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Le Blog de Paul Vergès

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La fin du développement durable ?

Par • 11 Oct, 2010 • Catégorie: Que faire ?

Les récentes prises de position concernant le budget national confirment ce que nous disions la semaine dernière. Certains rêvaient que La Réunion soit épargnée par le plan de rigueur gouvernemental.

Aujourd’hui, ils ne doivent plus avoir d’illusion quand Marie-Luce Penchard affirme que l’Outre-mer doit participer à l’effort national, sans prendre suffisamment la mesure de l’ampleur de notre crise structurelle.

Autrement dit, nous allons subir les effets durables de ce budget, à la fois dans ses dispositions générales et dans celles plus spécifiques à La Réunion.

Cette politique gouvernementale de rigueur porte, entre autres, sur les énergies renouvelables, sur la diminution des remboursements par la Sécurité sociale, sur une réduction du nombre de fonctionnaires, sur le rabotage des mesures de défiscalisation.

L’objectif affirmé de ce budget est de ramener le déficit de l’Etat de 7,5 % à 6 % pour 2011. Le but final étant d’arriver à 3 %, cela signifie que cette rigueur va continuer à s’exercer dans les prochaines années. 2011, 2012, 2013 verront l’aggravation cumulée de ces mesures et probablement leur durcissement.

Quelles conséquences pour La Réunion ?

Ici, l’inflation est double de celle de l’ensemble des régions françaises. Autrement dit, les dotations financières aux collectivités bloquées durant 3 ans seront réduites de fait.

Chaque année, la population réunionnaise compte 10 à 11 000 habitants de plus. Cela signifie des besoins supplémentaires à satisfaire … avec moins de ressources.

A l’horizon 2014, des incertitudes se profilent. Le statut actuel de l’octroi de mer sera négocié au sein d’une Union européenne à 27 Etats dont certains s’opposeront peut-être à cette dotation spéciale, qui joue pourtant un rôle essentiel dans le budget des communes.

2014, c’est aussi la fin du règlement sucrier accordant 31 euros de subvention par tonne de sucre, soit 43 % du prix versé aux planteurs (70 euros).

Enfin, les Fonds Structurels Européens dont bénéficient les RUP (Régions ultra-périphériques françaises, portugaises, espagnoles) vont également être redéfinis pour entrer en application à partir de 2014. Ces fonds structurels sont réservés aux RUP relevant de l’objectif 1. Ce sont les régions dont le PIB est inférieur aux 75 % du PIB européen moyen. Or l’élargissement récent de l’Union européenne à des pays moins développés fera baisser ce PIB. En conséquence, certaines RUP ne relèveront plus de cet Objectif 1.

Nous allons donc subir les effets combinés d’une crise structurelle spécifique, d’une crise internationale sans doute longue et de notre progression démographique.

Face à cela, nous devons élaborer une stratégie pour sortir de notre mal-développement et mettre en place un développement durable.

Le socle du développement durable, c’est la question de l’énergie. C’est pourquoi, nous avions fixé le cap de 2025 pour atteindre l’autonomie énergétique, grâce à l’hydraulique, la biomasse (canne et déchets verts), l’éolien, le solaire, la géothermie et la mer.

Les grands axes de ce plan réunionnais avaient été cités au Grenelle de l’environnement et inspiré GERRI.

Le Tram-Train comme alternative au « tout automobile » et mode de transport collectif et électrique s’inscrivait dans notre stratégie.

Les mesures gouvernementales et les décisions de la nouvelle direction régionale actuelles ont bloqué ce processus. On démantèle le développement durable et on préfère gaspiller les crédits dans la « com. » ou bien encore on entretient les illusions par la multiplication d’emplois aidés, par définition provisoires.

Des articles récents dans la presse réunionnaise ont souligné les limites évidentes du plan électoraliste des « 2000 bus » et le prix exorbitant d’une route littorale qui rend sa construction de plus en plus incertaine. Les travaux commenceront-ils avant 2014 ? On a critiqué le prix de la Route des Tamarins (31 km) et celui du Tram-Train (40 km) et on parle de plus de 2 milliards pour 12 km … Pour achever ce tableau, ajoutons-y la perte d’emplois dus à l’abandon des grands chantiers programmés.

Une qualité essentielle d’un homme ou d’une femme politique est la responsabilité, parce que les décisions prises ont des effets immédiats et les conséquences durables sur la vie des citoyens et l’aménagement d’une région.

Nul doute que les Réunionnaises et les Réunionnais sauront discerner celles et ceux qui approuvent des décisions désastreuses.

Une Réponse »

  1. Un symbole, un seul, de cette léthargie gouvernementale sur les énergies: le site GERRI, qui s’est arrêté net depuis la visite de Sarkozy à La Réunion en janvier dernier.
    depuis cette date, aucune information n’a été publiée, aucun point d’étape n’a été fait…
    GERRI est mort et enterré.

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