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Le Blog de Paul Vergès

Police : A+ A- A

Sarkozy lance la campagne des présidentielles

Par • 22 Nov, 2010 • Catégorie: Que faire ?

Ces cinq derniers mois, l’actualité a largement été focalisée sur la question du remaniement ministériel. Au lendemain de celui-ci, ce furent à nouveau des commentaires interminables. Que faut-il en retenir ?

En premier lieu, la composition du nouveau gouvernement met un terme définitif à l’ouverture politique. Ainsi, MM Kouchener, Bocquel, ne font plus partie de la nouvelle équipe. C’est aussi la disparition de que l’on avait présenté comme la diversité : Rama Yade comme Fadéla Amara n’ont pas été reconduites dans leurs fonctions. C’est également la disparition de la place donnée au « centre », avec les évictions de MM Borloo ou Morin. L’époque des astuces et tactiques gouvernementales d’ouvertures pour faire adhérer les Français à l’équipe présidentielle est terminée. Un nouveau groupe a été constitué, très resserré autour du Président de la République. Et en ce sens, c’est la campagne pour les élections présidentielles de 2012 qui est lancée.

En second lieu, dans tous les commentaires qui ont accompagné la formation de ce nouveau gouvernement, aucun n’a été consacré à l’outre-mer – sauf peut-être ceux d’un sénateur et d’un député récemment démissionnaire, ces interventions paraissant d’ailleurs très « téléphonées ». Pourtant, l’outre-mer n’est plus un secrétariat d’Etat, mais un ministère, rattaché à celui de l’Intérieur. Ce qui donne tout son sens à la politique qui va être menée.

L’essentiel est bien cette question : quelle est la politique qui va être menée ? Le Premier Ministre, avant même la longue intervention télévisée du Président de la République, avait affirmé qu’il s’agissait de poursuivre la politique engagée depuis 2002, sans pause ni changement. Sur ce point, il convient de souligner que c’est la majorité UMP qui va approuver et appliquer un budget élaboré par la précédente équipe. Ce qui confirme qu’il n’y aura aucun changement, ni dans la stratégie ni dans la philosophie.

Cela annonce donc la reconduite de cette même politique d’austérité et de rigueur pour les années à venir : le budget de la Nation pour 2011 a été élaboré pour faire passer le déficit de 7,5% à 6%, soit une baisse de 1,5 point. Le budget pour 2012 devra répondre aux mêmes impératifs : faire passer le déficit de 6% à 4,5%, et celui de 2013 devra diminuer également de 1,5 point ce même déficit, pour atteindre les 3%, limite fixée par Bruxelles.

Le budget 2011 se traduira donc par une aggravation de la situation actuelle, et se répercutera sur l’année suivante, qui, elle aussi, connaîtra un budget de rigueur, et ainsi de suite. Ainsi, au nom de la continuité et par l’intransigeance de ce gouvernement, la situation économique et sociale française – et réunionnaise – va continuer à se détériorer.

C’est tout à fait symbolique de l’état d’esprit de ce gouvernement.

En ce qui concerne la situation à La Réunion, qui connaît un taux de chômage inégalé (28,5% de la population active privée d’emploi), d’autres facteurs viendront encore plus fragiliser les budgets, des ménages et des collectivités. C’est par exemple, la fixation du prix du carburant tous les mois, et non plus tous les trimestres, afin de faire correspondre le prix de vente aux fluctuations en hausse du marché mondial. Les cours du pétrole sont à la hausse, et dès le mois de décembre, le prix du litre à la pompe connaîtra une augmentation significative. La modification de la fréquence de la fixation du prix est une réponse aux exigences des pétroliers, qui entendent bien préserver leurs marges bénéficiaires. C’est la victoire du lobby pétrolier au détriment de l’intérêt des citoyens.

Ces citoyens auront d’ailleurs à faire face à d’autres augmentations : ceux du forfait hospitalier (et la diminution des remboursement des soins et médicaments), du pain, de l’électricité pour ne citer que ceux-là. Les conditions de vie des Réunionnais – et notamment les plus défavorisés – vont connaître ainsi de graves détériorations.

Face à cela, La Réunion doit faire preuve de lucidité vis à vis de l’évolution de la situation, pour 2011 et pour les années suivantes. Les réponses ne peuvent être trouvées que dans des actions de masse, il ne peut y avoir de solutions individuelles. Au même titre que l’emploi ne peut être traité de manière clientéliste.

C’est donc toute la politique actuelle qui doit être changée.

S’il y a un point sur lequel on peut s’accorder avec la Présidence de la République, c’est bien celui-ci : la campagne pour les élections présidentielles de 2012 est ouverte. Il n’y a plus de temps à perdre : il convient de s’unir pour changer – enfin – cette politique et ouvrir une nouvelle ère.

Une Réponse »

  1. comment changez cette politique? par quel niveau commencer: le local? le national?
    faut-il attendre forcément les élections pour espérer un changement?
    comment pourrait-on s’entendre avec des hommes et femmes politiques qui sont à des années lumière des difficultés et qui, en plus, ne partagent pas la même vision du développement?
    vous parlez d’actions de masse pour proposer des actions collectives… Est-ce l’union des citoyens? ou des politiques?

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