D'une île au monde …

Le Blog de Paul Vergès

Police : A+ A- A

Nous avons l’avenir entre nos mains : à nous de prendre nos responsabilités !

Par • 11 Avr, 2011 • Catégorie: Que faire ?

Les résultats des élections cantonales ont  montré qu’une grande partie de la population réunionnaise refuse la politique menée par l’UMP.

Celle-ci se traduit à La Réunion, par la dégradation quotidienne de la situation économique et sociale de notre île : un taux de chômage jamais atteint ; une augmentation du coût de la vie ; des difficultés de plus en plus importantes pour obtenir un logement décent ; la suppression de postes dans la fonction publique, notamment l’éducation nationale…

A une situation structurelle difficile, s’ajoute une situation conjoncturelle alarmante. L’exemple le plus frappant est celui de l’augmentation du coût du litre de carburant.

Cela a un impact direct sur les entreprises mais aussi sur le budget des ménages ; il faut également prendre conscience des conséquences indirectes, à savoir l’augmentation des coûts du fret, impliquant des hausses de prix de tous les produits, et en premier lieu, des denrées alimentaires.

En outre, les ressources pétrolières ne sont pas inépuisables. Le prix du baril est soumis à des aléas mondiaux. Qui plus est,  la fixation du coût du litre à La Réunion répond à des mécanismes qui, jusque-là n’ont pu nous être clairement expliqués.

A La Réunion, la mise en place par la Région de solutions permettant à certaines corporations – lesquelles ? Et elles seules ? –  de limiter les effets négatifs de cette augmentation du carburant ne peut être une réponse durable. Le fonds de compensation va avoir des conséquences graves sur les ressources des budgets communaux.

Or tous les secteurs sont directement atteints : transporteurs de marchandises mais aussi de passagers, et travailleurs pour lesquels le transport quotidien par leur voiture est une condition du maintien de leur emploi.

Ce fonds est alimenté par les recettes d’octroi de mer, nous indique la presse. Les sommes prélevées seront autant de manque à gagner pour les communes, déjà soumises à des restrictions budgétaires énormes : gel des dotations d’Etat sur trois ans, sans possibilité d’indexation sur le coût de la vie et sans prise en compte de l’évolution démographique.

Cet exemple est une nouvelle illustration de l’absence de vision sur le long terme de l’équipe de Didier Robert.

Tout comme l’est la « consultation » lancée sur la nouvelle route du littoral. C’est un rendez-vous décisif. On se rappelle en effet le choix du préfet, à l’époque, avec une majorité de conseillers généraux : supprimer le chemin de fer de Saint-Benoît à Saint-Pierre, avec un tunnel pour franchir la montagne de Saint-Denis et le remplacer par une route littoral au pied de falaise et au niveau de la mer. On en connaît les conséquences désastreuses.

Or cette fois, on propose aux Réunionnaises et aux Réunionnais d’aggraver la situation. C’est-à-dire abandonner le projet digue / viaduc, avec quatre voies et de le transformer en une « six voies », avec un tracé supplémentaire pour une voie ferrée ; et cela sans tenir compte des phénomènes climatiques extrêmes (cyclones etc.), de l’augmentation prévisible – et admise par tous – du niveau de la mer, les discussions portant seulement sur l’ampleur de cette augmentation.

En outre, chacun se souvient du sort réservé au vote des citoyens demandant la construction de la rocade du Tampon. Les temps changent !

Il s’agit de l’engagement financier de l’Etat – et aussi de ses responsabilités vis à vis des collectivités locales. Mais il s’agit également, et au-delà, des rapports de La Réunion avec l’Etat français.

En 1848, première date clé de l’histoire de notre pays, l’Etat a aboli l’esclavage. L’ère de la liberté commençait.

En 1946, deuxième étape importante, sous l’impulsion d’élus outre-mer, La Réunion quittait son statut de colonie et entamait l’ère de l’égalité.

Aujourd’hui, La Réunion doit aborder avec courage et lucidité son avenir. Il est évident aux yeux de tous que le mode de développement employé jusqu’ici est arrivé à son terme.  Il nous faut changer de mode de développement.

Il n’y a pas de modèle ou de logique de développement transposable d’un territoire à l’autre. Nous nous devons donc d’inventer.

Ainsi, c’est à nous, Réunionnais, de déterminer ce que nous voulons pour notre pays. De bâtir La Réunion du million d’habitants, en tirant les leçons du passé, en transformant nos handicaps en atouts.

Personne ne peut le faire à notre place ; nous sommes devant une responsabilité considérable : déterminer notre avenir, en assumant pleinement nos responsabilités,  en tournant définitivement la page de la colonisation, et présenter à celles et ceux voulant être à la tête de l’Etat les conditions dans lesquelles notre pays peut et doit se développer.

