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Le Blog de Paul Vergès

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Avant qu’il ne soit trop tard . . . . . . . . . . . .

Par • 20 Nov, 2011 • Catégorie: Que faire ?

A quelques heures d’avion de La Réunion, en Afrique du Sud, à DURBAN, du 28 novembre au 9 décembre, se tiendra une conférence climatique internationale décisive.

L’après-Kyoto

Suite à la Convention sur le climat de 1992 à Rio de Janeiro (Brésil), le Protocole de Kyoto (Japon), signé en 1997, entré en vigueur en 2005, a fixé à – 5,2% pour les années 2008-2012 le taux de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 38 pays industrialisés. Pourcentage établi par rapport à la quantité de gaz à effets de serre en 1992. Ce protocole prend fin en 2012.

Il s’agit donc de définir un nouveau train de mesures pour combattre le réchauffement climatique. Après Copenhague (Danemark) en 2009, Cancun (Mexique) en 2010, Durban sera un moment essentiel pour le sort de la planète.

L’action des énergies fossiles

Au centre des discussions, la détermination du rôle des activités humaines dans ce phénomène. En effet, la pollution de l’atmosphère par le CO2 (Dioxyde de carbone), 2ème gaz à effet de serre après la vapeur d’eau, est la cause principale du changement climatique. Or, ce gaz vient de l’utilisation massive depuis deux siècles des énergies fossiles, charbon, gaz, pétrole. Des énergies qui ont été à la base de l’économie occidentale (Europe, USA, Japon) et qui ont assuré sa croissance rapide à partir de la révolution industrielle.

La question de la responsabilité humaine

Qu’aujourd’hui cette croissance soit la cause d’une menace grave sur les équilibres environnementaux remet en question les conceptions traditionnelles du progrès et pose la question de la responsabilité humaine. On ne pourra plus dire que les catastrophes climatiques prévisibles sont des châtiments divins ou les versions  modernes de « la fin du monde ». Certes des textes religieux ont donné aux êtres humains la mission de croître, de se multiplier et de dominer la nature par leur travail. L’Occident s’est nourri de ce projet. Au XVIIème siècle, le philosophe français René Descartes définissait l’être humain comme « maître et possesseur de la nature ».

Pas d’excuses !

Si ces êtres humains ont utilisé leur force physique, leurs capacités intellectuelles à transformer la nature et l’énergie pour produire toujours plus, ils n’ont pas perçu les conséquences à long terme. Aujourd’hui, nous savons.

C’est pourquoi le Protocole de Kyoto demandait en particulier aux pays les plus industrialisés de réduire les émissions de gaz à effet de serre engendrés par leur activité intensive. Des pays comme les USA, le Japon, l’Australie, le Canada et d’autres encore n’ont pas accepté cette rigueur. C’est pourquoi la réduction de ces gaz n’a pas été suffisante.

Combien de degrés en plus ?

Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental à l’ONU sur l’évolution du climat) a pris acte de cette situation. Il s’agit désormais de préparer l’après-Kyoto. Ces experts en soulignent l’enjeu : le non respect du Protocole de Kyoto ne permettra pas de limiter l’augmentation de la température moyenne de notre planète à + 2 degrés en 2100. La prévision est plutôt de + 3 degrés et même plus.

Durban est donc un peu la réunion de la dernière chance pour stabiliser le phénomène du réchauffement. Si on ne parvient pas à un accord international et suffisamment contraignant pour être efficace, le pire peut être possible.

On ne peut sous-estimer les obstacles. Les lobbies liés à l’exploitation des énergies fossiles sont puissants et chercheront à les exploiter jusqu’à épuisement. Et pourtant, même si les mesures décidées seront efficaces, il faudra environ 3 siècles pour retrouver l’état de l’atmosphère existant avant la Révolution industrielle. La tâche est donc urgente et devra être au cœur des préoccupations de tout notre siècle.

Réactions en chaîne

Faut-il rappeler tous les effets dévastateurs d’un trop grand réchauffement ? La fonte des glaciers et de la banquise polaire au Nord et au Sud, la montée du niveau des océans et leur acidification, menaçant la survie des espèces marines, le sort des grandes forêts, la réduction de la ressource en eau pour les 7 milliards d’habitants actuels et les 9 milliards prévus en 2050, l’augmentation en nombre et en intensité des phénomènes climatiques extrêmes, la menace d’une 6ème extinction des espèces, etc.

La prévention, indispensable et urgente

A La Réunion, nous constatons déjà les effets de la sécheresse : la rivière Langevin à sec ? Du jamais vu ! Et puis, bien sûr, la sécheresse a facilité la progression de l’incendie qui a ravagé près de 3000 ha dans les Hauts de l’Ouest, et par suite mis à mal la biodiversité végétale et animale. Malgré le dévouement de centaines de pompiers, de militaires, d’employés communaux, de volontaires, cet incendie a duré plus de 3 semaines. Il pose la question : quelles mesures préventives ont été prises pour éviter cela ?

Sur tout le territoire hexagonal, un inventaire des mesures d’adaptation au réchauffement climatique a été fait à l’initiative de l’ONERC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique). A la suite de cette étude, des observatoires régionaux d’étude des conséquences du réchauffement climatique ont été ou seront mis en place pour couvrir tout le territoire.

Pourquoi La Réunion, située dans l’océan Indien, particulièrement exposée aux phénomènes climatiques intenses, n’est-elle pas encore concernée ? Ce souci doit être au cœur des préoccupations de ceux qu’on appelle des responsables politiques. Ils doivent avoir conscience qu’il s’agit de la sauvegarde des générations actuelles d’enfants et de celles à venir. En cela, les Réunionnais sont confrontés à un véritable test de lucidité et de responsabilité.

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