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L’appel de Paul Vergès pour sauver les intérêts des fonctionnaires et de La Réunion

Par • 11 Nov, 2013 • Catégorie: Que faire ?

La semaine dernière, suite à la remise au gouvernement du rapport Pêcheur sur l’évolution de la fonction publique, Paul Vergès, Sénateur de La Réunion a tenu une conférence de presse sur le sujet. Considérant que les principes rappelés par ce rapport aura des conséquences pour La Réunion, le Sénateur a lancé un appel pour que les intérêts des fonctionnaires et de La Réunion soient sauver.

Le gouvernement a demandé au Conseiller d’Etat , Bernard pêcheur, un rapport sur l’évolution de la fonction publique en France. Ce rapport a été remis au Premier ministre Jean-Marc Ayrault,  en présence de la ministre de la fonction Publique , Maryse Lebranchu.

L’application des principes affirmés par ce rapport qui concerne toutes les fonctions publiques- Etat, territoriale, hospitalière – aura obligatoirement des conséquences pour La Réunion. C’est pourquoi le sénateur Paul Vergès a souhaité alerter l’opinion réunionnaise.

« Se taire c’est trahir les fonctionnaires ; agir, c’est les sauver et sauver La Réunion »

Le rapport de Bernard Pêcheur réaffirme avec beaucoup de netteté et de force, un grand principe consubstantiel à la fonction publique : le principe d’unité qui doit jouer sur tout le territoire de la République et pour les trois fonctions publiques.

Sur la base de ce principe, le rapport réaffirme l’importance des recrutements par concours, la nécessité d’unifier le barème des traitements  de la fonction publique et préconise «  d’écarter toute forme d’indexation mais de suivre l’évolution du pouvoir d’achat de sorte que les fonctionnaires ne soient ni favorisés, ni décrochés par rapport aux salariés du privé »

Quelles vont être les conséquences de l’application de ces principes pour la fonction publique à La Réunion ? On ne peut imaginer, sur la base du principe d’unité de la fonction publique, que la Réunion fasse indéfiniment exception sur le territoire de la République et échappe à ces règles.

 

Or, si il y a une haute personnalité de la sphère d’Etat qui n’ignore rien des spécificités de la fonction publique à la Réunion, c’est bien Bernard Pêcheur, Conseiller d’Etat. C’est en effet Bernard Pêcheur qui avait été sollicité en 1996 par le ministère de l’outre mer pour établir un audit sur la situation de la fonction publique de la Réunion. Son rapport avait eu à l’époque un écho considérable. Il avait en effet disséqué avec minutie tous les éléments de sur-rémunérations et leurs conséquences sur la fonction publique, para publique, et sur le secteur privé. On ne peut imaginer que Bernard Pêcheur soit frappé d’amnésie et qu’il ait oublié la situation de la fonction publique à la Réunion.

Les Réunionnais doivent prendre la parole et faire des propositions pour éviter d’avoir à subir demain les conséquences des décisions qui seront prises par le Gouvernement, à l’issue de la concertation qui va s’engager sur le rapport Pêcheur.

Paul Vergès a rappelé la nécessité du respect d’un certain nombre de principes pour toute réforme : concilier l’unité de la fonction publique avec le respect des termes du contrat des fonctionnaires en poste, et avec la préservation de l’intérêt de la Réunion.
Toute réforme ne doit pas affecter les intérêts des fonctionnaires en poste ainsi que les flux financiers irriguant l’économie réunionnaise. Si ces données ne sont pas prises en compte, les conséquences économiques et sociales seraient désastreuses.

Programmer une réforme juste, c’est la seule solution pour éviter une réforme brutale qui léserait les personnes en poste et affecterait toute l’économie réunionnaise.

Dans cet esprit, Paul Vergès a rappelé les propositions qu’il préconise depuis de nombreuses années pour se prémunir de toute réforme qui serait brutale : pour préserver les intérêts des fonctionnaires actuellement en poste, il leur serait demandé dans des conditions à définir par la concertation, d’épargner dans un fond de développement la sur-rémunération, sommes qu’ils récupéreraient après un certain nombre d’années. Dans l’attente, la masse de sur-rémunération dans le fond de développement (800 millions par an) constituerait un formidable levier pour financer des projets de développement.

Pour les nouveaux fonctionnaires, le principe d’égalité de traitement avec la France s’appliquerait, assorti toutefois d’une indemnité de résidence comme en Ile de France pour tenir compte du coût de la vie.
Cette proposition, dont la mise en œuvre progressive s’étalerait sur plusieurs années, permettrait de sauver les intérêts des fonctionnaires en poste et l’intérêt général de la Réunion.

Il est clair, comme l’indique le rapport, que le statut quo n’est plus tenable et il est illusoire de croire qu’en faisant l’autruche, la situation actuelle va demeurer inchangée indéfiniment.

 

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