D'une île au monde …

Le Blog de Paul Vergès

Police : A+ A- A

Crises dans les banques, Mayotte, etc. … mais un premier pas vers un bouleversement politique en mai prochain !

Par • 11 Oct, 2011 • Catégorie: Que faire ?

Les informations de ces 10 derniers jours reflètent bien la diversité des événements.  Et comme toujours la difficulté est de faire la part des choses entre les informations courantes concernant les différents secteurs  (les faits divers ou les résultats sportifs, qui  ont leur importance, certes,  qui mais relèvent du quotidien et sont appelés à disparaître très rapidement.) et les événements qui, même s’ils relèvent de secteurs très variés de la vie politique, économique, et sociale, ne sont pas moins liés, en dernière analyse, sur la base fondamentale de l’évolution de la situation.  Sans s’appesantir dans les commentaires sur les événements de la dernière semaine, il faut, en les relatant, remarquer leur caractère important et durable.

Crise bancaire : Dexia en liquidation !

En ce qui concerne la crise, la crainte ayant habité les responsables des Etats de l’Union européenne s’est réalisée. Les agences de notation viennent de baisser la note de crédibilité de l’Italie, après l’avoir fait pour l’Espagne et le Portugal ; et elles menacent de le faire pour la Belgique.

Or les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne n’ont pas encore réussi à faire appliquer les mesures concernant la Grèce. Ces décisions, prises le 21 juillet, approuvaient l’octroi d’une aide financière à la Grèce ; mais elles  ne sont toujours pas appliquées,  les 17 gouvernements de la zone euro n’ayant pas encore pris les mesures nécessaires d’approbation.

Le Président de la République française et la Chancelière allemande se réunissent régulièrement pour essayer d’affecter 100 milliards d’euros au soutien des banques de la zone euro. Et plus particulièrement aux banques fortement impliquées dans la crise comme certaines banques françaises et surtout la banque franco-belge Dexia, dont la mise en liquidation vient d’être prononcée !

Un projet de loi de finances reposant sur une croissance zéro !

Dans le même temps, l’INSEE a confirmé que la croissance française risquait d’être égale à zéro et que le chômage connaissait une augmentation certaine.

Ainsi, en quelques jours, ces informations d’une extrême gravité vont peser non seulement sur le présent mais aussi sur l’avenir des Etats de l’Union européenne en général et de la France en particulier. Avec un taux de croissance proche de zéro, c’est tout le budget pour 2012, déjà très marqué par la rigueur et l’austérité, qui va connaître de nouveaux aspects négatifs.

A travers ces exemples d’informations extraites de la diversité de la presse, il y a matière à faire réfléchir tous les Réunionnaises et tous les Réunionnais sur l’avenir que nous prépare ce gouvernement.

Une situation très grave à Mayotte ….

Dans notre environnement proche, il est symbolique que noter que l’année même où Mayotte est entrée dans le statut de Département d’Outre-mer, éclatent des manifestations de rue, qui, au fil des jours, se sont transformées en petites émeutes. Et cela dure depuis trois semaines, sans interruption.

Toute le processus de départementalisation de Mayotte sert ainsi d’argument aux Mahorais : ceux-ci voient le niveau des prix s’envoler ; des prix extravagants, supérieurs aux prix pratiqués à La Réunion, prix eux-mêmes supérieurs à ceux de métropole !

On saisit tout de suite l’argument logique présenté par les Mahorais : le statut de département devrait leur conférer les mêmes droits sociaux que ceux dont on bénéficie, à La Réunion aujourd’hui, droits qui existent, en France, depuis le début du système de protection sociale.

Mayotte pourrait faire l’économie d’un demi siècle de luttes pour l’égalité sociale, comme les Réunionnais les ont menées, entre 1946 et 1988.

Et le gouvernement se tait !

Mais face à cela, quelle est l’attitude de Sarkozy et de son gouvernement ? Ils envoient à Mayotte des gendarmes mobiles, venant de Paris, et de La Réunion !  La situation est extrêmement tendue : un enfant d’une dizaine d’années, a été gravement blessé par un tir de flash-ball, et évacué à La Réunion pour y être soignée. D’autres Mahorais – jeunes comme adultes – souffrent des coups de matraques reçus ou des jets de gaz lacrymogène.

Comme célébration d’accès au statut de département, on ne pouvait faire pire !

Il serait néanmoins illusoire de croire aux promesses formulées visant à calmer la légitime protestation des Mahorais. On le sait très bien : ces promesses ne seront jamais tenues. Et une fois de plus, ce seront les plus modestes et les plus pauvres qui vont subir cette situation.

