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Bilan du quinquennat Sarkozy : un héritage extrêmement lourd !

Par • 23 Jan, 2012 • Catégorie: Que faire ?

Nous ne nous lasserons pas de répéter que, plus la situation s’aggrave, plus nous recevons, notamment de la part  du gouvernement, des informations ou des affirmations, contradictoires, dont le but est de semer la confusion chez les Réunionnais. C’est pourquoi nous devons rechercher l’essentiel et à partir de là, interpréter les informations différentes pour pouvoir comprendre la situation.

Tout le monde parle de la crise ! Mais, à chaque fois, il y a une information émanant du gouvernement, expliquant qu’il y a une solution, que ce soit pour les travailleurs, le logement, les jeunes etc.
Concernant la crise,  l’exemple dont on rappelle toujours le souvenir, c’est la grande crise mondiale de 1929, qui a généré des bouleversements dans le monde, en Europe, en particulier, et qui a débouché, finalement, sur la 2e guerre mondiale. La crise a duré plus de dix ans et a donc fini par un désastre.
La crise actuelle  – et certains le rappellent – apparaît comme aussi grave, sinon pire que celle de 1929. Car elle a frappé, dès le début, l’ensemble des pays du monde ; un monde qui, d’ailleurs,  a considérablement changé par rapport au siècle dernier.
Cette crise mondiale, qui sévit depuis déjà 3 ans, a débuté aux Etats Unis, dès la fin 2008, et a concerné très rapidement tous les secteurs de la vie : économique, budgétaire, financier, social, politique etc.
Tous les observateurs admettent aujourd’hui que cela va durer pendant de très longues années ; certains événements jalonnent l’évolution de la situation ; la plus récente, c’est la dégradation de la notation de l’Etat français, qui passe du « triple A » au « double A », avec l’annonce d’une évolution négative de la croissance.
La France n’est pas la seule dans ce cas : neuf autres pays européens et de la zone euro sont, eux aussi, concernés par la dégradation de leur notation.
Les perspectives ouvertes sont celles de nouvelles aggravations. Il nous faut, à travers la foule des dépêches quotidiennes, voir ou l’on en est.

Un bilan catastrophique

Si l’on prend, par exemple, le bilan du quinquennat 2007/2012 de la Présidence Sarkozy, les chiffres sont éloquents. En cinq ans,

  • Le nombre de chômeurs a augmenté de 600.000 et le cap des 3 millions de chômeurs pourrait être dépassé en 2012 ; une agence officielle évalue à 200.000 chômeurs de plus, le cap des 3 millions pourrait être dépassé ;
  • Le déficit budgétaire est passé de 2,7% du PIB à 5,7% ;
  • Le déficit commercial est passé de 59,2 milliards d’euros à 75 milliards ;
  • La dette de l’Etat – qu’il faudra bien rembourser – est passée de 1.150 milliards d’euros à 1.780 milliards : en cinq ans, l’Etat français a donc aggravé sa dette de plus de 630 milliards d’euros ! 50% de plus !

Et ce n’est pas l’annonce, au lendemain de la baisse de la notation de la France, du fait que le gouvernement a emprunté au même tarif qu’auparavant qui pourra changer quelque chose à la situation et ralentir son aggravation.
Car ce que l’on oublie de dire, c’est que cette décision tient compte de la politique d’anticipation menée par les banques avant l’annonce officielle de la dégradation de la note française et qu’elle repose sur le fait que l’on peut assumer les risques sur le court terme (5 ans).
On oublie également de dire que  les banques françaises regorgent de crédit, octroyés par la BCE (Banque Centrale Européenne), sur du long terme et à un taux d’intérêt de 1% seulement.

2012 pire que 2011

Que peut-on donc attendre en 2012 ? En une phrase : l’année sera pire que 2011.
Les chiffres que nous venons d’annoncer, liés à la présidence de Sarkozy, créent les conditions d’une aggravation de la situation.
A travers l’évolution de celle-ci, sur le plan mondial, européen, français, on doit bien évidemment se préoccuper de l’évolution de cette crise pour La Réunion ; les citoyens et citoyennes auront à préciser, en effet, leur position dans trois mois, lors des élections importantes que sont celles à la présidence de la République en avril / mai et à l’Assemblée nationale en juin.
A travers les petites nouvelles de diversion diffusées ici et là, la réalité des faits se dessine inévitablement : en 2011, le Tribunal de commerce de Saint-Denis a vu le nombre d’entreprises soumises aux procédures de sauvegarde ou de redressement, augmenter de 35%.
Le chiffre du chômage  a augmenté ; fin novembre, le chiffre officiel était de 120.850 personnes privées d’emplois. Si l’on ajoute à ce chiffre, le nombre de personnes ayant un emploi précaire ou n’étant pas inscrite au Pôle Emploi, ce sont plus de 150.00 Réunionnaises et Réunionnais qui sont privés d’emplois.
En outre, on annonce des augmentations pour le premier trimestre. Dès février, le prix du carburant devrait connaître une hausse exceptionnelle, tant en France qu’à La Réunion. Ce sera aussi l’augmentation du coût de l’électricité, une hausse de 30% étalée sur 5 ans. Sans compter les hausses sur les primes d’assurance, etc. etc. etc.
2012 sera extrêmement dure pour les Réunionnais.
L’héritage Sarkozy sera lourd à porter car les conditions de l’aggravation de la crise n’auront pas disparu, dans les mois à venir. C’est dans ces conditions que l’on aborde les élections à la Présidence de la République et à l’Assemblée nationale.

Un choix à faire

Le choix est simple : à travers la profusion des petites informations quotidiennes, destinées à entretenir la confusion, chaque Réunionnaise et chaque Réunionnais est placé devant cette alternative :

  • soit voter Sarkozy et après trois ans de crise et de politique dont on connaît les résultats, continuer à créer les conditions de son aggravation, notamment à La Réunion ;
  • soit battre Sarkozy, et créer les conditions d’un début de changement, même dans la situation difficile que nous connaissons, un changement  portant sur les 5 ans à venir, un changement qui doit être marqué par le volonté de s’attaquer aux problèmes extrêmement graves : chômage de masse, et notamment celui des jeunes, logement, coût de la vie etc.

Jamais les Réunionnaises et les Réunionnais n’ont été mis aussi clairement devant leurs responsabilités et leur vote déterminera s’ils ont la volonté ou non de prendre leur avenir en main, et faire courageusement leur devoir de citoyen.

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