de prendre son destin en mains.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans moins de trois mois, se dérouleront les élections présidentielles, puis, un mois plus tard, les élections législatives. Ces mandats courront sur 5 ans. Peut-être sur 10 ans, la Constitution prévoyant la possibilité qu’un Président puisse prétendre à deux mandats à la tête de l’Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">La question que l’on doit avoir en tête est celle de savoir si nous sommes prêts à jouer un rôle moteur, comme nos aînés l’ont fait en 1946.  A partir de nos analyses, sur la situation mondiale, européenne, nationale et bien évidemment réunionnaise, nous avons à proposer un plan de développement à tous les candidats – ou presque – à l’élection présidentielle, en fixant nos objectifs à échéance de 5 et de 10 ans. Il s’agit de préparer La Réunion du million d’habitants tout en répondant aux nombreuses urgences sociales.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est donc le chantier auquel nous devons nous atteler, la rénovation de notre Parti se fera sur la base d’un effort idéologique, d’une analyse objective de la situation. C’est une responsabilité considérable que la nôtre : être artisan d’un nouveau destin pour La Réunion.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, La Réunion est à un tournant historique de son histoire. Le Parti Communiste Réunionnais également. Comme en 1946, ce sont en particulier les jeunes, les intellectuels, qui ont à prendre leur responsabilité. C’est une lourde responsabilité.</p>
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		<title>Taxes portuaires et formation des prix ; statut des agents de la fonction publique : deux nouveaux champs de bataille ouverts</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 15:17:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Sénat vient d’étudier deux dossiers importants pour La Réunion. L’un concerne la réforme de la gouvernance des ports d’outre-mer, le second la résorption de la précarité dans les trois versants de la fonction publique (Etat, collectivités, hôpitaux). Lors de la discussion sur le premier dossier, le désengagement de l’Etat a clairement été pointé : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le Sénat vient d’étudier deux dossiers importants pour La Réunion. L’un concerne la réforme de la gouvernance des ports d’outre-mer, le second la résorption de la précarité dans les trois versants de la fonction publique (Etat, collectivités, hôpitaux).<br />
Lors de la discussion sur le premier dossier, le désengagement de l’Etat a clairement été pointé : il n’a jamais veillé à la gestion du port par la CCIR, ce qui a permis l’application de taxes portuaires importantes, concourant à la formation de prix extrêmement élevés.<br />
Le deuxième projet de loi avait pour objectif de résorber la précarité dans les trois versants de la fonction publique et d’arriver à une unité de traitement dans ceux-ci. Mais le ministre a clairement affirmé que les «journaliers communaux » réunionnais étaient exclus du projet de loi.<br />
Ces deux dossiers devront être abordés au cours des prochaines campagnes électorales et ouvrent des fronts de bataille.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le Sénat vient d’étudier le projet de loi de réforme des ports d’outre-mer ; il a fait l’objet de discussions entre l’Etat, les parlementaires et les professionnels du secteur. Ce projet vise à modifier le statut des ports, à l’instar de ce qui avait été fait pour les ports français en 2008. Port Réunion, troisième port français pour le trafic de containeurs, était jusque là géré par la chambre de commerce et d’industrie de La Réunion (CCIR).<br />
Ce dossier est très important pour La Réunion : en effet, il pose la question de l’avenir de La Réunion et de son développement. Et cela nous renvoie également au passé.<br />
Aux 17e, 18e et au début du 19e siècle, La Réunion a connu un essor économique parce que son port représentait un atout économique, politique et géostratégique pour la France, il était une escale incontournable sur la Route des Indes. Avec La Réunion, la France détenait donc un atout considérable dans la bataille d’expansion coloniale dans laquelle elle était engagée, avec l’Espagne, le Portugal, l’Angleterre et la Hollande.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Un codéveloppement avec les pays de la zone</h2>
<p style="text-align: justify;">Le port a permis  l’essor de La Réunion. Mais avec l’ouverture du canal de Suez, celui-ci a été stoppé. Et la France a perdu une partie de sa puissance économique, militaire et géostratégique. Cela a généré un coup de frein dans le développement de l’île : La Réunion n’était plus une escale mais un terminus dans ce commerce maritime mondial. Avec le développement de l’industrie sucrière, le port a connu un regain économique, mais nullement comparable.<br />
Aujourd’hui, le port de la Pointe des Galets, tout en étant plus moderne que les installations portuaires des Antilles et de la Guyane, est à nouveau à la croisée des chemins. Le développement considérable de l’Afrique du Sud, pays émergent du continent africain, en relation avec l’Inde, la Chine, les pays du sud est asiatique, peut être un atout pour La Réunion.<br />
La question qui se pose est donc celle de savoir comment on peut régler d’une part, le problème de la compétition entre Port Réunion et les ports de Maurice, Madagascar, d’Afrique du Sud, du Mozambique et comment, d’autre part, on peut renforcer les relations avec ses pays et ne pas rester isolés.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Anticiper l’ouverture de la future « route du Nord »</h2>
<p style="text-align: justify;">Même si l’exécutif de la Région accorde une préférence certaine à Maurice, La Réunion ne doit pas oublier les pays de la zone : Madagascar, les Comores, les Seychelles, et nouer avec eux des liens de codéveloppement.<br />
Ce dossier doit être abordé sous un autre aspect : celui des changements climatiques. Avec la fonte de la banquise du Pôle Nord et des glaciers du Groenland, s’ouvre la possibilité d’une nouvelle voie maritime, la « route du Nord ». Aujourd’hui, cette route est libre 4 mois par an. Avec l’intervention de brise-glaces, elle est ouverte 7 mois dans l’année. Dans moins de 40 ans, elle sera opérationnelle toute l’année.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Une compagnie maritime régionale</h2>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, le trafic international entre l’Europe et l’Asie et inversement ne se fera plus par le canal de Suez mais par cette nouvelle voie. Cela représentera un gain de temps et d’argent significatif pour tous les armateurs.<br />
Le trafic dans l’océan Indien diminuera obligatoirement. Si Djibouti, Aden, Singapour seront concernés par l’ouverture de cette nouvelle voie, La Réunion le sera tout autant sinon davantage, tout comme les pays de la zone. Ceux-ci d’ailleurs sont plus mobilisés par cette question que l’on semble l’être à La Réunion.<br />
Car l’ouverture d’une nouvelle voie pose aussi la question des relations maritimes entre les pays de la zone océan Indien, ce que l’on appelle la desserte régionale. Nous avions lancé, lorsque nous étions à la Région, l’idée d’une compagnie maritime régionale. Sur ce point, les pays de la zone ont poursuivi la réflexion. Mais le dossier stagne à La Réunion !<br />
Pourtant, la question est vitale : comment assurer une place à Port Réunion dans le développement des relations économiques Nord / Sud et bien sûr Sud / Nord mais aussi dans les échanges Sud / Sud ? La création d’une telle compagnie maritime éviterait l’écueil de l’isolement économique mais aussi permettrait d’avoir une plus grande autonomie de commerce avec les pays de la zone océan Indien.</p>
<h2 style="text-align: justify;">La co-gestion CCIR / Etat épinglée</h2>
<p style="text-align: justify;">Au cours des discussions sur ce projet de loi, une information a été donnée. Elle concerne le caractère illisible de la gestion du port, exercée jusque-là conjointement par l’Etat et la CCIR. Se référant à un rapport cosigné par l’Inspection générale des finances, l’Inspection générale de l’administration et le conseil général de l’environnement et du développement durable, la rapporteure de la commission de l&#8217;économie, du développement durable et de l&#8217;aménagement du territoire au sénat, chargée d’étudier le projet de loi sur la réforme portuaire, dénonçait : « Les conclusions de ce rapport étaient particulièrement sévères. Elles dénonçaient le caractère illisible de l’organisation de ces ports, avec une direction bicéphale État/chambre de commerce. Elles pointaient un mauvais fonctionnement de la formule de la concession, les concessionnaires ayant rarement été à la hauteur. Ainsi, la trésorerie des ports a parfois servi à financer la concession aéroportuaire. Elles soulignaient également que l’État s’était désintéressé de la gestion de ces ports, en n’assurant aucun contrôle de l’activité des concessionnaires. Par exemple, bien que la trésorerie des trois ports concédés ait été excédentaire, l’État n’a jamais imposé une baisse des tarifs portuaires ! ».<br />
Cette déclaration n’a pas fait l’objet d’une quelconque réponse de la part du gouvernement.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Un élément décisif dans la formation des prix</h2>
<p style="text-align: justify;">Il est significatif de constater que jamais cette situation n’a été dénoncée, et cette absence de contrôle est une condamnation des préfets successifs, puisqu’ils n’ont jamais mis l’accent sur le fond du problème : la CCIR  mobilisait les recettes liées à l’exploitation du port pour les investir dans l’aéroport. A travers cela, c’est la question de la formation des prix qui est mise en avant, et le poids des taxes portuaires dans le coût des produits intrants.<br />
La nouvelle gouvernance initiée par ce projet de loi permet la présence dans la nouvelle structure portuaire, aux côtés de l’Etat et la CCIR, de représentants des collectivités locales (Région, Département, Commune, EPCI) et des usagers ; un rôle plus important est aussi dévolu à l’Observatoire des prix et des revenus. Cela permettra peut être de rendre plus lisible la question de la formation des prix à La Réunion.<br />
Ainsi, ce projet de loi revêt une grande importance pour le développement de La Réunion : il appartiendra aux membres du conseil portuaire de faire en sorte que notre île ne soit pas isolée, ne fasse pas les frais de l’ouverture de la nouvelle route maritime du Nord, s’implique dans un codéveloppement avec l’ensemble des pays de la zone océan Indien, et veille à la gestion de la structure, ce qui aura vraisemblablement un impact sur la formation des prix.</p>
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		<title>Les «journaliers communaux » exclus du projet de loi pour la résorption de la précarité dans la fonction publique !</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 15:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Le deuxième dossier étudié par le Sénat est celui visant à la résorption de la précarité et à l’harmonisation des statuts dans les trois versants de la fonction publique : d’Etat, territoriale et hospitalière. Ce projet de loi a longuement été discuté avec les partenaires sociaux et le texte soumis aux parlementaires est le fruit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le deuxième dossier étudié par le Sénat est celui visant à la résorption de la précarité et à l’harmonisation des statuts dans les trois versants de la fonction publique : d’Etat, territoriale et hospitalière. Ce projet de loi a longuement été discuté avec les partenaires sociaux et le texte soumis aux parlementaires est le fruit d’un consensus.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Il est d’ailleurs significatif de souligner que ce dossier est étudié alors que le gouvernement a réduit considérablement les effectifs de la fonction publique d’Etat et qu’il demande aux collectivités locales de baisser leur effectif !<br />
