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Le Blog de Paul Vergès

Police : A+ A- A

Discuter pour mettre au point un véritable contrat de développement durable

Par • 2 Mai, 2011 • Catégorie: Que faire ?

A tout juste un an des Présidentielles, la date du 27 avril constitue un pas en avant dans la préparation de cette élection essentielle. En effet, après la visite de Jean-Luc Mélenchon, ses déclarations et ses engagements, l’événement fut à Paris, lors du Forum des idées pour les outremers organisé par le Parti socialiste. Ceux qui avaient cru voir dans le Projet du PS une absence de propositions concernant l’Outre-mer en seront pour leurs frais.

Importante réunion regroupant plusieurs centaines de personnes, dont des représentants de la Fédération socialiste des Antilles et de La Réunion, Oscar Temaru, Président de la Polynésie française, des parlementaires socialistes de Saint-Pierre et Miquelon et de Guyane, entre autres.

C’est dans ce cadre réunissant des adhérents et organisations alliées au PS, que le PCR a été invité ainsi que moi-même.

Une assemblée diversifiée

La journée était placée sous la présidence de la Secrétaire nationale, Martine Aubry et du 2ème secrétaire Harlem Désir, ainsi que du responsable socialiste à l’Outre-mer, Axel Urgin. On pouvait noter la présence de candidats aux primaires du PS, telle Ségolène Royal ou encore Benoît Hamon, ou encore la présence d’anciens ministres, tel Jean-Jacques Queyranne, et enfin de nombreux experts.

Réflexions et discussions se sont déroulées dans deux ateliers. L’un était dédié à la culture et à l’identité où sont intervenus Françoise Vergès, Présidente du Comité pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage, et Gilles Leperlier, Président de l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion. L’autre atelier était consacré aux aspects économiques et sociaux du développement durable.

Après l’ouverture assurée par Jean-Paul Huchon, Président de la Région Ile de France, et une longue intervention de Martine Aubry, un certain nombre de principes ont été affirmés et l’accent a été mis sur les problèmes de l’emploi, du logement et l’avenir de la jeunesse.

Intervenant dans le second atelier, j’ai souligné l’importance de cette invitation adressée au PCR à participer à un séminaire interne au PS et consacré aux objectifs fondamentaux de l’élection présidentielle de 2012. L’intérêt des différentes interventions a fourni matière à des convergences évidentes. Ce qui n’empêche pas de souhaiter une réelle clarification et une concrétisation effective. En particulier, il est important de savoir comment seront financées et mises en pratique les différentes propositions.

La position du PCR s’appuie sur une analyse concrète de la situation concrète, et c’est cela qui alimente ses propositions.

Les limites de l’intégration

Un premier point à souligner est l’absence de développement durable et ses conséquences sociales au terme de plusieurs décennies d’intégration. La situation actuelle de La Réunion découle de la décision gouvernementale dès 1947 de maintenir un certain nombre d’avantages coloniaux à la Fonction publique d’Etat et de lui avoir donné ainsi un poids énorme dans la structure économique avec des effets induits au niveau social, ainsi qu’au niveau des mentalités et des modes de vie. On ne peut nier que la surrénumération a eu des effets d’entraînement salarial dans le secteur privé, en particulier dans les banques, les assurances, à Réunion 1ère, à l’IEDOM.

Avec la progression démographique de notre population (242 000 hab. en 1946, 830 000 actuellement et 1 million en 2025), qui a nécessité la croissance de diverses administrations, la Fonction publique et les services représentent  aujourd’hui plus de 80% du PIB, tandis que l’industrie est à 12 % et le secteur agricole aux environs de 2 %. Pour avoir une vue complète de notre situation, il faut y ajouter 30 % de la population active au chômage, autrement dit 145 000 personnes, 130 000 illettrés et 49 % de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté tel qu’il est défini en France.

Notre problème est donc de savoir comment faire face à cette situation dans une période où se conjuguent les effets de la progression démographique, les conséquences du changement climatique, les désordres de la mondialisation et la multiplication des innovations scientifiques et techniques dans tous les secteurs.

Favoriser les emplois durables

C’est en prenant en compte toutes ces données, locales, nationales, mondiales, qu’un programme présidentiel doit être établi, un programme qui sera mis en œuvre au minimum sur 5 ans et sans doute sur 10 ans, le temps d’un double mandat.

Il faut répondre à l’urgence de la crise sociale, mais avoir conscience de la fragilité des emplois aidés. La solution durable est plutôt dans la création de grands services publics, un dédié à l’aide à la personne, dans une société où le nombre de personnes âgées augmente, l’autre consacré à la sauvegarde de l’environnement.

En effet, nous avons à sauver la biodiversité terrestre et marine. Par ailleurs, nous pouvons assurer une bonne partie de l’épuration des eaux usées par des moyens naturels comme le lagunage. Un autre problème à résoudre : l’élimination des 600 000 tonnes de déchets que nous « produisons » chaque année. Il faut sortir du scandale de l’enfouissement en organisant un tri systématique (matières organiques transformées en compost, tri du papier et du plastique, traitement du bois et des déchets verts), ceci afin de réduire au maximum les déchets ultimes.

Un programme est crédible s’il est concret et s’il vise le long terme.

Pour nous, la base du développement durable est l’autonomie énergétique. Nos atouts sont là, disponibles, renouvelables, propres : les alizés, le soleil, l’hydraulique, la biomasse, la géothermie et la mer (houle, courants, Energie thermique des mers).

Avec tous ces éléments La Réunion peut donner l’exemple d’un contrat établi avec un gouvernement prenant en compte notre volonté de construire un développement cohérent. Un exemple qui pourra inspirer d’autres îles tropicales.

A partir de cette base, nous sommes ouverts à la discussion, conscients que l’enjeu est un plan cohérent faisant face, dans l’immédiat, à l’urgence sociale, et, à plus long terme, aux exigences d’un développement de notre société où les jeunes Réunionnaises et Réunionnais pourront trouver toute leur place.

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