D'une île au monde …

Le Blog de Paul Vergès

Police : A+ A- A

Réfléchissons et agissons ensemble !

Par • 9 Jan, 2011 • Catégorie: Que faire ?

1ère semaine de la seconde décennie du 21ème siècle ! Une fois le cap du nouvel an franchi, dans les pétards et les fusées, dans l’euphorie de la fête et des vœux optimistes, que d’images et d’informations alarmantes !

Les images ce sont celles des inondations dans plusieurs parties de la planète : Australie, Guadeloupe, l’Est de la France, et cela après les inondations du Pakistan. Inondations qui, parfois, succèdent à de longues sécheresses comme en Australie et qui touchent une zone très étendue et importante économiquement (production de charbon et de blé).

Quand, nous, ici, nous regardons les inondations en Guadeloupe, nous ne pouvons nous empêcher de penser que de tels phénomènes, soudains et destructeurs, se sont produits et se reproduiront dans notre île au relief accidenté, aux multiples ravines et radiers.

Il ne suffit pas de constater, il ne suffit pas de s’inquiéter, il s’agit de voir comment prévenir et pour cela réunir les autorités concernées et agir ensemble.

Souvent à cause de ces phénomènes climatiques extrêmes, les prix des denrées agricoles s’enflamment, c’est le cas pour le blé, le riz, le soja. L’enjeu, c’est la capacité pour de nombreuses populations à se nourrir.

A côté de ces phénomènes mondiaux, ont eu lieu ici des événements révélateurs de notre situation spécifique.

En début de la semaine dernière, les salariés des centrales thermiques du Gol et de Bois rouge, appartenant au groupe Séchilienne-Sidec se sont mis en grève pour obtenir une sur-rénumération de 53 % au lieu des 25 % dont ils bénéficient actuellement. Leur revendication s’appuie sur un décret du 22 juin 1946 stipulant que « les agents des industries électriques et gazières en service dans les territoires d’Outre-mer bénéficieront de l’intégralité des indemnités coloniales applicables aux fonctionnaires de l’Etat dans les mêmes territoires ».

La direction a choisi de se référer au Conseil d’Etat pour décider de l’interprétation de ce texte. L’avis devrait être rendu en février et des décisions en découleront.

Cette grève apparaît comme un épisode de la bataille des salariés pour adapter les salaires au coût de la vie. Mais précisément quel est le coût de la vie à La Réunion et pourquoi une telle diversité des taux de surrénumération ? Les différents rapports et enquêtes sur le coût de la vie ne permettent pas de s’entendre sur ce coût de la vie et les taux de surrénumération dans la Fonction publique et dans certains secteurs privés varient de 20 % à 70 %.

On voit bien que la revendication des salariés de la Séchilienne-Sidec pose la question de la cohérence des rémunérations à La Réunion et suscite les craintes des uns ou les silences des autres.

Or, comme dans tout problème, il faut analyser les raisons de cette situation et ouvrir des perspectives. Dans le secteur public, les surrénumérations sont le résultat de décisions gouvernementales, peut-être exigées au départ pour assurer l’installation des services publics dans une colonie devenue département et aussi sous la pression de luttes syndicales. Cette surrénumération a sans aucun doute eu un effet d’entraînement dans le secteur privé. Par ailleurs, le SMIC et les minima sociaux sont fixés également par le gouvernement.

Cette organisation économique et sociale, avec ses disparités, est donc l’effet d’une politique conduite par les gouvernements successifs depuis plus de 60 ans. Cette politique a-t-elle permis un réel développement ? On peut en douter face au chômage persistant et aux inégalités qui divisent profondément la société réunionnaise.

C’est dans ce contexte que la décision du Conseil d’Etat interviendra. De plus, à un moment où l’Etat cherche à utiliser le « rabot » au maximum pour réduire son déficit, il faut s’attendre à un certain nombre de décisions.

Resterons-nous passifs et sans initiative ? Nous avons toujours dit qu’il fallait repenser le système des revenus à La Réunion mais sans remise en cause brutale qui ferait s’effondrer le château de cartes de notre économie. L’organisation actuelle, dans sa complexité et ses contradictions, est le résultat de plus de 60 ans de décisions unilatérales du pouvoir central. Celui-ci ne peut décider de la modifier en fonction de ses seuls intérêts et sans tenir compte des impératifs du développement de notre société. Mais, pour cela, nous sommes nous-mêmes face à une exigence : réfléchissons ensemble et faisons nos propositions !

Une Réponse »

  1. Le système de sur-rémunération des fonctionnaires dans les Dom est devenu au fil du temps une anomalie archaïque…en 1946 , il s’agissait de motiver des agents de l’Etat à venir exercer dans une île éloignée , difficile d’accès , et aux conditions de vie difficiles , pour participer au développement de ce jeune département. Le système a sans conteste permis d’atteindre un niveau d’organisation et de développement qui a totalement transformé les conditions de vie… Mais c’est bien là que le bât blesse , car aujourd’hui , vivre ici est devenu bien plus agréable , à l’exception du niveau très élevé du coût de la vie ! Or l’écart de revenu entre les 60 000 agents publics actifs ou retraités qui bénéficient du système , et le reste de la population , tous les salariés au smic ( une majorité ) les petits retraités , les chômeurs , les bénéficiaires de minimas sociaux etc..est devenu tellement criant que l’on peut le qualifier  » d’apartheid économique  » ! Comment accepter que seule une partie de la population soit protégée du fléau que constitue la vie chère dans ce département ? il serait grand temps de revoir de A à Z ce système , sans faire cadeau des fonds existants à l’Etat bien évidemment , mais en redistribuant cette  » manne  » à hauteur de 300 ou 400 Euros pour l’ensemble des foyers concernés , avec un plafond de ressources , à travers une caisse gérée localement ! Ceci aurait pour effet de réintroduire dans le circuit économique des sommes que les gens dépenseront au lieu de les thésauriser , on mettrait aussi un frein aux nombreux effets pervers de ce système dépassé , en particulier l’effet de hausse sur le prix de l’immobilier et des biens de consommation en général.. L’effet serait aussi bénéfique sur les flux migratoires France/Réunion , car ce système attire trop de  » chasseurs de primes  » venus de métropole pour venir ici occuper des postes alors que nous avons ici 130 000 chômeurs…. Tout ceci n’exonèrerait en rien nos responsabilités à lutter contre les abus des entreprises , en particulier celles en situation de monopole , il faudrait quand même que nous puissions savoir un jour comment se forment les prix à la Réunion !

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