Ce projet de loi est donc important puisqu’il vise à l’unité de la fonction publique, à la pérennité des contrats avec la disparition progressive des CDD et la généralisation de la titularisation, et l’égalité de traitement entre les différentes fonctions publiques, à échelon et grades identiques, bien évidemment.<br />
Ce dossier ne semble pas avoir intéressé les parlementaires ultramarins en général et réunionnais en particulier, puisque j’étais le seul sénateur d’outre-mer à participer aux débats !</p>
<h2 style="text-align: justify;">De la responsabilité de l’Etat</h2>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que La Réunion est totalement en dehors du schéma métropolitain. 66 ans après la loi du 19 mars 1946, force est de constater que ce que l’Etat avait promis n’est pas tenu : tout allait être réglé au 1er janvier 1947. Or rien n’est appliqué, et en cela, la question de la fonction publique est significative.<br />
Si dans la fonction publique d’Etat, le taux de titulaires est sensiblement égal entre La Réunion et la France, ce n’est vraiment pas le cas pour la fonction hospitalière ; et encore moins pour la fonction publique territoriale, c’est-à-dire les employés des Région, Département, Communes et établissements publics.<br />
L’inégalité se pose également en termes de traitement. Ainsi, avec l’aval des gouvernements successifs, le traitement des agents de la fonction publique d’Etat a été majoré de 53% (en moyenne). Mais les agents de la fonction publique territoriale, dans leur immense majorité, n’en bénéficient pas ; dans la fonction publique hospitalière, la majoration n’est pas toujours appliquée.<br />
Rappelons que la décision de majoration de traitement a été prise par l’Etat.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Les principes d’égalité et d’unité battus en brèche</h2>
<p style="text-align: justify;">Et aujourd’hui, celui-ci souhaite appliquer d’une part, le principe d’égalité de traitement entre les agents des trois fonctions publiques, et d’autre part, le principe d’unité de statut, à savoir la pérennité des contrats et la titularisation des agents, quel que soit le versant de la fonction publique auquel ils appartiennent.<br />
Cette décision de majoration de traitement, prise par l’Etat il y a 66 ans, ne peut être supportée par les communes, qui n’ont en aucun cas les capacités financières pour faire face à une augmentation de la masse salariale de 53%.<br />
Si le texte s’applique à l’outre-mer, il faut alors trouver les moyens financiers pour permettre aux communes de faire face à cette dépense. Cela relève de l’Etat, au nom du principe intangible d’égalité de traitement entre collectivités, notamment les communes ; c’est donc à l’Etat de prendre en charge ce coût. Sinon, le gouvernement créerait l’inégalité et empêcherait l’application du principe de l’égalité de traitement.<br />
Pour que le principe découlant de cette loi s’applique à toutes les fonctions publiques, et notamment à La Réunion, il conviendrait de mener une étude visant à planifier la régularisation de la situation des agents de la fonction publique territoriale, à l’instar de ce qui avait été fait, entre 1947 et 1953 pour la fonction publique d’Etat et hospitalière.<br />
Cette régularisation devrait s’étendre sur 5 ans – durée du mandat présidentiel – à charge pour le Président de la République de faire appliquer cette loi.</p>
<h2 style="text-align: justify;">La Réunion exclue du champ d’application de la loi</h2>
<p style="text-align: justify;">Mais il convient de noter que la réponse du ministre Sauvadet à mon intervention a été extrêmement étonnante :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Monsieur Vergès, vous avez évoqué la situation tout à fait particulière des contractuels outre-mer, notamment à La Réunion. Vous l’avez vous-même souligné, il s’agit d’une situation tout à fait singulière, à laquelle Marie-Luce Penchard, Philippe Richert et moi-même portons une attention toute particulière. À cet égard, permettez-moi de formuler deux observations. Premièrement, je constate que plus de 90% des contractuels outre-mer ont été recrutés en dehors de toutes les lois statutaires. Conformément au protocole d’accord, <strong>ces recrutements ne sont donc pas concernés par ce projet de loi</strong>. Deuxièmement, dans leur immense majorité – à plus de 90% –, ces agents peuvent déjà être recrutés comme titulaires par la voie du recrutement sans concours, et les employeurs concernés ont déjà la possibilité de le faire. Je le constate avec vous, la loi ne l’interdit pas et, par voie de conséquence, le permet. Il n’est donc pas utile d’ouvrir, dans le cadre de ce projet de loi, une nouvelle voie de titularisation pour ces seuls agents. Au demeurant, j’ai bien entendu les préoccupations que vous avez, par ailleurs, exprimées, mais celles-ci relèvent d’un autre débat »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">La position et les propos du ministre sont inadmissibles, et impensables ; jamais un ministre et un gouvernement n’avaient été aussi clairs dans leurs intentions : ils rejettent sur les maires la responsabilité de la situation et du statut, tout en affirmant que les communaux réunionnais ne sont pas concernés par ce projet de loi ! Un projet de loi qui, rappelons-le, vise à l’unité de la fonction publique dans ses trois versants, et à l’égalité de traitement entre les agents.<br />
Il y a là un front de bataille qui s’ouvre à tous les Réunionnais et à tous les responsables politiques.</p>
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		<title>Quel avenir pour Air Austral, au lendemain du changement au Conseil de surveillance ?</title>
		<link>http://blog.paulverges.fr/que-faire/quel-avenir-pour-air-austral-au-lendemain-du-changement-au-conseil-de-surveillance</link>
		<comments>http://blog.paulverges.fr/que-faire/quel-avenir-pour-air-austral-au-lendemain-du-changement-au-conseil-de-surveillance#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 18:28:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Le dernier événement de la vie politique locale a concerné l’évolution de la situation de la compagnie réunionnaise Air Austral. Il a été marqué par la décision du Président du Conseil régional, Président de la SEMATRA – le plus gros actionnaire d’Air Austral avec les participations du Conseil général et du Conseil régional – de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Le dernier événement de la vie politique locale a concerné l’évolution de la situation de la compagnie réunionnaise Air Austral. Il a été marqué par la décision du Président du Conseil régional, Président de la SEMATRA – le plus gros actionnaire d’Air Austral avec les participations du Conseil général et du Conseil régional – de révoquer le Conseil de surveillance sortant et de le remplacer.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Cet  événement annonce la politique qui sera entérinée, et celle-ci s’avère tout aussi grave que la décision de refuser le projet de tram train, pour ce qui concerne le transport à La Réunion.<br />
Pourquoi ?<br />
Au-delà des considérations de niveau très local sur les règlements de comptes politique etc., il y a les faits.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Air Austral : un début modeste</h2>
<p style="text-align: justify;">Air Austral doit sa naissance modeste par la création d’une liaison La Réunion / Mayotte, à la suite de la prise en compte, par le gouvernement française, de la séparation de Mayotte de l’archipel des Comores, devenus indépendants.<br />
C’est une liaison à caractère de service public, confiée à la responsabilité du Conseil régional de l’époque, présidé par Pierre Lagourgue. A partir de là, du fait de la nécessité de créer un système permettant l’investissement adapté aux services publics, la SEMATRA a été créée.<br />
Le dynamisme du Président Lagourgue, Président du Conseil de surveillance et de Gérard Ethève, Président du directoire d’Air Asutral a fait que, à partir de la liaison La Réunion / Mayotte s’est développée une politique de liaisons aériennes entre La Réunion et ses voisins : Maurice, Madagascar, les Comores, les Seychelles, le Kenya (Nairobi) et l’Afrique du Sud (Johannesburg).<br />
Cette initiative, d’une grande importance pour l’avenir, a été couronnée de succès, contrairement aux expériences menées dans les autres îles d’outre-mer, que sont les régions Martinique, Guadeloupe et Guyane, ou les territoires de Calédonie et Polynésie.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Une évolution rapide et positive</h2>
<p style="text-align: justify;">L’expérience Air Austral a donc été une réussite. Cela avait abouti à un accord Attali  / Lagourgue, entre la direction d’Air France et la Direction réunionnaise d’Air Austral, sur le partage des liaisons avec la France, réservant les liaisons avec la France à  Air France et celles desservant la zone océan Indien à Air Austral.<br />
Concernant les liaisons aériennes La Réunion / France, elles ont fait l’objet de desserte par des compagnies existantes, ou de projet multiples. Or on est arrivé à l’échec de ses tentatives et le seul projet qui a assuré le service Réunion / Paris a été Air Outre Mer (AOM). Mais celui-ci a également subi un échec.<br />
C’est dans cette situation que la Présidence d’Air Austral a, dans l’esprit de dynamisme créé par Pierre Lagourgue, réussi à faire évoluer l’accord Attali / Lagourgue.<br />
La proposition de Paul Vergès, Président du Conseil de surveillance d’Air Austral, en accord avec Gérard Ethève, était d’assurer le service défaillant d’AOM, en proposant des liaisons avec la France.<br />
L’accord de la Ministre de l’outre-mer, Brigitte Girardin, a permis un nouveau développement d’Air Austral, et cela a dépassé tous les espoirs pour ce qui est du trafic entre La Réunion et Paris.<br />
Aujourd’hui, Air Austral dessert non seulement Paris mais aussi Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lyon…</p>
<h2 style="text-align: justify;">Une envergure nationale</h2>
<p style="text-align: justify;">La compagnie réunionnaise est devenue non seulement une compagnie régionale mais une compagnie d’importance nationale, et aussi de caractère international.<br />
A partir de là, il y a eu, en effet, la réalisation de liaisons entre La Réunion et Bangkok puis vers l’Australie et la Calédonie, et les discussions pour une extension vers la Chine.<br />
C’est une évolution exceptionnelle dans le domaine des liaisons aériennes d’outre-mer.<br />
Dans cette dynamique d’élargissement des stratégies d’ouverture de La Réunion vers le transport intercontinental, s’inscrit le projet qui veut utiliser, pour un vol long courrier, un système low cost (à bas prix). Il s’agit là d’une grande innovation par rapport au concept du low cost, qui se limite à des vols courts et moyens courriers, en développement sur le territoire de la France métropolitaine.<br />