3 Réponses »

  1. il est vrai: aucun modèle économique n’est transposable. il nous faut inventer. ne pas nous contenter d’améliorer des dispositifs existants, ou demander d’en être exonéré.
    la triple appartenance de La Réunion (Océan Indien, France, Europe) comporte bien des contraintes, mais aussi des avantages. nous sommes dans des contradictions qui nous empêchent d’alleur plus de l’avant.
    c’est peut être là le coeur du problème

  2. Ne pas avoir en première position le problème que va nous poser notre croissance démographique face à notre consommation du riz, n’est pas digne d’une politique, quelqu’ en soient les partis, au service de la population réunionnaise.

    Notre salut est dans le co-développement, tout au moins pour le riz, d’entre les îles : Maurice, Seychelles, Rodrigues, Comores, Mayotte et la Réunion d’avec Madagascar. Car si cette dernière n’exporte plus et malheureusement importe déjà pour sa consommation, elle reste la seule qui en produit. Le S.R.I. ( Système de Riziculture Intensive) donnant des résultats plus que suffisants, déjà appliqués à Madagascar et relatés dans les colonnes de « Témoignages » ne demandent qu’à être divulguer par eux, pour être cultiver par eux et dont la production si elle parvient à rejoindre la courbe excédentaire permettrait à toutes les autres îles de pouvoir s’en procurer.
    Merci Arsinoé de parler de la triple appartenance de La Réunion (Océan Indien, France, Europe) , mais qu’avons nous droit dans l’Océan Indien? A part de dépenser notre argent dans le tourisme chez les autres.
    97% du poisson péché dans nos eaux ne va même pas en France, ni en Europe encore moins chez nous.
    Revenons au problème que va nous poser tôt ou tard, la raréfaction de l’importation du riz.
    Déjà depuis cette année l’Asie à diminué de 40% son exportation de riz, quand sera-t-il l’année prochaine ou l’année d’après où toute l’Asie n’exportera plus, du tout, son riz pour les besoins de son peuple.
    Avec une consommation par habitant de la Réunion plus de 85 kg/hab/an!!!
    Avec le canal créé par la fonte des glaces, due au réchauffement climatique, L’Asie préfèrera le convoi dans l’hémisphère Nord, celui-ci lui faisant gagner plus de 10.000 kms : nous serons plus sur la route des échange mondiaux!!!
    Qui mieux que nous c’est-à-dire : Réunionnais, Mauriciens, Seychèllois, Rodriguais, Comoriens, Mahorais, Malgaches et ceux d’Asie et d’Afrique peuvent et pourront mieux élaborer un projet, établir une chartre, se donner les moyens pour parvenir à des échanges gagnants-gagnants = personne d’autre.
    Faut-il encore que La France et l’Europe nous laisse le soin de pouvoir le faire, même si il faudrait le référer par la suite.
    Je ne voudrais pas que ce qui a été par le passé réalisé par un député réunionnais : Raphael Babet, à Madagascar, puisse se reproduire à cause du caractère colonialiste français de l’époque.

    En tous cas, je suis prêt à m’investir et à miser même le prix d’une tonne de riz (environ 300euros) pour que Madagascar redevienne notre grenier alimentaire et que ceux qui cultivent le riz parviennent à vivre décemment.

    La question serait à poser au parti socialiste, et, je pense aussi au parti radical de gauche ou de droite, le Réunionnais aurait-il la possibilité de décision et le pouvoir d’agir en conséquence pour satisfaire ses besoins sur la base de sa consommation alimentaire.
    La France et l’Europe vont-ils nous laisser au moins ces moyens là?

    Si oui ce serait alors le début de la reconnaissance du vécu réunionnais, ou du français ou de l’européen à la réunionnaise.

  3. @Andrun
    D’accord avec vous… globalement.
    sur la question de l’appartenance, par exemple, vous évoquez nos droits (ou plutôt notre absence de droits). C’est un fait. Ce droit – notamment celui de siéger en tant que La Réunion dans des organisations régionales SADC, IOR/ARC – ne nous est pas acquis. Il faut se battre pour l’obtenir. un léger petit progrès timide a été effectué dans ce sens, on parle de la France / Réunion. j’aurai préféré La Réunion / France. Ce n’est pas seulement sémantique.
    notre situation dans l’océan Indien a fait de nous – jusqu’à mars 2010 – un pays d’innovation, de réalisation, de progrès (lutte contre le changement climatique, objectif / réalisation d’autonomie de production électrique…)
    encore faut-il que l’on « pousse le bouchon plus loin »… il n’est pas normal que ce soit des ingénieurs de France métropolitaine qui aille prêter main forte à des agriculteurs sudafricains, par exemple.
    mais pour que tout cela bouge, il faut bien une VOLONTE POLITIQUE, un ESPRIT de responsabilité.
    tout le monde s’est indigné – à juste titre – du fait que le PM mauricien ait traité les Réunionnais d’assister… mais certains de nos dirigeants (UMP mais pas que….) ont gardé la mentalité d’assisté… un problème? allez, direction préfecture, pour en appeler à l’Etat.
    cela ne veut pas dire que la solidarité nationale doit être abandonnée,cela veut simplement dire qu’il nous faut nous émanciper.

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