Les produits de grande consommation et de première nécessité viennent à manquer, ce qui est de nature à renforcer à la fois la colère et l’inquiétude des Mahorais.

Cette colère, incessante depuis deux semaines, a incité les élus de Mayotte à protester.  Et devant la crise que connaît le pays – qui n’est pas sans rappeler celle qu’a vécue la Guadeloupe il y a deux ans – le gouvernement emploie les mêmes méthodes : il se tait !

Sur un engagement écrit formel

C’est dans ce contexte qu’intervient le scrutin des « primaires » organisées par le Parti socialiste, pour déterminer, entre 6 candidats à la présidence de la République, celle ou celui qui sera en lice dans les six mois à venir, pour affronter le président sortant.

L’appel du Parti socialiste s’est effectué non seulement envers les membres de leur parti, mais s’est ouvert à toute la gauche, intéressée par cette consultation.

Au-delà de la manifestation d’opposition à l’actuel président de la République et à la politique de son gouvernement -, il importait que ces candidats fassent valoir leurs choix quant aux solutions spécifiques préconisées pour et à La Réunion.

Parmi les candidats qui ont pris contact avec le PCR, un seul a décidé de concrétiser, dans une lettre, les engagements pris oralement : il s’agit de François Hollande.

Ce n’est donc pas seulement sur une position de principe – l’opposition à la politique menée par Sarkozy et son gouvernement -, que s’est effectué le choix, mais aussi sur un engagement écrit. C’est donc à partir de ce document que le PCR a décidé d’intervenir dans ce débat des primaires.

Il y a également un élément à souligner : la lettre de François Hollande est datée du 4 octobre 2011. Le comité central du PCR s’est réuni le 6 octobre pour prendre une décision. Ainsi, la mobilisation organisée par le PCR n’a été que de …  trois jours !

Une mobilisation réussie

Et sur ce plan, l’arrivée de François Hollande en tête de la consultation, avec 43,1% des votes est un résultat  dû, en grande partie, à cette mobilisation, que ce soit dans les communes du PCR et de l’Alliance, ou dans les autres  communes de l’île.

Ce taux de 43,1% marque une grande avance sur celui réalisé par Martine Aubry, candidate soutenue par la Fédération socialiste de La Réunion, arrivée avec 35,8% des suffrages.

Compte tenu de l’éloignement de La Réunion de la France, et du caractère inédit et spécifique de l’opération dans notre île, il ne faut pas sous-estimer le rôle de ce message très clair de François Hollande, même s’il n’a été publié que trois jours avant le scrutin.

Le 2e tour de la consultation, le 16 octobre, concernera donc les deux premiers candidats issus du premier tour, à savoir François Hollande et Martine Aubry.

Les conditions crées par ce scrutin du 9 octobre

Les raisons qui ont présidé à la décision du comité central du PCR à se prononcer pour François Hollande au premier tour, restent valables pour le second tour. Avec en plus ce constat : le choix des électrices et des électeurs – non seulement socialistes mais aussi de gauche -, en France s’est porté sur François Hollande, en le mettant au premier rang, avec 39% des voix, devant Martine Aubry, 31%.

Cet élan de la population a toutes les raisons de s’amplifier et de donner raisonnablement à François Hollande une chance d’être le candidat unique issu des primaires le 16 octobre, pour affronter Sarkozy, dans 6 mois.

Nul doute que toutes les électrices et que tous les électeurs, confrontés au choix du 2e tour, réfléchiront, quand ils voteront, aux conditions créées par le scrutin du 9 octobre : et pour des raisons non seulement nationales, mais aussi pour des raisons spécifiques à La Réunion, ces électrices et ces électeurs pourront contribuer à la réalisation de la victoire, dans 6 mois.

Une victoire qui pourra amener – enfin – un changement radical dans la politique française menée depuis des années, changement qui, dans tous les Départements d’Outre-mer, fera en sorte que le coût de la crise ne soit plus supporté essentiellement par les plus démunis et les plus défavorisés, notamment les jeunes, mais réparti en priorité sur ceux qui ont, jusque-là été préservés, voire qui ont pu bénéficier de cette crise.

Jamais les électrices et électeurs réunionnais n’ont été confrontés à un tel rendez-vous : celui de pouvoir contribuer concrètement à la sortie d’une crise qui pèse non seulement sur eux, mais sur leur famille, et surtout les jeunes.

Et ils le feront en solidarité avec les autres régions d’outre-mer – la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane – aussi ont voté le 9 octobre, comme La Réunion, pour le même candidat.

Laisser un Commentaire