En permettant de faire passer de 500 à plus de 800 le nombre de personnes transportées par l’Airbus A380, c’est le coût du voyage qui connaîtrait une baisse d’environ 25%. Ce projet, exceptionnel à l’échelle mondiale, a été salué par les responsables des liaisons à longue distance, dans la presse mondiale, européenne et française.<br />
Mais le domaine aérien, comme tous les secteurs de l’activité économique, a été marqué par la crise. Parmi toutes les composantes du domaine du transport, outre le coût des investissements, de la main d’œuvre etc. le problème central est évidemment celui du coût du carburant : il s’agit d’assurer une liaison de 10.000 km ; le prix du kérozène découle de celui du pétrole &#8211; dont le paiement se fait généralement en dollars &#8211; ; le coût du brut a augmenté et l’euro a perdu de sa valeur par rapport au dollar.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Eviter tout plan social</h2>
<p style="text-align: justify;">Tout cela a eu des conséquences évidentes : Air Austral a pris des dispositions pour suspendre les vols insuffisamment rentables vers Bangkok, l’Australie, la Calédonie. Et pour éviter tout plan de licenciement, Air Austral a décidé d’augmenter la capacité de liaison avec la France.<br />
La situation est très difficile, les perspectives restent sombres, notamment à cause de l’évolution du coût du carburant.<br />
Cela fait ressortir encore plus les aspects intéressants du long courrier, à forte densité, l’A 380, pour atténuer l’impact de la hausse du coût du carburant.<br />
Air Austral a fait la démonstration, par la continuité du dynamisme réunionnais dans le domaine des liaisons aériennes, avec les Présidents successifs de la Région, Pierre Lagourgue et Paul Vergès, que les décisions stratégiques prises ont été d’une grande importance sur le développement de la compagnie, cette volonté découlant d’une analyse objective de la situation à La Réunion.<br />
C’est un phénomène notable que les éléments essentiels de désenclavement de La Réunion vers Paris, l’océan Indien, le monde, ont été assurés par le dynamisme des Réunionnais.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Une confusion des genres périlleuse</h2>
<p style="text-align: justify;">C’est un élément essentiel de la situation économique et sociale réunionnaise. Rappelons que durant toute l’évolution de la Compagnie, son effectif a augmenté, dépassant aujourd’hui 900 personnes, sans compter, l’augmentation à prévoir du fait de l’arrivée des A380.<br />
Or dans cette situation dynamique régionale &#8211; et malgré la gravité de la situation découlant de la crise -, intervient le changement à la tête du Conseil de surveillance d’Air Austral. Il n’agit là non d’un changement de personne, mais de l’annonce d’un changement stratégique : c’est la fin de l’expérience menée dans le partage des compétences coordonnées entre d’une part Pierre Lagourgue et Paul Vergès, assurant par leur mission à la tête du Conseil de surveillance, l’évolution stratégique, et la compétence opérationnelle relevant du Directoire.<br />
Aujourd’hui, c’est donc la remise en cause de ce dynamisme  qui a fait ses preuves, et l’annonce que le Conseil de surveillance va, aujourd’hui, se mêler à la fois de ce qui relève de l’orientation stratégique et de ce qui relève du champ des compétences opérationnelles.<br />
Les déclarations, parues dans la presse, visent à remettre en cause le fonctionnement même d’Air Austral dans son activité actuelle. Elles visent aussi à remettre en cause la décision d’avoir recours au low cost et à un Airbus A380. Il s’agit là d’une menace pour le développement de La Réunion, tout aussi grave que la décision de la suppression du tram train pour les déplacements intérieurs à La Réunion.<br />
On est sidéré par la légèreté dont des politiques font preuve, des politiques qui ont la prétention d’assumer des compétences pour lesquelles ils n’ont visiblement aucune capacité.</p>
<h2 style="text-align: justify;">L’absence totale d’analyse politique</h2>
<p style="text-align: justify;">Les conséquences de cela : c’est la remise en cause d’une entreprise réunionnaise exceptionnelle, unique dans l’outre-mer, par son innovation stratégique et dans son fonctionnement.<br />
Cette remise en cause aura des conséquences sur toute l’économie et la vie sociale à La Réunion : tous les Réunionnais vont vivre cela, car ces aspects négatifs ne concerneront pas seulement les irresponsables qui veulent créer cette situation nouvelle.<br />
C’est l’éternelle histoire des irresponsables politiques à La Réunion : c’est la suppression du chemin de fer, avec toute l’histoire de la route du littoral, son coût ruineux pendant plus de 40 ans ; c’est l’investissement dans un mode de transport lié à l’importation et à la mise en circulation de 400.000 voitures. Cela a un coût, au-delà du coût d’investissement de départ : celui du fonctionnement, celui de la perte de temps subie par dizaines de milliers de Réunionnais, dans les embouteillages etc.<br />
Ne tirant aucune leçon de l’expérience, la direction actuelle du Conseil régional a décidé de supprimer le tram train et donc permis la relance du tout automobile. Or nous ne sommes plus dans La Réunion de 1950, avec ces 250.000 habitants, mais dans une île qui accueillera, dans moins de 15 ans, un million de personnes.<br />
C’est à cela que tous les Réunionnais doivent réfléchir !</p>
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		<title>Bilan du quinquennat Sarkozy : un héritage extrêmement lourd !</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 18:22:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous ne nous lasserons pas de répéter que, plus la situation s’aggrave, plus nous recevons, notamment de la part  du gouvernement, des informations ou des affirmations, contradictoires, dont le but est de semer la confusion chez les Réunionnais. C’est pourquoi nous devons rechercher l’essentiel et à partir de là, interpréter les informations différentes pour pouvoir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Nous ne nous lasserons pas de répéter que, plus la situation s’aggrave, plus nous recevons, notamment de la part  du gouvernement, des informations ou des affirmations, contradictoires, dont le but est de semer la confusion chez les Réunionnais. C’est pourquoi nous devons rechercher l’essentiel et à partir de là, interpréter les informations différentes pour pouvoir comprendre la situation.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">
Tout le monde parle de la crise ! Mais, à chaque fois, il y a une information émanant du gouvernement, expliquant qu’il y a une solution, que ce soit pour les travailleurs, le logement, les jeunes etc.<br />
Concernant la crise,  l’exemple dont on rappelle toujours le souvenir, c’est la grande crise mondiale de 1929, qui a généré des bouleversements dans le monde, en Europe, en particulier, et qui a débouché, finalement, sur la 2e guerre mondiale. La crise a duré plus de dix ans et a donc fini par un désastre.<br />
La crise actuelle  &#8211; et certains le rappellent – apparaît comme aussi grave, sinon pire que celle de 1929. Car elle a frappé, dès le début, l’ensemble des pays du monde ; un monde qui, d’ailleurs,  a considérablement changé par rapport au siècle dernier.<br />
Cette crise mondiale, qui sévit depuis déjà 3 ans, a débuté aux Etats Unis, dès la fin 2008, et a concerné très rapidement tous les secteurs de la vie : économique, budgétaire, financier, social, politique etc.<br />
Tous les observateurs admettent aujourd’hui que cela va durer pendant de très longues années ; certains événements jalonnent l’évolution de la situation ; la plus récente, c’est la dégradation de la notation de l’Etat français, qui passe du « triple A » au « double A », avec l’annonce d’une évolution négative de la croissance.<br />
La France n’est pas la seule dans ce cas : neuf autres pays européens et de la zone euro sont, eux aussi, concernés par la dégradation de leur notation.<br />
Les perspectives ouvertes sont celles de nouvelles aggravations. Il nous faut, à travers la foule des dépêches quotidiennes, voir ou l’on en est.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Un bilan catastrophique</h2>
<p style="text-align: justify;">Si l’on prend, par exemple, le bilan du quinquennat 2007/2012 de la Présidence Sarkozy, les chiffres sont éloquents. En cinq ans,</p>
<ul>
<li>Le nombre de chômeurs a augmenté de 600.000 et le cap des 3 millions de chômeurs pourrait être dépassé en 2012 ; une agence officielle évalue à 200.000 chômeurs de plus, le cap des 3 millions pourrait être dépassé ;</li>
<li>Le déficit budgétaire est passé de 2,7% du PIB à 5,7% ;</li>
<li>Le déficit commercial est passé de 59,2 milliards d’euros à 75 milliards ;</li>
<li>La dette de l’Etat – qu’il faudra bien rembourser – est passée de 1.150 milliards d’euros à 1.780 milliards : en cinq ans, l’Etat français a donc aggravé sa dette de plus de 630 milliards d’euros ! 50% de plus !</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Et ce n’est pas l’annonce, au lendemain de la baisse de la notation de la France, du fait que le gouvernement a emprunté au même tarif qu’auparavant qui pourra changer quelque chose à la situation et ralentir son aggravation.<br />
Car ce que l’on oublie de dire, c’est que cette décision tient compte de la politique d’anticipation menée par les banques avant l’annonce officielle de la dégradation de la note française et qu’elle repose sur le fait que l’on peut assumer les risques sur le court terme (5 ans).<br />
On oublie également de dire que  les banques françaises regorgent de crédit, octroyés par la BCE (Banque Centrale Européenne), sur du long terme et à un taux d’intérêt de 1% seulement.</p>
<h2 style="text-align: justify;">2012 pire que 2011</h2>
<p style="text-align: justify;">Que peut-on donc attendre en 2012 ? En une phrase : l’année sera pire que 2011.<br />
Les chiffres que nous venons d’annoncer, liés à la présidence de Sarkozy, créent les conditions d’une aggravation de la situation.<br />
A travers l’évolution de celle-ci, sur le plan mondial, européen, français, on doit bien évidemment se préoccuper de l’évolution de cette crise pour La Réunion ; les citoyens et citoyennes auront à préciser, en effet, leur position dans trois mois, lors des élections importantes que sont celles à la présidence de la République en avril / mai et à l’Assemblée nationale en juin.<br />
A travers les petites nouvelles de diversion diffusées ici et là, la réalité des faits se dessine inévitablement : en 2011, le Tribunal de commerce de Saint-Denis a vu le nombre d’entreprises soumises aux procédures de sauvegarde ou de redressement, augmenter de 35%.<br />
Le chiffre du chômage  a augmenté ; fin novembre, le chiffre officiel était de 120.850 personnes privées d’emplois. Si l’on ajoute à ce chiffre, le nombre de personnes ayant un emploi précaire ou n’étant pas inscrite au Pôle Emploi, ce sont plus de 150.00 Réunionnaises et Réunionnais qui sont privés d’emplois.<br />
En outre, on annonce des augmentations pour le premier trimestre. Dès février, le prix du carburant devrait connaître une hausse exceptionnelle, tant en France qu’à La Réunion. Ce sera aussi l’augmentation du coût de l’électricité, une hausse de 30% étalée sur 5 ans. Sans compter les hausses sur les primes d’assurance, etc. etc. etc.<br />
2012 sera extrêmement dure pour les Réunionnais.<br />
L’héritage Sarkozy sera lourd à porter car les conditions de l’aggravation de la crise n’auront pas disparu, dans les mois à venir. C’est dans ces conditions que l’on aborde les élections à la Présidence de la République et à l’Assemblée nationale.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Un choix à faire</h2>
