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Les élections cantonales : première étape de la défaite de l’UMP, à La Réunion comme dans toute la France

Par • 21 Fév, 2011 • Catégorie: Que faire ?

Dans un contexte économique, social et politique en pleine évolution à La Réunion, le principal sujet qui occupe l’opinion reste les élections cantonales. Dans ce domaine, il y a matière à beaucoup d’enseignements.

Le premier est le rôle que s’est octroyé Didier Robert, comme dirigeant de la droite à La Réunion. Et c’est au titre de l’union de la droite qu’il a désigné ses candidats, avec la bénédiction de l’UMP… mais sans que celle-ci n’apparaisse ouvertement.

Mais dès le moment où, personnellement et sans concertation,  il a désigné, au nom même… de l’union, 25 candidats, il a créé lui-même la dissidence à droite. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe à Saint-André, à Saint-Paul, au Tampon ou à Saint-Denis : l’annonce ou le dépôt de diverses candidatures dites « divers droite » souligne l’évidente contradiction entre un mot d’ordre affiché et la réalité vécue par le monde politique de droite.

Celui-ci n’a d’ailleurs guère évolué au fil des années, puisqu’il emploie toujours les mêmes méthodes délictueuses, celles qui avaient cours à La Réunion il y a un quart de siècle : la fraude, l’attribution de « feuilles tôle », des « quinzaines chômage » ou des TUC… Ces pratiques irrégulières et non réglementaires reposent sur le même principe : l’utilisation de la misère à des fins électoralistes.

Ces pratiques électoralistes, utilisées massivement, ont d’ailleurs fait connaître au Conseil d’Etat l’existence de La Réunion. Celui-ci s’est souvent prononcé pour l’annulation d’élections locales (municipales ou cantonales).

Aujourd’hui, ce sont les contrats dits aidés, octroyés par le Président et les élus de la majorité du conseil régional, essentiellement dans les cantons renouvelables et attribués à des associations qui, pour certaines, n’ont pas un an d’existence.

La réalité économique et sociale de La Réunion est donc aujourd’hui à nouveau utilisée pour des objectifs électoralistes. Cette situation est la conséquence de la politique menée par le gouvernement. Les actions de grèves dans les établissements scolaires, les manifestations contre les suppressions de postes dans l’éducation nationale en sont une preuve évidente. Comment peut-on accepter la suppression de 16.000 emplois au niveau national, dont 162 pour la seule académie de La Réunion ? C’est-à-dire qu’à la prochaine rentrée scolaire, chaque établissement perdra un ou deux postes.

Ces suppressions de postes sont la résultante du vote du budget de l’Etat. Un budget approuvé et parfois applaudi par les parlementaires réunionnais de l’UMP, Didier Robert en tête.

Mais le président du Conseil régional ne dit rien à ce sujet. Pas plus qu’il ne s’est exprimé sur la disparition du patrimoine économique et industriel de La Réunion. Ou sur l’annonce des résultats économiques 2010 : près de 12.000 très petites ou petites entreprises ont disparu.  Ou sur les factures d’eau exorbitantes que le fermier demande à des familles de Sainte-Marie. Or c’est bien la Région qui a compétence pour l’aménagement du territoire et l’implantation des équipements structurants nécessaires. Ou sur l’augmentation de 50% du prix de l’amende en cas de défaut de stationnement ? Avec bientôt 400.000 véhicules en circulation à La Réunion, la question globale des déplacements mériterait d’être posée et analysée.

Le silence de Didier Robert est très révélateur. Il préfère acheter des pages dans les journaux pour vanter son budget. Celui-ci a été voté il y a déjà quelques mois. Pourquoi avoir attendu ces derniers jours ? A quelques jours de l’ouverture officielle de la campagne pour les élections cantonales. S’agit-il d’une aide déguisée apportée à ces candidats dont certains préfèrent être étiquetés « La Réunion en confiance », plus que « UMP     » ?  C’est la preuve évidente que ces candidats ne sont pas fiers du bilan de la politique menée par le gouvernement UMP …  Cacher son appartenance à l’UMP, c’est la révélation d’une réalité des choses et la base de la division de la droite.

Ces élections cantonales auront, malgré tous les efforts déployés par l’UMP pour faire croire le contraire, une porte nationale. Le pessimisme des Français, leur souhait de voir un changement intervenir, sont des éléments qui prouvent la prise de conscience d’un peuple, très inquiet pour son avenir et celui de ses enfants, alarmé par une situation qui ne pourra qu’empirer, et l’absence de confiance dans la politique présidentielle. 14 mois après ces cantonales, ce sera l’occasion d’un changement au plus haut sommet de l’Etat, la Présidence de la République, et deux mois plus tard, d’installer une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale.

Cela donne donc toute leur importance aux scrutins des 20 et 27 mars. C’est l’occasion pour chacune et chacun d’entre nous de montrer son opposition à la politique menée depuis 2007 et à tout ce qui va bientôt survenir. Un seul exemple : le débat sur la place de la religion musulmane dans la société, que veut lancer l’UMP. La démarche est démagogique et vise à essayer de faire concurrence au Front National. Une religion est donc particulièrement visée : l’Islam. L’initiative présidentielle est une menace réelle pour La Réunion et pour tous les Réunionnais, puisque cela vise à remettre en cause les principes de respect et d’égalité des religions que La Réunion reconnaît depuis des années ; qui plus est, respect et égalité sont les conditions véritables de la laïcité.

Il appartient donc à chacune et chacun d’entre nous de faire preuve de clairvoyance. Le vote réunionnais doit sanctionner la politique de l’UMP et du président de la République, en condamnant leurs candidats à La Réunion, et créer les conditions d’un changement radical. Il n’y aura donc pas qu’en Tunisie ou en Egypte que le peuple, éveillé et conscient, sera l’acteur d’un nouvel équilibre, porteur d’un développement durable et solidaire.

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