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Le Blog de Paul Vergès

Police : A+ A- A

Entre le « tout com’ » et le silence …. la résistance !

Par • 13 Sep, 2011 • Catégorie: Que faire ?

Au cours des dernières semaines, nous avons eu l’illustration,  simultanément, dans les média à La Réunion, de la coexistence d’informations courantes et d’événements durables qui vont peser sur la vie des Réunionnais de toutes conditions parmi les plus pauvres : chômeurs, détenteurs de minima sociaux etc., ou appartenant à des classes dites moyennes, relevant des services (publics ou privés) ou des entreprises de différents secteurs.

Une situation catastrophique dans l’Éducation nationale

L’un des événements concernant la vie quotidienne des Réunionnais et dont les conséquences vont durer pendant un an : il s’agit de la rentrée scolaire. Cela concerne plus de 200.000 jeunes, en classes maternelles, primaires, secondaires ou fréquentant l’université, mais aussi les parents d’élèves, les enseignants et les personnels administratifs. On n’aurait jamais pu imaginer une situation pire que celle qui a présidé à la rentrée d’août dernier. Les protestations, grèves des parents contre la suppression de classes dans différentes communes comme Sainte-Suzanne, Saint-Paul, Saint-Leu, les Avirons etc. n’ont en rien abouti. Et s’il y a eu quelques gestes isolés, donnant satisfaction aux protestataires, il reste néanmoins une marque évidente : les refus répétés aux revendications émises, même si la rentrée est terminée, vont concerner pendant toute l’année scolaire, les enfants, parents, enseignants et personnels administratifs. Ainsi, ceux-ci auront à subir, pendant une année, cet aspect déplorable de la politique du gouvernement.

La responsabilité totale des parlementaires, soutiens du gouvernement

A côté de cette question, ce sont les difficultés rencontrées par les étudiants. La responsabilité du pouvoir dans son application politique, ici, à La Réunion est totale, comme est totale la responsabilité des élus et particulièrement des parlementaires qui vont voté le budget 2011, comme d’ailleurs les précédents. Ceci entraîne des conséquences catastrophiques dans notre  île. Il est d’ailleurs intéressant de noter que celles et ceux qui ont voté ces textes, sont tous candidats aux prochaines élections sénatoriales, pour continuer à soutenir la politique désastreuse du pouvoir.

Plus il y a de « com », moins il y a d’actions !

Malgré la politique de communication tous azimuts du Conseil régional abordant tous les aspects de la vie économique et sociale de La Réunion, on constate que plus il y a de communication, moins il y a de chantiers ; Plus on parle de travail, plus le chômage augmente. La encore, depuis l’abandon des grands chantiers – pourtant prêts à être lancés – rien n’a été entrepris. Pourtant, l’actuelle équipe est à la Région depuis près de deux ans ! Et moins il y a de chantiers, plus il y a de chômage… et plus de « com’ ».

Des collectivités au bord de l’asphyxie financière

Alors, même si l’on parle des aides accordées aux communes, n’oublions pas que dans le même temps, la Chambre des comptes ou le ministère des finances à Bercy annoncent que la dette globale des communes de La Réunion s’élève à … 517 millions d’euros. Déjà 10 communes réunionnaises sont dans l’impossibilité de procéder aux remboursements de leurs dettes, mettant en jeu leurs fonds propres. Au-delà de ces 10 communes, on annonce que c’est la totalité des communes réunionnaises qui vont connaître le même sort dans les années  qui viennent. Là encore, c’est la population la plus pauvre qui va en payer les conséquences.

IRT : pas de touristes mais du personnel !

On peut également relever ce paradoxe : moins il y a de touristes fréquentant La Réunion, plus l’Ile de La Réunion Tourisme (IRT) augmente ses effectifs. 95 personnes aujourd’hui ! Et l’on annonce que ce n’est pas fini. A défaut de touristes, on place ces amis !

Continuité territoriale : ce sont les Réunionnais qui paient !