<p style="text-align: justify;">Le choix est simple : à travers la profusion des petites informations quotidiennes, destinées à entretenir la confusion, chaque Réunionnaise et chaque Réunionnais est placé devant cette alternative :</p>
<ul>
<li>soit voter Sarkozy et après trois ans de crise et de politique dont on connaît les résultats, continuer à créer les conditions de son aggravation, notamment à La Réunion ;</li>
<li>soit battre Sarkozy, et créer les conditions d’un début de changement, même dans la situation difficile que nous connaissons, un changement  portant sur les 5 ans à venir, un changement qui doit être marqué par le volonté de s’attaquer aux problèmes extrêmement graves : chômage de masse, et notamment celui des jeunes, logement, coût de la vie etc.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Jamais les Réunionnaises et les Réunionnais n’ont été mis aussi clairement devant leurs responsabilités et leur vote déterminera s’ils ont la volonté ou non de prendre leur avenir en main, et faire courageusement leur devoir de citoyen.</p>
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		<title>Réfléchir sur l’avenir que nous voulons &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..</title>
		<link>http://blog.paulverges.fr/que-faire/reflechir-sur-l%e2%80%99avenir-que-nous-voulons</link>
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		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 17:51:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme il est de tradition, j’ai le plaisir de vous adresser des vœux pour cette nouvelle année. Qu’elle vous apporte à vous et à vos proches, santé, harmonie et lucidité. Je voudrais aussi formuler des vœux pour notre île : des vœux pour une meilleure cohésion, qu’elle soit sociale, économique, culturelle ou territoriale. L’année 2011 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Comme il est de tradition, j’ai le plaisir de vous adresser des vœux pour cette nouvelle année. Qu’elle vous apporte à vous et à vos proches, santé, harmonie et lucidité.</p>
<p>Je voudrais aussi formuler des vœux pour notre île : des vœux pour une meilleure cohésion, qu’elle soit sociale, économique, culturelle ou territoriale.</p>
<p>L’année 2011 a vu l’avenir de La Réunion se noircir dans de nombreux domaines, l’année 2012 sera une année décisive : celle de tous les dangers, mais aussi celle de toutes les opportunités.</p></blockquote>
<h2 style="text-align: justify;">Aggravation de la crise</h2>
<p style="text-align: justify;">Année 2012, année de tous les dangers : la situation sociale, économique, culturelle de La Réunion s’est aggravée ces derniers mois. Jamais notre île n’aura connu un tel taux de chômage : 150.000 Réunionnaises et Réunionnais privés d’emploi ! Les jeunes sont les plus concernés : près de 60% ne trouvent pas de travail.</p>
<p style="text-align: justify;">Des postes dans la fonction publique vont être supprimés : 156 postes d’enseignants à la rentrée d’août 2012 ; dans le secteur des finances,  on annonce neuf suppressions de postes sur un effectif total de 850 personnes !</p>
<p style="text-align: justify;">Le coût de la vie a augmenté. Aujourd’hui, les classes moyennes sont aussi touchées par la politique de récession du gouvernement. Alors, comment peuvent survivre ces milliers de Réunionnais qui sont sous le seuil national de pauvreté. Ou les 30.000 familles réunionnaises qui sont dans l’attente d’un logement ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les prévisions des économistes indiquent que le taux de croissance sera encore nul au premier semestre 2012. Les plus optimistes estiment que la croissance reviendra au 2e semestre. D’ici là, combien d’entreprises auront-elles fermé leurs portes, à l’exemple de Sea France, dont le tribunal de commerce vient de prononcer la cessation d’activité et la liquidation définitive ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les choix économiques faits par le gouvernement, s’ils ont affaibli la France, ont très fortement frappé La Réunion. Jamais le gouvernement n’a tenu compte des spécificités de l’outre-mer. C’est l’exemple de la suppression des postes dans l’enseignement alors que l’outre-mer en général et La Réunion en particulier connaissent une augmentation de leur population scolaire !</p>
<p style="text-align: justify;">Ces décisions ont été prises alors que ce même gouvernement avait fait de l’année 2011, l’année de l’outre–mer ! Ainsi, malgré toute la communication faite au sujet des divers événements organisés, peut-on dire que la France, ses institutions et ses entreprises, ont une perception différente de l’outre-mer ? La réponse est non. Et aucune campagne de communication, aussi brillante fusse-t-elle, ne pourra jamais faire oublier la situation économique ultramarine.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Des solutions inadaptées</h2>
<p style="text-align: justify;">C’est l’exemple de Mayotte, où, malgré les annonces faites, on ne peut pas dire que la situation soit réglée. Il y a eu certes, un accord de fin de conflit, les entreprises du secteur de la grande distribution, vont réduire les prix de onze produits de première nécessité. L’accord est provisoire, et n’a été mis en place que dans l’attente du premier versement du RSA,  en mars prochain.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cela veut-il dire que la question du coût de la vie et du pouvoir d’achat de tous les Mahorais sera définitivement réglée ? Chacun sait bien que non. Le cas de La Réunion, avec la question de la prime COSPAR, est révélateur : les sénateurs avaient approuvé l’amendement que j’avais déposé, visant à reconduire cette prime sur trois ans. Le gouvernement en a décidé autrement : la prolongation ne sera que d’un an.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mécontentement est également perceptible aux Antilles, comme dans le Pacifique. En Polynésie, par exemple où les demandes d’aides alimentaires ont été multipliées par cinq en quatre ans. Il s’agit là d’un « signal d&#8217;alerte de paupérisation de population » que chacun peut parfaitement percevoir. En Polynésie comme dans tout l’outre-mer.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Ingérence</h2>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte, l’attitude du gouvernement français est lourde de signification : Paris vient d’exiger de la Polynésie qu&#8217;elle réduise ses dépenses. Or la collectivité a vu ses recettes fiscales baisser de 17% en 4 ans. Un amendement a été déposé à l’Assemblée nationale, lors du vote du projet de loi de finances 2012, visant à créer une dotation d&#8217;ajustement exceptionnelle pour ce territoire. En contrepartie de cette aide de 50 millions d&#8217;euros, l&#8217;Etat exige que la collectivité cède des actifs et mette en œuvre  le plan de redressement de ses finances.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit là d’une décision lourde de sens : le principe de libre gestion des collectivités est totalement mis à mal ; l’attitude du gouvernement relève sinon du chantage, pour le moins d’une curieuse façon d’appréhender le mot « autonome ». Et tout cela souligne – une fois de plus – la « considération » que porte le gouvernement à l’outre-mer : un regard toujours teinté de colonialisme !</p>
<p style="text-align: justify;">Coïncidence du calendrier : au moment où le gouvernement français exigeait des responsables polynésiens des efforts financiers inacceptables, se tenait un colloque sur le réchauffement climatique. Le constat des experts est sans appel : la montée des eaux pourrait engendrer la disparition de nombre des 118 îles, notamment celles qui constituent l&#8217;archipel des Tuamotu, dont les atolls ne s&#8217;élèvent souvent pas à plus d&#8217;un ou deux mètres au-dessus de la surface de l&#8217;océan.</p>
<p style="text-align: justify;">Les scientifiques estiment en effet que cette montée des eaux atteindra environ 50 centimètres à l&#8217;horizon 2100, et ce, dans le cas où le réchauffement climatique ne s&#8217;accélérerait pas au cours des décennies à venir. Et cela n’est absolument pas avéré. Quelque 270.000 habitants de Polynésie seraient alors touchés par le phénomène d&#8217;ici à la fin du siècle.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Réfugiés climatiques</h2>
<p style="text-align: justify;">Ces 270.000 Polynésiens viendront rejoindre les 38 millions de réfugiés du climat. Un nombre en constante augmentation : en 2008, 4,6 millions de personnes étaient réfugiées à la suite d’un conflit violent, mais entre 15 et 20 millions avaient du quitter leur domicile après une catastrophe naturelle. Deux ans plus tard, en 2010, 38 millions de personnes sont donc devenues des migrants environnementaux, des réfugiés du climat.</p>
<p style="text-align: justify;">La tendance devrait s’accentuer pour l’année 2011 qui a vu le tsunami et l’accident de la centrale nucléaire du Japon et surtout les inondations en Thaïlande, en Australie, en Chine et aux Philippines. La sécheresse qui a frappé l’Afrique, le Canada, l’Asie… est aussi une cause probable de migration climatique.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a annoncé, dans son dernier rapport, l’augmentation des phénomènes climatiques extrêmes. Tout cela entrainera obligatoirement de nouvelles catastrophes et de nouvelles migrations. Est-ce pour autant un sujet de préoccupation des pays du Nord ? Non. Les tergiversations à Durban ont été, à ce titre, révélatrices de l’état d’esprit des pays dits développés. Si tout n’est pas perdu, rien n’est gagné. Loin de là.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Des menaces ignorées</h2>
<p style="text-align: justify;">Le gouvernement français prend-il la mesure de cette menace liée aux changements climatiques ? Tout indique que non. Pourtant, les scientifiques ont souligné que l’Occident n’était pas à l’abri des migrations environnementales.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils ont d’ailleurs pris comme exemple ce qui s’est passé en France, en 2010, avec la tempête Xynthia. Plusieurs milliers de personnes ont du aller vivre ailleurs, non seulement à cause des dégâts provoqués par la tempête mais aussi parce que les habitations situées en zone vulnérable ont été évacuées et qu’aujourd’hui, les plans d’urbanisation ont été modifiés.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette question est d’une acuité encore plus importante à La Réunion. Il est inévitable que tôt au tard, un cyclone nous frappera. Pour l’instant, l’île connaît une nouvelle période de sécheresse. Dans le Sud, la situation est alarmante, pour les populations comme pour l’agriculture.</p>
<p style="text-align: justify;">La Réunion va-t-elle rejoindre la liste des 70 départements français sinistrés ?  Les récoltes de letchis et de mangues ont été extrêmement faibles, cette saison. La canne va-t-elle subir le même sort ? Déjà menacée par une éventuelle suppression par l’Europe des quotas, la filière canne / sucre peut aussi s’inquiéter de l’excellente production annoncée par les betteraviers. Ceux-ci parlent de résultats exceptionnels, de rendements inespérés, dépassant ceux de 2009, année de référence. Quand bien même les betteraviers auraient dépassé leurs quotas, ils peuvent néanmoins vendre leur surproduction, puisqu’il manque de sucre dans l’Union européenne, et que tout est acheté à des prix intéressants.</p>
