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Peut-on sur un territoire aussi petit que le nôtre conserver deux modes de rémunération, quand la moitié de la population active ne touche que le Smic ? Il faut réunir tous les acteurs sociaux et trouver un consensus

Par • 12 Mar, 2014 • Catégorie: Actualités au Sénat, Que faire ?

Délégation sénatoriale à l’outre-mer: Réunion du mercredi 13 novembre 2013

Audition de M. Victorin Lurel, ministre des outre-mer sur la Loi de finances pour 2014

Intervention du Sénateur VERGES

La teneur de votre intervention, Monsieur le Ministre, sera fidèlement rapportée à La Réunion où le débat sur les moyens budgétaires intéresse toutes les catégories sociales. A-t-on conscience de la gravité de la situation dans l’île ? Permettez-moi de vous communiquer quelques chiffres issus du document préparé par les services de l’État et de l’Insee à l’occasion de la visite de M. Chérèque. Il apparaît que 42 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit 343 000 personnes ; 145 000 personnes sont inscrites à Pôle Emploi, soit près de 30 % de la population active, chiffre inimaginable en métropole, mais qui ne reflète pas le nombre réel de chômeurs – car nombre d’entre eux ne s’inscrivent plus. 43,3 % est le taux d’emploi de la population en âge de travailler, ce qui représente quelque 165 000 personnes sans emploi. Les mesures budgétaires feront-elles baisser le chômage ? La réponse est négative.

En outre, 74 % des ménages sont éligibles au logement social ; 20 à 25 000 demandes sont enregistrées, un quart seulement satisfaites chaque année. Aux problèmes de logement, de chômage et de grande pauvreté, s’ajoutent les inégalités sociales.

Je voudrais aborder ici une question tabou : celle de la rémunération majorée des fonctionnaires d’État en vigueur depuis 1946. Les salariés de certaines entreprises privées ont obtenu des avantages équivalents. Ainsi, la convention collective des banques assure une sur-rémunération de 30 % par rapport aux salariés de métropole ; dans les assurances, la majoration est de 42,5 % ; elle atteint 73 % pour les services de radio-télévision.

Pendant ce temps, la croissance démographique se poursuit. À la différence des Antilles, La Réunion n’a pas opéré sa transition démographique. Elle comptait 247 000 habitants en 1947, ils sont 850 000 aujourd’hui. Comment s’étonner des conséquences économiques ? L’agriculture aujourd’hui représente moins de 8 % du PIB, l’industrie un peu moins de 10 %. Les services absorbent l’essentiel de l’activité. La Réunion présente la structure économique de la Californie, sans la Silicon Valley, malheureusement. Comment, dans ces conditions, organiser un développement durable et productif ?

Je ne veux pas engager ici une polémique, mais peut-on sur un territoire aussi petit que le nôtre conserver deux modes de rémunération, quand la moitié de la population active ne touche que le Smic ? Il faut réunir tous les acteurs sociaux et trouver un consensus.

Victorin Lurel, ministre. – (…)  La fin des quotas créera une concurrence supplémentaire pour la production sucrière de La Réunion et de la Guadeloupe : déjà, en dépit des aides actuelles, le surcoût est de 100 euros la tonne de sucre par rapport au coût de production d’autres pays. Nous avons demandé une étude à un cabinet indépendant pour anticiper l’impact de la fin des quotas sucriers et les éventuelles pistes de réorientation. Depuis dix ans, des efforts de productivité considérable ont été réalisés, le prix à la tonne de sucre a été gelé : il en est résulté des efforts de productivité considérables consentis par les exploitants. (…) Il faut absolument anticiper la fin des quotas sucriers et prendre en compte ces nouvelles contraintes sur l’ensemble de la filière…

Sénateur Paul Vergès:  Je rappelle que la canne à sucre n’est pas une plante annuelle, que sa durée de vie est de sept années. Les plantations et investissements d’aujourd’hui ont besoin de visibilité et les acteurs de l’activité sucrière aimeraient connaître les orientations du Gouvernement dans la perspective de l’échéance de 2017.

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