En ce qui concerne la continuité territoriale, en dehors des difficultés rencontrées par ceux qui déposent des dossiers, l’annonce a été faite que les crédits d’État étaient épuisés. Ce sera donc le Conseil régional qui va prendre la relève financière, en puisant sur ses fonds propres. C’est-à-dire l’argent des contribuables réunionnais.

Une fin de non recevoir aux questions des élus

On pourrait également dire que moins il y a de logements construits, plus il y a de communication ! Dans le même temps, l’exécutif du Conseil régional refuse aux conseillers régionaux d’opposition toute communication sur les dossiers, notamment ceux concernant les dépenses réalisées depuis quelques semaines.

Des actions non expliquées

Après les démarches effectuées par l’équipe de la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise (MCUR), le maloya a été inscrit au capital de la culture populaire mondiale ; le Conseil régional déclare vouloir fêter le maloya à La Réunion avec une manifestation localisée prioritairement à Cilaos, et ceci, à l’exclusion de toute reconnaissance du rôle de la MCUR dans la préparation de ce dossier et son aboutissement avec succès auprès de l’UNESCO.

Les défavorisés, les classes moyennes et les entreprises pressurisés

Ainsi, en quelques semaines, on a pu voir la situation économique et sociale de La Réunion s’aggraver, à partir de l’application de décisions budgétaires du gouvernement. Comme pour souligner ce fait, le gouvernement a fait voter à l’Assemblée nationale et au Sénat, un budget rectificatif qui va provoquer une nouvelle aggravation. Un milliard d’euros pour le budget 2011… que devront payer les populations les plus modestes et les classes moyennes. La Réunion est particulièrement sollicitée dans la participation à cet effort de rigueur et dans la réduction des dépenses de l’Etat. Mais cela n’est pas fini : il a été précisé que pour 2012, ce seront 11 milliards d’euros qui devront être payés en plus… et là encore, par les couches les plus modestes et les classes moyennes. Les entreprises, elles aussi, devront prendre part à ces sacrifices.

Qui ne dit mot consent !

Il faut donc s’attendre pour cette fin d’année et pour l’an prochain à une aggravation de la misère ou des difficultés grandissantes pour une écrasante majorité de Réunionnais. Nous ne pouvons oublier que parmi les parlementaires candidats aux élections sénatoriales du 25 septembre, certains n’ont jamais osé voter contre ces budgets. Et comme le dit le proverbe : « qui ne dit mot consent ».

Organiser la résistance

A cela, il n’y a qu’une seule réponse : organiser la résistance, que ce soit lors des élections sénatoriales, dans quelques jours, de l’élection présidentielle, dans 7 mois maintenant, et des élections législatives, un mois plus tard.

Cette résistance est la réponse à apporter aux sacrifices qui nous sont imposés, pour cette année et pour les suivantes. Car, comme l’indiquent l’INSEE, la Cour des comptes et les autres instances nationales d’évaluation et de contrôle, le déficit dont on parle tant en Grèce, a … doublé en France pendant la période du quinquennat. Aujourd’hui, le déficit de la Sécurité sociale, de son côté, est de plus de 30 milliards d’euros.  Ce sont des raisons suffisantes pour que l’on fasse tout dans le but d’arrêter cette politique désastreuse.

Un silence inadmissible

Une fois de plus, et comme à chaque fois, pendant que l’on nous abreuve d’informations françaises, de faits divers, ou relatives à des spectacles ou du « people », à La Réunion persiste toujours un silence pesant. Non seulement sur l’aggravation de la crise mais aussi sur ce fait : 13,3 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire en Somalie.  Des centaines d’habitants meurent chaque jour, dont la moitié au moins sont des enfants.  750 000 personnes risquent la famine et la mort dans les prochains mois en l’absence d’une réponse adéquate. Et ceci, dans le plus grand des silences. Une indifférence incompréhensible. Et que l’on retrouve aussi à La Réunion, avec l’histoire de cette famille d’origine malgache qui a vécu des années, avec ses deux enfants, dans une voiture, à la Plaine des Cafres.

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