<blockquote><p>« Au moment de diffuser ce blog, se produisent deux événements : pour la France l’abaissement de la note trois A mettant en question la crédibilité de la politique économique et financière du gouvernement, et pour La Réunion le coup de force du président de la Région vis-à-vis d’Air Austral. Ces deux événements capitaux pour l’avenir feront l’objet de nos commentaires dans notre prochain blog. »</p>
<p><br style="text-align: justify;" /></p></blockquote>
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		<title>2012 : une année extrêmement difficile mais néanmoins porteuse d’espoir</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Dec 2011 09:41:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette période, entre Noël et le 31 décembre, à La Réunion, est marquée par un tourbillon exceptionnel de communication pour une si petite île, marquée par d’énormes inégalités sociales. Les appels à la consommation se sont multipliés, pour acheter des jouets, voitures, matériel électronique etc. On a l’impression que, dans cette société en crise, on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Cette période, entre Noël et le 31 décembre, à La Réunion, est marquée par un tourbillon exceptionnel de communication pour une si petite île, marquée par d’énormes inégalités sociales. Les appels à la consommation se sont multipliés, pour acheter des jouets, voitures, matériel électronique etc.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">On a l’impression que, dans cette société en crise, on a tout fait pour que les gens oublient la situation et s’amusent ; même si, et cela est révélateur, les gestes de solidarité envers les plus démunis (repas, jouets) ont été nombreux.<br />
Mais quels que soient les efforts, la réalité s’impose de plus en plus, et l’on se réveille de plus en plus du rêve dans lequel on a voulu nous enfermer.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Pas de trêve de Noël pour la crise !</h2>
<p style="text-align: justify;">La réalité, entre Noël et le 31 décembre, c’est l’annonce de l’augmentation du chômage : 120. 850 chômeurs, chiffre officiel pour La Réunion. Mais si l’on prend toutes les catégories répertoriées, on dépasse largement le nombre 150.000 personnes privées d’emploi !<br />
Rien n’a changé, dans la situation de pauvreté à La Réunion, la moitié de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté national.<br />
Combien de Réunionnaises et de Réunionnais, sur les 120.000, a-t-on sorti de la situation d’illettrisme ? Il n’y a pas eu d’annonce à ce sujet.<br />
L’on parle toujours des 30.000 demandeurs de logement, mais l’on a pas eu le moindre bilan, même modeste, de ce qui a été fait pour donner satisfaction ne serait-ce qu’à quelques familles.<br />
C’est cela, la réalité de cette fin 2011. Et c’est ce qui existera aussi pour 2012, que ce soit dans le secteur de l’emploi et du chômage, du logement etc.<br />
Car la situation s’est aggravée de jour en jour, d’année en année, durant près de cinq ans de mandat présidentiel.<br />
L’année 2012 s’annonce sous des auspices encore plus négatifs, malgré un budget de rigueur et deux plans d’austérité successifs : restriction dans les dépenses et augmentation des taxes. Le 3e volet d’austérité s’annonce.<br />
Quant à  la fameuse note AAA sur la crédibilité financière du gouvernement, elle est en train de baisser ! De croissance très faible, au 2e trimestre, nous sommes passés à une « croissance » au-dessous de zéro au 3e trimestre. Le 4e trimestre connaîtra aussi une croissance négative.<br />
Une situation qui devrait se poursuivre dans les premiers mois de 2012, la croissance pouvant revenir éventuellement seulement au 2e semestre.</p>
<h2 style="text-align: justify;">En 2012 : croissance zéro ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Si l’on regarde la situation, au-delà de La Réunion, en Europe ou en France, voire aux Etats-Unis, on ne peut que constater que cela va en s’aggravant. La sortie de crise dont nous parlent toujours les dirigeants n’interviendra pas – si elle arrive – avant « de très longues années », à en croire la chancelière allemande.<br />
Voilà la réalité ! La crise qui frappe les travailleurs les plus démunis a atteint largement les classes moyennes. Et ce n’est pas fini ! Dans le secteur public, par exemple, 14.000 postes d’enseignants vont être supprimés. A La Réunion, ce sont 160 postes qui vont disparaître à la prochaine rentrée scolaire.<br />
Quand on parle de chômage aggravé, ce sont les entreprises qui sont concernées : plus de 800 entreprises réunionnaises ont fermé en 2011. En ce qui concerne la jeunesse, le taux de chômage dépasse 60% ! On pourrait ainsi multiplier les exemples !</p>
<h2 style="text-align: justify;">Quand certains se trompent de combat !</h2>
<p style="text-align: justify;">Tout cela est une réalité vécue quotidiennement par des milliers de Réunionnaises et de Réunionnais. En parle-t-on ? Non. Voyant s’approcher les prochaines élections législatives, la presse a commencé à faire des projets de candidature. Là aussi, c’est l’inflation ! On annonce pléthore de candidats dans chacune des 7 circonscriptions. Celles et ceux qui briguent un mandat se présentent, se parant bien évidemment de toutes les qualités.<br />
Mais il est typique que personne ne tire le moindre bilan des années écoulées et pire, n’annonce le moindre programme ou projet pour les 5 ans à venir. Que vont-ils bien faire, pendant les 5 prochaines années, alors qu’ils seront élus ?<br />
Tout cela donne la curieuse impression que l’on n’est pas dans une campagne électorale, mais dans un concours visant à couronner 7 rois fainéants ! Est-ce qu’on va continuer longtemps dans ce rêve, sinon ce cauchemar, qui s’annonce ?<br />
Il y a là une volonté de tromper l’opinion qui est évidente. Et cela est devenu une habitude chez certains.<br />
Pour la première fois à La Réunion, une collectivité locale, le Conseil régional, est devenue le principal client des régies en termes d’achat d’espaces publicitaires ! Chaque jour, les colonnes des journaux font une large place à des encarts pour cette collectivité. Il en est de même pour les radios ou les télévisions ! Pour dire quoi ?<br />
Plus le chômage augmente, plus on prétend créer du travail ! Plus la crise du logement sévit, plus on promet un toit à chacun ! Plus les jeunes sont inquiets pour leur avenir, plus on essaie de les tromper !<br />
Mais, tôt ou tard, chacune et chacun prendra conscience de la réalité, et l’on verra, alors, la réaction de celles et ceux que l’on essaie aujourd’hui de tromper ou de manipuler, que ce soient les jeunes, les privés de logement, les privés d’emplois, les plus pauvres, les couches moyennes…<br />
Le déséquilibre politique / finance<br />
Car chacune et chacun sait bien que la crise n’est pas terminée. Bien au contraire, elle s’étend et s’aggrave.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle s’étend non seulement aux couches moyennes mais aussi à d’autres pays. Née aux Etats Unis fin 2008, la crise a d’abord été financière. Trois ans plus tard, fin 2011, elle s’est transformée en crise économique, sociale, budgétaire, a atteint les pays dits prospères (Europe, Etats Unis, Japon etc.) et maintenant même les pays émergents (Chine, Inde, Brésil). Ceux-ci commencent à en subir les conséquences. La question qui se pose à tous est : comment s’en sortir ?<br />
Il faut bien voir que les dirigeants des pays dits développés sont des politiques obéissant aux ordres et exigences du marché financier, des banques, de la grande finance. Depuis des années, ce monde de la haute finance internationale a orienté les gestes et initiatives des politiques. Les dirigeants des pays n’ont plus la direction et la maîtrise de leur Etat. C’est la Bourse qui décide. Pour quel résultat ? La situation s’aggrave. Tout montre l’inefficacité du système et son immoralité.<br />
La réaction populaire : la grève et la révolution<br />
Face à cela, s’organise la protestation populaire. Ce sont les grèves et autres moyens de lutte dans les pays développés. C’est la révolution, dans pays arabes. Et dans le même temps, on voit la traduction de ces déséquilibres dans la multiplication des affrontements à caractère religieux ou identitaires.<br />
Mais tous ces désordres montrent que le système actuel ne parvient plus à faire face à la situation. Aujourd’hui, sous nos yeux, « le monde est en train de changer de base ».<br />
Un changement qui sera long et lent. Mais pendant ce temps, nous, à La Réunion, que faisons-nous ?<br />
La Réunion est intégrée à la France, laquelle est intégrée à l’Europe. Et justement, en Europe, de nombreux pays vont connaître, en 2012, de profonds changements, liés essentiellement aux élections.<br />
C’est bien sûr en France avec le changement à la présidence de la République, puis à l’Assemblée nationale. C’est aussi le cas en Allemagne. Mais aussi aux Etats Unis.<br />
De partout, à La Réunion comme en France ou ailleurs, s’élèvent des protestations de la part de ceux qui sont les victimes de la crise : travailleurs, classes moyennes, secteurs industriel, agricole, tertiaire.<br />
C’est la manifestation évidente d’une vraie volonté de changement. D’un changement profond, non pas dans l’espoir immédiat que l’on va arrêter la crise, comme par miracle. Mais de voir comment on peut faire pour que les conséquences de cette crise épargnent, autant que possible, les plus modestes.<br />
La volonté de voir que l’on pourra casser cette politique d’inégalités criantes : chaque jour, la presse annonce, à quelques pages d’intervalle, que d’un côté, des milliers de personnes sont privées d’emploi, ou de logement, que la misère gagne tous les jours du terrain, mais que, de l’autre côté, d’autres, financiers, stars du sport ou du show biz, gagnent des milliers voire des millions d’euros par mois !<br />
La situation n’est pas acceptable. Elle n’est plus acceptée.<br />
2012 : un rendez-vous important, un premier pas vers le changement<br />
Et cela donne aux rendez-vous électoraux français de 2012 une importance de plus en plus avérée, un contenu de plus en plus net, dans un objectif s’affirmant de plus en plus clairement : la lutte contre les inégalités et injustices sociales, la volonté de redonner un espoir et une chance aux jeunes, aux travailleurs, aux privés d’emplois, aux femmes…<br />
Ce sera un rendez-vous électoral particulier, car il va changer le chef de l’Etat qui, dans le régime actuel, jouit d’un pouvoir exorbitant. Et cela va se passer dans moins de 4 mois, plus exactement le 22 avril et le 6 mai. Ce seront ensuite les élections législatives qui vont changer la majorité à l’Assemblée nationale, et ce sont les députés qui élaborent les lois et les budgets !<br />
Ainsi, dans moins de six mois, en juin prochain, le Président de la République aura changé, et après le Sénat, l’Assemblée nationale disposera d’une nouvelle majorité issue de l’actuelle opposition. Ce sera une configuration attendue depuis très longtemps.<br />
Les mandats présidentiel et législatif courront de 2012 jusqu’en 2017. Or, dans la Constitution de la Ve République, si un Président ne peut pas bénéficier de plus de deux mandats, la tradition veut qu’un président en exercice tente sa chance pour un deuxième mandat : ce fut le cas avec Mitterrand, Chirac.<br />
Le Président actuel essaie lui aussi de briguer un 2e mandat. Mais tous les pronostiqueurs politiques lui prédisent un échec cuisant.<br />
La volonté proclamée de l’actuelle opposition de changer de politique pour les 5 ans à venir, soit 2012 / 2017, peut également permettre d’envisager une continuité de cette action pour 2017 / 2022.<br />
Nous ne devons pas perdre tout cela de vue, malgré le tourbillon incessant d’informations données par les media, ici ou ailleurs. 2012 ouvre des perspectives pour 5 ou 10 ans. C’est dire l’importance des consultations, dans les cinq et six mois prochains,  en mai et juin.<br />
Une autre politique est possible<br />
Face à ce grand rendez-vous, que devons-nous proposer, pour faire une autre politique ? Que doit-elle contenir, comme mesures concrètes et précises, pour que le poids des conséquences conjointes de la crise et de la politique menée ces dernières années, ne pèsent plus sur les plus défavorisés, alors que d’autres en ont profité pendant des années ?<br />
La volonté de changement n’est pas démagogique, mais faire des promesses alors que l’on sait qu’elles ne seront pas tenues, cela l’est totalement.<br />
Il faut dire la vérité, expliquer qu’une autre politique est possible, même dans une situation de crise, et pour nous, à La Réunion, ce changement doit aussi prendre en compte des grands bouleversements qui vont marquer tout le siècle : c’est par exemple la progression démographique. L’Afrique et l’Asie sont concernées. La Réunion aussi, tout comme Madagascar !<br />
A l’horizon 2020, la Grande Ile comptera près de 30 millions d’habitants pour un peu plus de 21 millions aujourd’hui. Au terme du second prochain mandat présidentiel, en 2022, La Réunion aura presque un million d’habitants !<br />
Cela veut dire que les 5 ans, les 10 ans qui viennent, sont d’une importance capitale. Parce qu’ils vont engager le sort de La Réunion, des Réunionnais aujourd’hui en âge de travailler, mais aussi celles et ceux qui sont aujourd’hui au lycée ou à l’université.<br />
C’est leur avenir, économique, social et politique qui va se jouer.<br />
Les 5 ans à venir vont être marqués par  le traitement des questions du régime de l’octroi de mer, du règlement sucrier actuel, des accords de partenariat économique etc. de la gestion de la fin de la crise.<br />
Ce sera le changement institutionnel, avec la réforme des collectivités locales et, dans les 5 prochaines années, avec l’application de la loi sur le non cumul des mandats. Et ce sera la fin des féodalités actuelles.<br />
Dans un monde en profond changement, ce sera la place faite aux jeunes, aux femmes, à celles et ceux qui, aujourd’hui sont sous-représentés.<br />
Ce sera également la cessation d’activité de ceux qui sont aujourd’hui en poste et qui maintiennent à tout prix La Réunion dans une situation post coloniale.<br />
Ce changement va arriver, de toutes les façons. Et tout cela dépend de la volonté des Réunionnaises et des Réunionnais. Et de la manière avec laquelle va s’imposer la nouvelle génération, pour bâtir un avenir meilleur.<br />
C’est cela le véritable enjeu, la réelle question, bien au-delà des festivités du 31 décembre ou du nouvel An !<br />
Et quels meilleurs vœux que ceux-là : ceux d’un appel à la lucidité, à la responsabilité et au courage, à l’espérance pour construire une autre Réunion. Des vœux que tous les Réunionnais peuvent contribuer à réaliser. Dès mai et juin 2012.</p>
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		<title>Récession, phénomènes climatiques extrêmes, suppressions de postes dans l’Education nationale … 2012 sera une année très difficile</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 01:48:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Au-delà de toutes les communications proposées ces dernières semaines – suppléments commerciaux, catalogues de vente de jouets, voitures, jeux, immobilier etc. &#8211; , et les incontournables faits divers, il y a des informations qui soulignent la marche inéluctable de l’aggravation de la situation et du renforcement de la crise. A travers tout cela, il s’agit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Au-delà de toutes les communications proposées ces dernières semaines – suppléments commerciaux, catalogues de vente de jouets, voitures, jeux, immobilier etc. &#8211; , et les incontournables faits divers, il y a des informations qui soulignent la marche inéluctable de l’aggravation de la situation et du renforcement de la crise. A travers tout cela, il s’agit de faire le tri entre ce qui relève de l’information immédiate et ce qui va peser sur l’avenir tant de La Réunion que du monde.</span></p>
</blockquote>
<h2 style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: small;">L’Irak : loin des discours de 2003 !</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Sur le plan extérieur, c’est l’annonce du retrait des troupes américaines de l’Irak, après 9 ans de présence. Rappelons-nous ce que l’on nous annonçait, en 2003, dans de grands articles tonitruants : la présence américaine sur le sol d’Irak était synonyme de fin de dictature et d’épanouissement de la démocratie. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">9 ans après, c’est dans la plus extrême discrétion que l’on nous annonce le « bilan » de cette opération : plus de 4.500 morts du côté américain. Et surtout plus de 100.000 tués du côté irakien. Un pays totalement détruit, éprouvant les plus grandes difficultés à s’organiser, et l’aggravation des tensions dans toute la zone. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Que sont devenus les beaux discours et les belles déclarations de 2003 ?</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: small;">Conséquences des changements climatiques : aucune prise en compte à La Réunion !</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">J’ai souvent attiré l’attention sur l’aggravation de la situation climatique dans le monde : les phénomènes sont de plus en plus extrêmes et fréquents. Cela a abouti à un chiffre record ces 10 dernières années, pour les crues, les inondations, les cyclones, les sécheresses, les incendies etc.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Aujourd’hui, la liste s’allonge. Après la Thaïlande, ce sont les Philippines qui sont touchées : le cyclone Washi a provoqué d’énormes inondations. Les vents ont été d’une grande violence. La tempête a été meurtrière : on parle de plus de 1.000 morts, et le bilan n’est que provisoire, des centaines de disparus, 338.000 sinistrés, 284,000 personnes déplacées. On retrouve des cadavres à plus de 100 km des lieux dévastés… </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">J’ai multiplié ici les mises en garde sur ce qui, inévitablement, arrivera à La Réunion. Chacun a en mémoire les cyclones dévastateurs de 1932 et 1948. Tout indique que, aujourd’hui, les conséquences pourraient être pires que celles causées par ces deux phénomènes. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Mais quelles ont été les mesures prises pour protéger les personnes et les biens ? Attend-on un désastre pour aller prier, tout ensemble, à l’instar de ce qui s’est produit lors des incendies du Maïdo ?</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: small;">Oui, nous sommes en récession ! </span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">On se rappelle les fracassantes déclarations du Président de la République, il y a quelques semaines, annonçant qu’il allait régler le problème de la crise européenne ! Déclaration aussi tonitruante que lorsqu’il avait annoncé sa volonté de « moraliser le capitalisme international ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">On nous a souvent annoncé des rencontres entre la France, l’Allemagne et les pays européens ou de la zone euro. Beaucoup de bruit pour rien : tout s’est conclu, aujourd’hui par un échec.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">En effet, où en est-on ? En ce qui concerne la dette de la Grèce, il nous avait été annoncé que les banques allaient devoir renoncer à 20% de leur créance. Puis ce chiffre a été porté à 50%. Maintenant, on évoque … 80% ! </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Le problème de la dette grecque n’est donc pas réglé mais en plus, l’on assiste aujourd’hui à une aggravation de la situation en Italie, en Espagne, au Portugal.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Et bien sûr en France ! L’aggravation a été telle que le gouvernement a été obligé de reconnaître que le taux de croissance successivement n’était pas aux 1,5% espérés, qu’il baissait au fil des mois, et enfin qu’il allait être… négatif ! </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">C’est ce qu’ont annoncé les économistes pour le 4</span><sup><span style="font-size: x-small;">e</span></sup><span style="font-size: small;"> trimestre 2011 et pour le 1</span><sup><span style="font-size: x-small;">er</span></sup><span style="font-size: small;"> trimestre 2012. Quant au gouvernement, il espère retrouver une croissance positive… au 2</span><sup><span style="font-size: x-small;">e</span></sup><span style="font-size: small;"> semestre 2012 !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">En attendant cette hypothétique embellie, et après l’aveu du gouvernement sur l’aggravation de la situation, il faut s’attendre à la dégradation de la note donnée à la France par les agences internationales.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Sur le plan de la simple communication, il faut se souvenir des déclarations de Sarkozy, concernant ce triple A : c’était « un trésor national ». Aujourd’hui, les ministres, notamment celui des Affaires étrangères, expliquent à tour de rôle, que si la note venait à être dégradée, cela ne serait pas un drame pour la France !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Pourtant,  la situation ne cesse de se dégrader, le taux de croissance est négatif. Nous sommes entrés en récession. Oui, le mot est – enfin – lâché. </span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: small;">14.000 postes supprimés dans l’Education nationale !</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Or le budget pour 2012 préparé par le gouvernement se basait sur un taux de croissance estimé à 1,5% pour 2012. Il ne sera jamais atteint. Ce budget a donc dû être révisé, par deux fois déjà, du fait de l’effondrement du taux de croissance.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Aujourd’hui, avec un taux de croissance négatif, parce que nous sommes en récession, le gouvernement va devoir établir un 3</span><sup><span style="font-size: x-small;">e</span></sup><span style="font-size: small;"> plan pour tenter de stopper l’aggravation du déficit. Et cela, juste au moment où Sarkozy voulait sacraliser  le principe de la règle d’or sur l’équilibre budgétaire !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Bien évidemment, tout cela va avoir un impact sur toute l’année 2012 et cela concernera tous les secteurs de la vie économique, sociale etc. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">On en voit les premiers exemples, avec l’augmentation du taux des assurances. Cela nous concerne tous.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">C’est aussi l’annonce du gouvernement de supprimer, en 2012, plus de 14.000 postes dans l’Education nationale. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Ces 14.000 postes vont s’ajouter aux 66.000 postes déjà supprimés depuis 2007. Ainsi, le gouvernement Sarkozy aura supprimé 80.000 postes dans l’Education nationale depuis le début de son mandat.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Sur ces 14.000 postes supprimés, 5 700 concernent le premier degré, 6.550 le second degré, 400 les services administratifs et 1.350 l’enseignement privé.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">La Réunion ne sera pas épargnée. 156 postes seront supprimés à la rentrée d’août 2012 : 69 postes supprimés dans le premier degré et 87 dans le second degré.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">156 postes supprimés alors qu’il y a à La Réunion plus de 122.000 illettrés. Que la population augmente ! Et que les effectifs par classe sont déjà importants !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">La situation se détériore aussi pour les entreprises : malgré toutes les démarches effectuées, le gouvernement  a décidé de supprimer l’abattement de 30% sur les bénéfices réalisés par les entreprises d’outre-mer. Et cela au moment où l’on apprend que, ces deux dernières années, plus de 800 entreprises réunionnaises se sont retrouvées en faillite ou mises en liquidation. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Tout cela entrainant la hausse du chômage, lequel est aujourd’hui à un degré jamais atteint !</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: small;">De plus en plus de voitures !</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Un autre élément à prendre en compte : on annonce officiellement que 25.000 voitures ont été importées, en 2011, à La Réunion. Elles vont s’ajouter aux 450.700 autres déjà en circulation dans l’île. En 2012, ce seront donc près de 500.000 voitures qui emprunteront les routes réunionnaises ! </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Ce chiffre à lui seul, est une condamnation de la politique de mobilité menée à La Réunion ces deux dernières années !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">En effet, avec la décision de supprimer le tram train, seul moyen de transport collectif crédible, et l’annonce de l’arrivée de 2.000 bus, c’est l’assurance de voir l’aggravation des conditions de circulation dans l’île, et le renforcement des ralentissements et autres embouteillages.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Tous ces éléments ont été publiés dans la presse. Mais force est de constater que l’emplacement et la place qui leur ont été réservés sont des plus modestes par rapport au volume des annonces commerciales et autres catalogues publicitaires !</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: small;">Une pauvreté de plus en plus grande</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Nous venons d’entrer dans la saison des pluies mais la sécheresse a déjà fait bien des dégâts. De partout, les systèmes d’adduction d’eau connaissent des déficits. Les coupures sont nombreuses. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Rappelons-nous aussi tout le tapage fait autour des incendies du Maïdo, et les demandes pour avoir un avion type Dash à La Réunion. Le gouvernement expliquait que ce n’était absolument pas nécessaire, et que, de plus, il n’y avait pas d’avion disponible !  Et finalement, deux Dash sont venus, et l’un est toujours à La Réunion, quotidiennement en service. Ce qui était impossible hier et devenu banal aujourd’hui…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">D’autres aspects significatifs sont aussi à relever. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Jamais, à La Réunion, il n’y a eu autant de manifestations de solidarité envers les plus pauvres. Au-delà du dévouent des organisations, c’est une preuve supplémentaire de l’aggravation de la situation et de la misère à La Réunion, en 2011 mais malheureusement aussi pour 2012 voire les années suivantes.</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: small;">Le 20 décembre : enfin reconnu mais …</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Jamais les Réunionnais n’ont connu un 20 décembre comme cette année ! De partout, des manifestations, cérémonies, hommages, rencontres ont été organisés, notamment par les municipalités. On a également pu voir la diffusion d’un documentaire sur la tragédie qu’a été la vie de l’esclave Eli. Et jamais nous n’avons entendu autant de maloya.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Il nous faut nous interroger : pourquoi le 20 décembre, la plus grande date dans la courte histoire de La Réunion, &#8211; parce qu’elle est celle de l’abolition de l’esclavage -, a-t-elle été maintenue sous le boisseau pendant des décennies ? Et pourquoi le PCR et les organisations syndicales ont-ils été aussi décriés, insultés, lorsqu’ils se sont battus pour la reconnaissance de cette date historique ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Malgré les insultes, le fait que nous ayons été traités d’anti-français, nous avons obtenu que cette date ne soit pas une page oubliée de notre histoire. Le 20 décembre est aujourd’hui reconnu.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Cela marque la défaite des réactionnaires mais il existe encore des tentatives pour freiner l’appropriation par les Réunionnais de tous ces faits historiques, à travers telle ou telle action. Ce combat d’arrière-garde mené par certains qui ne veulent pas renoncer, mais ce combat est néanmoins voué à l’échec, car la mobilisation et le mouvement sont trop forts pour disparaître, quand bien même viendraient à être utilisés certains moyens institutionnels pour tenter d’éteindre ce qu’est le 20 décembre.</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: small;">Cesaria Evora : un message d’authenticité et de fierté !</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Il nous faut aussi évoquer la disparition de Cesaria Evora. Mais au-delà de ce qui a pu être dit, ici ou là, rappelant le caractère international de l’artiste, nous devons souligner ce qui pour nous, Réunionnais, représente un aspect particulier dans le travail et le talent de cette artiste.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Elle est née au Cap-Vert, à Mindelo, capitale de l&#8217;île de Sao Vicente. Une île colonisée par les Portugais, comme La Réunion l’a été par la France. Cela a généré l’émergence d’un peuple, d’une culture et d’une identité créoles.  Comme à La Réunion.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Cette femme, comme beaucoup de Réunionnais, a connu la misère, a vécu une vie extrêmement dure, remplie d’humiliations. Dans ces conditions, c’est presque un miracle qu’elle ait pu être reconnue, à la fin de sa vie, comme une grande vedette internationale, chantant en créole et imposant cette langue au monde entier. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Sa chanson « Saudade » en créole Cap-verdien, est une dénonciation du travail forcé imposé à son peuple. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">La « Diva aux pieds nus » chantait nu-pieds, pour rendre hommage à son peuple, à qui le colonisateur portugais interdisait de traverser la place pieds nus, en l’obligeant à se chausser comme lui, au nom de la « civilisation ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Cesaria Evora a ainsi porté sur les plus grandes scène du monde toutes les humiliations et les douleurs d’un peuple, soumis à la colonisation pendant des siècles, affichant publiquement tout ce qui a été commis à l’encontre du peuple cap-verdien et toutes les souffrances de celui-ci.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Tout cela trouve obligatoirement un écho à La Réunion. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Quant le répertoire cap-verdien est connu dans le monde entier, quand le maloya est reconnu par l’UNESCO, c’est alors la reconnaissance de la culture des peuples créoles et colonisés. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Nous devons avoir cela en tête, lorsque l’on songe à cette artiste d’un immense talent qui a su envoyer un message authentique, un message de fierté au monde entier. Un message créole. </span></p>
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		<title>Après la Conférence internationale de l’ONU à Durban &#8230;</title>
		<link>http://blog.paulverges.fr/climat/apres-la-conference-internationale-de-l%e2%80%99onu-a-durban</link>
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		<pubDate>Fri, 16 Dec 2011 16:09:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul VERGES</dc:creator>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Que faire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Si tout n’est pas perdu, rien n’est encore gagné. En tant que président de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), j’ai eu l’occasion de participer à la 17ème conférence sur le climat de l&#8217;ONU, à Durban. Cette rencontre était d’une très grande importance. En effet, il fallait décider de l’avenir du Protocole [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;"><strong>Si tout n’est pas perdu, rien n’est encore gagné.</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">En tant que président de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), j’ai eu l’occasion de participer à la 17ème conférence sur le climat de l&#8217;ONU, à Durban.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette rencontre était d’une très grande importance. En effet, il fallait décider de l’avenir du Protocole de Kyoto, son application devant expirer fin 2012.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle s’inscrivait dans un contexte de plus en plus difficile, en termes de changements climatiques. En effet, on assiste, depuis une décennie,  à une augmentation du nombre de phénomènes climatiques extrêmes, dans le monde entier.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceux-ci concernent les dégâts liés à l’eau comme les inondations à la sécheresse avec les incendies ou la désertification des terres agricoles. Ce sont aussi les glissements de terrain, sans oublier les cyclones, typhons ou tornades.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces phénomènes concernent toutes les parties du monde et l’actualité récente nous renvoie aux événements de Sicile, de Thaïlande, du Brésil etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous ces phénomènes ont un impact direct sur les populations. Un seul exemple : la famine dans la corne de l’Afrique provoquant des centaines de morts chaque jour.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec l’aggravation de ces phénomènes, les perspectives sont extrêmement sombres.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Une augmentation de la température de 5° ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">C’est là l’une des prises de conscience à laquelle sont parvenus les participants à ce sommet de Durban. En effet, ils considèrent que l’augmentation température sera supérieure aux 2degrés annoncés jusque-là.  Une hausse de 3 degrés est maintenant une hypothèse très plausible.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais si l’évolution se poursuivait dans le sens d’aujourd’hui, à savoir peu de mesures contraignantes et restrictives sur l’utilisation, par exemple, des énergies fossiles, la situation ne serait plus maîtrisable. Certains experts estiment aujourd’hui qu’une hausse de température de 5°à fin du siècle est tout à fait envisageable.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est donc dans ce contexte que s’est inscrite la conférence de Durban, visant à envisager la suite à donner au protocole de Kyoto.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, il y a eu un certain nombre de réunions de préparation, à Copenhague, puis à Cancun, avec le succès ou plutôt l’insuccès que l’on sait.</p>
<p style="text-align: justify;">La conférence de Durban était donc une date extrêmement importante et devait répondre à cette question : peut-on encore sauvegarder les principales dispositions du protocole de Kyoto?</p>
<p style="text-align: justify;">Or, face à ces enjeux extrêmement importants pour l’avenir même de l’humanité,  force est de constater que la mobilisation autour de cette conférence a été quelque peu ternie par ce qui se déroule sur le plan économique européen voire international. En effet, la situation ne favorisait pas une approche positive de la Conférence de Durban.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien des commentateurs de presse – notamment européens -  avaient le regard braqué sur ce qui se passait en Europe, les rencontres entre dirigeants allemand et français, notamment, pour tenter de trouver une solution aux problèmes de la zone euro, alors que, dans le même temps, apparaissent au grand jour des distensions de plus en plus fortes parmi les pays de cette zone.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>2100 : c’est demain !</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Mais j’ai constaté avec satisfaction que les orateurs présents à Durban ont tous pris conscience de la gravité de la situation.  Si les discussions ont beaucoup porté sur la question de savoir comment on allait pouvoir  limiter la hausse des températures de 2 degrés, de nombreux intervenants ont appuyé leur discours sur les déclarations des scientifiques prévoyant que la hausse de la température pourrait bien atteindre 5 degrés dans une période que pourraient connaître les enfants qui sont nés ces dernières années. Car 2100, c’est tout proche !</p>
<p style="text-align: justify;">Les mesures prises jusqu’ici n’ont pas été suffisantes ;  le cycle de l’augmentation de température n’est pas cassé.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fait que ces 10 dernières années aient été marquées par une multiplication des événements climatiques extrêmes, ne semble pas avoir été de nature à modifier le comportement de certains Etats.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans une relative indifférence internationale, certains Etats continuent à utiliser les énergies fossiles, pétrole, gaz et charbon, génératrices d’émission de gaz à effet de serre. Cette pression énorme de l’existant, ce mode de développement employé par les industries et les activités humaines contribue fortement à l’aggravation de la situation.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le même temps, on peut constater une prise de conscience de l’opinion publique, de plus en plus sensibilisée à cette question. Mais les populations – notamment européennes – sont également très inquiètes vis-à-vis de l’avenir immédiat, et de ce que l’on appelle la crise. Et cela cache parfois l’importance des défis climatiques.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Des interactions à prendre en compte</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">A l’ampleur des changements climatiques, s’ajoute la question de la progression démographique. L’interaction entre les deux facteurs amplifie le problème. La population de la planète était estimée à 7 milliards en octobre. Les démographes estiment qu’elle sera de plus de 9 milliards à l’horizon 2050. Ce qui va générer des besoins supplémentaires, et cela va soulever des énormes difficultés pour les populations.</p>
<p style="text-align: justify;">A ces deux phénomènes, dont les interactions sont évidentes, il faut également ajouter les phénomènes liées à la crise économique et financière, elle aussi générant des interactions avec les deux autres.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est donc dans un contexte mondial extrêmement difficile que s’est déroulée cette conférence à laquelle participaient plus de 3.000 personnes, représentants des Etats ou des ONG, scientifiques et experts.</p>
<p style="text-align: justify;">Durant deux semaines, les représentants de 194 Etats ont donc examiné la situation. C’est toute la planète qui, ainsi, pouvait s’exprimer.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Les îles sont très vulnérables </strong></h2>
<p style="text-align: justify;">L’attente des populations était forte, pour arriver à un véritable accord remplaçant Kyoto et pour que les dirigeants prennent les décisions qui s’imposent.  Si tous les pays du monde sont confrontés à cette situation catastrophique, les îles, elles, sont concernées en premier lieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Certaines des 118 îles de Polynésie française sont menacées de disparition en raison de la montée des eaux, Il en est de même pour les îles Kiribati, les Maldives, Tuvalu. Les témoignages des responsables politiques comme ceux des ONG ont été émouvants. Ils subissent avec une violence extrême la question de la montée brutale du niveau des océans.</p>
<p style="text-align: justify;">Sobrement, mais fermement, ils ont fait part de leur certitude : un jour,  leurs îles  vont disparaître. Cela pose, outre la douleur de voir disparaître la terre de ces ancêtres, la question des réfugiés climatiques. Si certains accords ont été signés, entre tel ou tel pays, il faut néanmoins reconnaître qu’au niveau mondial, rien n’est encore officiellement prévu. Alors que les réfugiés du climat vont être, d’année en année, de plus en plus nombreux.</p>
<p style="text-align: justify;">Certaines îles vont disparaître et en Afrique, des milliers de personnes souffrent de la famine, en raison de la  sécheresse. Face à cela, il convient de prendre des mesures sur plan universel. Mais si tout n’est pas perdu, rien n’est encore gagné.</p>
<p style="text-align: justify;">Les principales forces de la planète se dessinent aujourd’hui : d’un côté, les délégués de l’AOSIS, du groupe Afrique, du 77 et de la Chine, de l’Union européenne, et de l’autre, les Etats Unis, le Canada etc.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Stop aux tergiversations !</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Il y a d’ailleurs une anecdote révélatrice de tout cela : alors que le représentant des États-Unis s’apprêtait à prendre la parole, une jeune femme a apostrophé l’émissaire américain. Son intervention a été remarquable et remarquée. Remarquable, parce que une immense partie des participants a accueilli son intervention par des applaudissements très nourris.  Et remarquée parce que cette femme a été de suite, encadrée par tous les journalistes et les forces de l’ordre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ses propos, dénonçant l’attitude du gouvernement américain, illustrent bien la prise de conscience générale qui s’opère.  Il convient aussi de souligner l’attitude des pays d’Afrique qui  ont manifesté avec force pour dénoncer les atermoiements des grands États face à l’aggravation de la situation mondiale. Ils ont appelé l’ensemble des participant à se mettre d’accord – enfin &#8211;  sur une voie à adopter pour tenter d’éviter le pire.</p>
<p style="text-align: justify;">Le pire a peut être été évité, le sommet de Durban n’est pas un échec. Les représentants des pays sont parvenus à un résultat. Certes, il ne s’agit que d’un sursis pour la planète. Un accord applicable en 2020, avec des engagements de chacun. Mais ils ne sont peut être pas aussi contraignants que certains auraient pu le souhaiter.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Encore du chemin à parcourir … à La Réunion !</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Il y a donc encore du chemin à parcourir avant que l’ensemble des grandes puissances mondiales, développées ou en développement, aille au-delà des engagements formels pris lors de ce sommet.</p>
<p style="text-align: justify;">Au-delà de 2020, ces mesures contraignantes en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre s’appliqueront à tous les pays, y compris la Chine, l’Inde ou le Brésil et bien sûr et surtout les Etats Unis.</p>
<p style="text-align: justify;">La Commission de l’Océan Indien était présente. Participaient aussi des délégations venues des Seychelles, de Maurice, de Madagascar.</p>
<p style="text-align: justify;">S’il reste encore du chemin à parcourir pour que tous les pays adoptent une attitude raisonnable et limitent leur recours aux énergies renouvelables, à La Réunion aussi, il reste encore beaucoup à faire : la question des changements climatiques doit réellement être prise en compte, que ce soient par des stratégies d’adaptation ou de limitation d’émissions de gaz à effet de serre.</p>
<p style="text-align: justify;">Or La Réunion était absente de Durban, de façon globale. En effet, même si Le Port a signé la charte des collectivités locales du monde entier, s’impliquant dans la question de la maîtrise de l’énergie, force est de constater que d’autres collectivités, plus importantes, ont brillé par leur absence.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant la collectivité régionale est en charge de l’aménagement du territoire, des énergies.  C’est d’ailleurs sur la question des énergies que j’ai souvent été interpellé.</p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu’en mars 2010, La Réunion était citée en exemple, y compris au plus haut niveau de l’Etat. Ont souvent été mises en avant les expériences réunionnaises réussies en matière de production d’énergies renouvelables et de limitation de consommation d’énergie.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>L’avance réunionnaise a disparu</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Les études qui avaient été lancées pour la maîtrise des ressources énergétiques marines (courant, marée, énergie thermique des mers) ou géothermiques… ont été stoppées. L’avance que La Réunion avait prise est aujourd’hui réduite à néant.</p>
<p style="text-align: justify;">J’avais été décrié lorsque j’avais alerté, il y a quelques années, sur l’importance des changements climatiques. Tout comme j’avais été raillé, à La Réunion, lorsque j’ai proposé une loi sur la nécessité de la création de l’ONERC.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, l’ONERC, de par son travail, est une référence. L’Observatoire est sollicité pour apporter son expertise, pour définir, avec les responsables politiques, ou économiques et les socioprofessionnels des stratégies d’adaptation.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais à La Réunion, depuis mars 2010, la préparation de l’avenir, la prise en compte des défis majeurs n’est pas une priorité.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est étonnant d’entendre tous les jours, que des communes soient dans l’obligation d’arrêter les circuits d’alimentation en eau, tant pour des raisons d’énorme sécheresse, que parce que le nécessaire n’a pas été fait pour le maintien des réseaux et leur modernisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Chacune et chacun d’entre nous peut se rendre compte que ces changements climatiques sont déjà perceptibles à La Réunion : la saison des letchis est décalée, la production sera très faible ; la sécheresse favorise les incendies.  La saison cyclonique vient de débuter. Il y aura, indubitablement, des forts épisodes pluvieux, entrainant la submersion de radiers ou la crue de ravines. Les efforts engagés jusqu’en mars 2010 n’ayant pas été poursuivis, les risques liés à l’eau vont être encore plus importants.</p>
<p style="text-align: justify;">La protection des biens et des personnes devrait pourtant être au cœur de toute action politique.</p>
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